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David MOUREY
Pontault-Combault (77340)
  Professeur de Sciences Economiques et Sociales

 
La démocratie exige le débat
 
L’objectif de ce blog est de tenter de valoriser le débat et la démocratie. Certes, l’objectif est ambitieux mais l’ampleur de l’enjeu ne doit pas nous conduire à la résignation. Nous devons nous en donner les moyens.
   
Voir l'article :   "De l’importance du débat dans une démocratie moderne"
   
« J’apprends beaucoup des gens avec qui je suis en désaccord,
j’apprends très peu des gens avec qui je suis d’emblée en accord.
C’est normal car être en désaccord implique de comprendre
la nature, la valeur, la profondeur de l’argument
qui est utilisé dans le débat. »
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   CONFERENCE DE JEAN-PAUL FITOUSSI, Mercredi 20 avril 2005
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Samedi 22 mars 2008
par David Mourey
publié dans : Crises Financières communauté : Blogs de Pontault-Combault 77 recommander

Face à une conjoncture économique de plus en plus dégradée, la banque centrale américaine, la Fed ou Réserve Fédérale,  mène une  Politique Monétaire très expansionniste.  

Etats-Unis : Baisse de 75pb de l’objectif des Fed funds

Le 18 mars 2008, « Le Federal Open Market Committee (FOMC, comité de politique monétaire) de la Réserve Fédérale a décidé de baisser l’objectif des Fed funds de 75pb, à 2,25%. Le taux d’escompte – qui avait déjà été ajusté à la baisse de 25pb deux jours auparavant – a également été abaissé de 75pb, à 2,5%. »

Pourquoi une si forte  baisse des taux ?

« Le taux d’escompte – qui avait déjà été ajusté à la baisse de 25pb deux jours auparavant – a également été abaissé de 75pb, à 2,5%. Au final, l’écart entre l’objectif des Fed funds et le taux d’escompte a été ramené à 25pb cette semaine, contre 100pb avant le déclenchement de la crise financière, l’été dernier. Ce rétrécissement souligne que les tensions sur les marchés financiers sont probablement considérées par la Fed comme le risque majeur pour l’économie dans les circonstances actuelles. » 

Cette tendance récente à d’importantes baisses des taux d’intérêt,  peut être comparée à celles menées au début des années 2000 à la suite de la bulle technologique, même si les conditions d’occurrence de la crise ne sont pas tout à fait identiques. Il avait alors fallu faire face à des problèmes d’endettement, d’investissement des entreprises, alors qu’aujourd’hui, il convient de canaliser les effets de l’endettement et de l’investissement immobilier des ménages. La gestion des effets de la crise implique d’envisager une gamme différente de canaux de transmission des effets de la politique monétaire...

Les menaces sur la croissance économique et l’emploi se précisent

Le FOMC estime que « les principaux risques ont tous évolué défavorablement au cours des dernières semaines :

-      les tensions sur les marchés financiers se sont intensifiées,

-      le marché du travail s’est détérioré,

-      les données immobilières sont restées déprimées. » 

Cet épisode montre, une fois de plus, que la banque centrale américaine, prend explicitement en compte les conditions d’une croissance soutenue et durable, et non seulement la stabilité des prix.

Les risques inflationnistes ne sont pas sous estimés

Sur fond d’évolutions défavorables et d’incertitude, la menace inflationniste n’est pas oubliée. « Les évolutions sur le front de l’inflation n’ont pas été favorables récemment. Le communiqué du FOMC insiste d’ailleurs à la fois sur le caractère défavorable des évolutions récentes et la plus grande incertitude qui prévaut aujourd'hui. » 

« Les évolutions sur le front de l’inflation n’ont pas été favorables récemment, à l’exception des chiffres des prix à la consommation de février. En particulier, la combinaison de la forte dépréciation du dollar et de prix des matières premières très élevés paraît menaçante de ce point de vue. Dans un tel contexte, il n’est pas surprenant que les anticipations d’inflation  – que le FOMC indique surveiller de près – se soient légèrement détériorées. Le point mort d'inflation déduit des rendements des T-Notes indexés à dix ans est ainsi passé de 2,4% au début février à 2,7% dernièrement. »

L’objectif de stabilité de prix n’est donc pas omis par la Fed, mais il n’est pas exclusif de tout autre objectif. Il ne s’agit pas de maintenir la stabilité des prix, de contenir l’inflation, au prix d’une instabilité plus grande de la croissance économique et de l’emploi.

De la nécessité d’un arbitrage entre

soutien de la croissance et contrôle de la stabilité des prix

« Le paragraphe final du communiqué indique que les risques à la baisse sur la croissance demeurent, et que le Comité agira pour favoriser une croissance soutenable et la stabilité des prix. »

Par nature, un politique économique doit arbitrer entre objectifs. Si une règle de politique économique quelconque impose un seul objectif au détriment de tous les autres, s’il  n’y a plus de possibilités d’arbitrage, la politique économique devient illusoire. Ce n’est plus qu’une chimère.

Entre la règle et le choix, il faut choisir. Mais en démocratie, le gouvernement par la règle ne saurait s’imposer durablement au risque de mettre en péril le fondement même d’un gouvernement démocratique se traduisant ipso facto par des choix, des arbitrages pour les responsables de la politique monétaire et de la politique budgétaire. Observons de surcroit que le choix implique la responsabilité et la prisé de responsabilité par les autorités concernées. Celui qui fait des choix est responsable des conséquences de ceux-ci. L’autorité qui ne fait pas de choix devient irresponsable des effets de ceux-ci car elle peut renvoyer à la règle ceux qui critiquent ses « choix ».

A suivre …

Extrait du Communiqué du FOMC, 18 mars

« The Federal Open Market Committee decided today to lower its target for the federal funds rate 75 basis points to 2-1/4 percent. Recent information indicates that the outlook for economic activity has weakened further. Growth in consumer spending has slowed and labor markets have softened.  Financial markets remain under considerable stress, and the tightening of credit conditions and the deepening of the housing contraction are likely to weigh on economic growth over the next few quarters. Inflation has been elevated, and some indicators of inflation expectations have risen.  The Committee expects inflation to moderate in coming quarters, reflecting a projected leveling-out of energy and other commodity prices and an easing of pressures on resource utilization.  Still, uncertainty about the inflation outlook has increased.  It will be necessary to continue to monitor inflation developments carefully. Today’s policy action, combined with those taken earlier, including measures to foster market liquidity, should help to promote moderate growth over time and to mitigate the risks to economic activity.  However, downside risks to growth remain. The Committee will act in a timely manner as needed to promote sustainable economic growth and price stability.

Source : EcoFlash, BNP Paribas,  18 mars 2008.

A consulter :

D’une bulle spéculative à la suivante

« Credit Crunch » aux Etats-Unis ?

Subprime, petite foire aux questions

Pourquoi le subprime ne peut exister en France

Les errements de la confiance :la FED et la BCE dans la crise
Jean Paul Fitoussi et Éloi Laurent

 Jean Paul FITOUSSI La Crise Financière et ses conséquences

 « La crise financière aura-t-elle des conséquences sur l'économie réelle ? »

 Le Monde, Débat avec Jean Paul Fitoussi,  président de l'OFCE,  mardi 11 septembre 2007 à 15 h00.

 Attention : une crise financière peut en cacher une autre

 Les dangers de la « Finance de PONZI »

 Crise financière, crise du "subprime"

 De la crise financière,… à la crise réelle ?
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Dimanche 16 mars 2008
par David Mourey
publié dans : Europe communauté : journalistes recommander

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 L’appréciation continue de l’euro, par rapport au dollar, depuis 2002 nous conduit à nous demander si ce processus va se poursuivre dans les années à venir. Pour répondre à cette interrogation, nous pouvons mettre en évidence et distinguer les causes conjoncturelles de cette appréciation et les causes structurelles. Cette distinction n’est pas anodine.
Si les facteurs de l’appréciation de l’euro par rapport au dollar relèvent de exclusivement de phénomènes conjoncturels, alors le processus de dépréciation bilatéral du dollar, et donc d’appréciation bilatérale de l’euro, devrait s’interrompre plus ou moins rapidement.
En revanche, si ce processus à des causes profondes, si des évolutions structurelles sont en jeu, alors, l’appréciation de l’euro devrait/pourrait se poursuivre aussi longtemps que les conditions structurelles qui en sont à l’origine, se maintiendront.
Pour Patrick ARTUS, « Il est à craindre, du point de vue de la zone euro, que la dépréciation du dollar par rapport à l’euro se poursuive, puisque à la fois les facteurs de court terme et les facteurs structurels vont dans ce sens. »
Les causes conjoncturelles de l’appréciation
du cours de l’euro en dollar
Tout d’abord, rappelons que l’euro s’est déprécié par rapport au dollar après la création de la monnaie unique, de 1999 à 2001. Cette jeune et donc nouvelle monnaie n’étant pas encore attrayante aux yeux des investisseurs, ceux-ci, par manque de confiance en raison de l’incertitude liée à cette nouvelle aventure, devaient détenir dans leur portefeuille moins d’euros qu’ils ne détenaient des monnaies devenus constitutives de l’euro. Le motif de diversification dans la détention de ces 11 monnaies ayant disparu, la quantité globale de détention a logiquement diminué.
Comme nous l’avons dit dans de précédents billets, depuis 2002, l’euro s’apprécie continûment vis-à-vis du dollar. Cela étant, en vertu des écarts de taux d’intérêt sur le dollar et sur l’euro, le niveau relativement élevé des taux d’intérêts sur le dollar en 2005 – 2006, on a observé une légère et transitoire appréciation du dollar par rapport à l’euro.
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D’un point de vue conjoncturel, pour les années passées récentes et pour les années 2008 et 2009, on peut attribuer cette évolution passée et donc éventuellement avenir au fait que :
-      la crise immobilière et la perte de croissance induite sont beaucoup plus violentes aux États-Unis que dans la zone euro.
« Le choc négatif sur la croissance, qui part de l’immobilier résidentiel, est nettement plus violent aux États-Unis que dans la zone euro. » On peut l’observer à travers l’évolution des permis de construire, de l’investissement logement, et des prix de l’immobilier. « La violence du recul de l’activité de construction et des prix de l’immobilier aux États-Unis vient (…) de l’énorme taille du stock accumulé de maisons invendues. De ce fait, la perte de croissance à attendre aux États-Unis en 2008 – 2009 est nettement plus importante que dans la zone euro par rapport à la croissance antérieure. »
-      En réponse à la force du ralentissement de la croissance, la réaction de la Réserve Fédérale est beaucoup plus forte que celle de la BCE.  
La réaction de la banque centrale américaine est puissamment contracyclique, anti cyclique. « Comme en 2001 – 2003, la réaction de la Réserve Fédérale est plus forte que celle de la BCE, ce qui est anticipé par les marchés, et vient fondamentalement d’une différence entre les objectifs des deux banques centrales ». 
La réserve fédérale essaie de réguler la croissance et l’emploi, alors que la BCE se préoccupe presque exclusivement de l’évolution de l’inflation en maintenant la croissance de la masse monétaire, de la liquidité, dans des limites jugées raisonnables et donc conformes à l’objectif, à la cible de taux d’inflation. Les écarts de niveau des taux d’intérêt aux Etats-Unis et dans la zone euro ne font que renforcer les positionnements en euro par rapport au dollar.
Mais les facteurs explicatifs les plus importants, au-delà des facteurs cycliques ou conjoncturels, de l’ampleur de l’appréciation du taux de change de l’euro en dollar, sont des facteurs structurels qui agissent à moyen-long terme.
Les causes structurelles de l’appréciation
du cours de l’euro en dollar
Les principaux facteurs structurels sont liés, d’une part au rôle des autres pays et de leur politique de change, en particulier celle de la Chine des autres économies émergentes, et d’autre part, à la situation d’excès d’offre ex ante pour le dollar et d’excès de demande ex ante pour l’euro.
Le rôle des politiques de change des émergents et
des pays exportateurs de matières premières.
Dans le cadre du « régime de change mondial » actuel, « les pays émergents et exportateurs de matières premières accumulent de très importantes réserves de change (il suffit d’observer la partie des réserves de change qui est investie en dollars), afin d’éviter une appréciation plus rapide de leurs monnaies vis-à-vis du dollar. Ce besoin d’accumulation des réserves vient, de l’importance du déficit extérieur des États-Unis lié à la faiblesse du taux d’épargne des ménages américains »
Mais, la Chine préfère désormais  une appréciation assez rapide du RMB par rapport au dollar (autour de 7 – 8 % par), ce qui conduit les autres émergents d’Asie à mener des politiques de change similaires.
Cette stratégie de change des économies émergentes devrait se poursuivre dans le futur pour de multiples raisons. Il convient en effet pour ces économies, en particulier pour la Chine, de limiter, de freiner, l’inflation dans une économie en surchauffe en raison de l’excès de demande par rapport aux capacités d’offre. Cela peut exercer une pression salutaire à long terme sur l’industrie pour qu’elle monte en gamme. Il s’agit alors d’améliorer la compétitivité hors prix des produits et de ne plus s’appuyer sur une compétitivité prix surestimée en vertu d’un RMB sous évalué. Cela peut également produire une amélioration des termes de l’échange et donc limiter l’’inflation importée. En améliorant le pouvoir d’achat du RMB en devises.
A partir du moment ou « le dollar peut se déprécier plus rapidement par rapport au RMB, qu’il est moins stabilisé qu’auparavant par les achats d’actifs en dollars par les pays d’Asie, il se déprécie aussi plus vite vis-à-vis de toutes les devises dont l’euro. » 
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Excès d’offre d’actifs, ex ante, pour le dollar
 
Le déficit extérieur des États-Unis est très important. Mais, « il se réduit peu, même dans les périodes de faible croissance, ce qui est dû à ce que, dans ces périodes, si le besoin de financement du secteur privé se réduit, le besoin de financement du secteur public s’accroît rapidement, ce qu’on a vu en 2002 – 2004, et sera le cas à nouveau en 2008 – 2009 ».
Or, depuis déjà plusieurs années, les flux de capitaux du secteur privé vers les États-Unis (investissements directs ou investissement de portefeuille, soit achats de titres par les investisseurs privés) ne suffisent plus à financer le déficit extérieur des États-Unis. Il en découle que « les achats de dollars par les banques centrales représentent une fraction substantielle du déficit commercial et donc, les investissements directs et les achats d’actions et d’obligations d’entreprises par les non-résidents sont loin de couvrir le déficit courant des États-Unis. »
Cette situation s’est aggravée ces derniers mois à partir de la crise qui s’est déclenchée aux Etats-Unis depuis l’été 2007. « Avec la crise financière, les non-résidents ont arrêté d’acheter des titres d’entreprise (actions, obligations, ABS qui sont inclus dans les obligations d’entreprises pour les statistiques de balance des paiements). Le déficit extérieur des États-Unis doit donc être financé par les banques centrales, ou par des flux des capitaux à court terme générés par la dépréciation du dollar. »
Puisqu’il y a désormais excès, ex ante, d’offre de dollars en raison de l’important ce du déficit extérieur des Etats-Unis (le besoin de financement externe de l’économie américaine entraine l’émission de titres d’emprunt), et de la faiblesse de la demande d’actifs en dollars par le secteur privé (pour prêter aux débiteurs américains), toute réduction des achats d’actifs en dollars par les banques centrales conduit, ipso facto, à une dépréciation importante du dollar.
Excès de demande d’actifs, ex ante, pour l’euro
« La situation de la zone euro est exactement l’opposée de celle qui vient d’être décrite pour les États-Unis. La zone euro a en moyenne un excédent extérieur et pourtant il y a une demande croissante de la part des non-résidents pour les actifs libellés en euros. » Autrement dit, la zone euro étant en excédent extérieur, elle est en capacité de financement vis-à-vis du reste du monde et on devrait logiquement observer un excédent d’offre d’actifs pour financer les économies en déficit et donc en situation de besoin de financement.
Or, on observe des achats importants d’obligations et d’actions en euros par les investisseurs non européens, dont une partie importante provient des achats d’obligations par les banques centrales étrangères se traduisant par la hausse des réserves de change investies en euros par ces banques centrales. Les banques centrales en détenant de plus en plus d’euros dans leurs réserves internationales de change confèrent à l’euro un rôle de monnaie de réserve international.
 Il y a donc un excès de demande, ex ante, pour les actifs libellés en euros, d’où la tendance à l’appréciation de l’euro. Quand la quantité demandée augmente plus vite que la quantité offerte, le cours monte en vertu de l’effet rareté.
D’où vient cette différence entre la situation du dollar excès d’offre ex ante et la situation de l’euro excès de demande ex ante ?
Il peut s’expliquer d’une part par l’écart de situation de balance commerciale entre les États-Unis et la zone euro, dû lui-même à l’écart entre les niveaux des taux d’épargne de la Nation et d’autre part à l’existence d’un cycle auto entretenu : « puisque le dollar s’affaiblit, les investisseurs essaient de trouver un actif pour diversifier leurs portefeuilles ; l’euro est le seul actif dont les marchés sont de taille suffisamment grande pour servir de substitut au dollar, et il y a donc transfert du dollar vers l’euro qui affaiblit encore le dollar ».
Enfin, la plus grande stabilité de la politique monétaire de la BCE, par rapport à celle de la Réserve Fédérale dont les taux d’intérêts sont plus volatils en raison de son caractère plus contra cyclique, et d’une certaine manière de la plus grande crédibilité de la BCE en ce qui concerne la lutte contre l’inflation du fait de son caractère peu contracyclique. On a, en quelque sorte, les vices de la vertu pour la FED et les vertus du vice pour la BCE. Si tant est que l’on considère que la vertu consiste à ne pas lutter exclusivement contre l’inflation.
Dans ces conditions monétaires internationales,
quels facteurs pourraient arrêter l’appréciation de l’euro vis-à-vis du dollar ?
Pour Patrick ARTUS, on peut évoquer deux scénarios : le premier implique une évolution économique favorable pour la zone euro et l’autre, au contraire, se traduit par une évolution économique défavorable pour la zone euro.
Une stabilisation ne devrait se produire si les émissions d’actifs en euros n’augmentent pas spontanément, que lorsque l’appréciation de l’euro vis-à-vis du dollar aura rendu les investissements en euros moins attrayants : dégradation du commerce extérieur, freinage de la croissance, baisse durable des taux d’intérêt dans la zone euro.
Dépréciation de l’euro et vertu économique en Euroland
Dans le cas du scénario de l’évolution favorable à la zone euro, la forte croissance de la zone euro en se traduisant par « la hausse des investissements dans la zone euro financés par des émissions de titres en euros : il y aurait alors passage à un déficit extérieur de la zone euro et hausse de l’offre de titres libellés en euros, ce qui permettrait de satisfaire la demande pour ces titres ». La stabilisation du taux de change de l’euro en dollar à un niveau plu bas serait le résultat d’une économie en croissance soutenue et durable, donc plus proche du plein emploi. Le déficit extérieur serait la conséquence d’une très forte croissance et non d’une dégradation de la compétitivité. La dépréciation de l’euro par rapport au dollar serait le résultat de la vertu économique.
Dépréciation de l’euro et vice économique en Euroland
Dans le cadre d’une évolution défavorable à la zone euro,  c’est la dégradation de la situation économique de la zone euro due à l’appréciation de l’euro qui, en se traduisant par un fort ralentissement de la croissance économique de la zone, en conséquence de la forte dégradation de la compétitivité, s’accompagnera malgré tout d’un creusement du déficit extérieur, qui serait à l’origine de la dépréciation de l’euro par rapport au dollar.  L’exigence économique de taux d’intérêt durablement plus bas sur l’euro, provoquerait simultanément une hausse de l’offre et une baisse de la demande d’euros. La dépréciation de l’euro par rapport au dollar serait cette fois le résultat du vice économique.
Source : Natixis, Patrick ARTUS, Flash N° 95 , 14 mars 2008 « Tout pousse à l’affaiblissement du dollar par rapport à l’euro »
 
A consulter :
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Samedi 15 mars 2008

publié dans : Pétrole et Matières Premières communauté : Blogs de Pontault-Combault 77 recommander
Les fonds d’investissement attirés par le pétrole
Le WTI, la valeur des sommes investies sur le pétrole (WTI) au NYMEX (New York Mercantile Exchange), s’est rapproché d’un nouveau seuil symbolique de 110 $ en s’inscrivant à 109,72 $ début mars 2008. Cette hausse est très certainement liée à l’intérêt des fonds d’investissement pour les matières premières et plus spécialement pour le pétrole. On peut observer cet intérêt à partir de l’évolution du nombre de barils par contrat (1000) et des cours.
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Corrélation entre cours du pétrole et cours du dollar en euro
Cet afflux de demande contrats sur pétrole de la part des investisseurs illustre le fait que le pétrole est probablement considéré comme une protection vis-à-vis de la baisse du dollar et la corrélation est forte sur les dix-huit derniers mois. Ainsi, selon les calculs de Natixis, une baisse de 1 % du dollar se traduit par une appréciation de 4 % du prix du WTI. 
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Un marché du pétrole toujours tendu en ce début d’année 2008
Au-delà de ces considérations, l’analyse du dernier rapport mensuel de l’OPEP, publié le 11 mars, et la publication du rapport mensuel de l’Agence Internationale de l’Energie (Energy Intelligence Briefing) indiquent un marché toujours tendu sur ce début d’année. 
La demande de la Chine reste très dynamique
« Les premiers chiffres relatifs à la consommation pétrolière mondiale de février montrent une croissance modérée de la consommation (+0,7 %) avec de fortes divergences selon les zones (-1,5 % dans les pays OCDE et +3, 8 % dans le reste du monde). Les cours actuels heurtent bien la demande dans les pays développés, mais ce n’est pas le cas ailleurs en raison des prix subventionnés que ce soit en Chine, en Inde ou dans les pays de l’OPEP.  (…)   En revanche, la consommation des autres pays est plus forte que prévu ce qui conduit à des relèvements qui compensent en partie les ajustements sur les pays OCDE. Au total, la hausse de la consommation mondiale atteindrait 2 %. »
Une offre toujours incertaine
« La production de l’OPEP a décliné de 0,23 Mb/j en février par rapport à janvier 2008, imputable essentiellement à l’Iran et au Nigeria toujours en proie aux rebelles du delta du Niger. L’Arabie Saoudite peut dire qu’elle dépasse son plafond de 0,15 Mb/j mais elle a toutefois abaissé sa production par rapport à janvier, ce qui signale qu’elle est satisfaite des prix actuels. Elle reste en effet le seul pays à même d’augmenter son offre avec 1,74 Mb/j de capacités disponibles. Pour permettre une véritable détente des cours, il faudrait que les capacités disponibles s’améliorent (…). Comme les années précédentes, la hausse de la production attendue pour l’année en cours est régulièrement révisée à la baisse.  (…) Cette érosion constante contraint par conséquent à avoir recours à une production accrue de l’OPEP, sinon le stocks mondiaux baisseront à nouveau cette année. (…) Les stocks de l’OCDE ont été revus en hausse sur décembre dans une proportion non négligeable (+29,5 Mb) et en janvier ils ont augmenté de 32,6 Mb, contrairement à la norme en cette période hivernale. Ce sont ces chiffres qui poussent l’OPEP à considérer que le marché dispose de suffisamment de pétrole, ce qui, au demeurant est exact. Seulement, on dispose de moins d’informations sur le reste du monde, là où est la croissance. »
Millions de b/j
T1 08(p) T2 08(p) T3 08(p) T4 08(p)
 
Demande mondiale
87,7
86,3
86,9
88,3
OCDE
50,3
48,5
49,0
50,1
Reste du monde
 
37,4
37,8
37,9
38,2
Croissance (%)
1,9%
1,7%
1,7%
1,6%
 
Offre totale
87,4
87,6
88,0
88,7
Offre OPEP
34,9
34,9
35,1
35,5
Offre non OPEP
52,6
52,7
52,9
53,2
Var stocks
-0,2
1,3
1,1
0,4
Source: Natixis
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Samedi 8 mars 2008
par David Mourey
publié dans : Europe communauté : journalistes recommander
 
Euro fort, dollar faible, monnaie forte et monnaie faible sont des expressions qui appartiennent au langage politico médiatique courant. Ceci est d’autant plus vrai que l’euro vient de dépasser la barre des 1,53 dollar pour un euro.
 
Pourtant ces expressions qui semblent de bon sens, a priori, ont probablement un sens économique faible ou tout au moins fragile quand on tente d’en donner des explications strictement économiques.
 
Petite démonstration à partir d’extraits choisis d’un court chat accordé par Jean-Paul Fitoussi au quotidien Le Monde.
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Jean-Paul Fitoussi « La force de l'euro favorise-t-elle la puissance de l'Europe ? », Chat Le Monde/OFCE, Le 13 décembre 2006
 
 
De la notion de force de la monnaie
 
« Le problème est que fréquemment est utilisée, dans le vocabulaire politique et médiatique, la notion de force de la monnaie. Alors même que l'on constate qu'il n'existe aucune relation entre le niveau élevé du taux de change d'une monnaie et la puissance de son économie. Que fréquemment, des pays ou des épisodes historiques qui les ont caractérisés ont conduit à montrer exactement l'inverse. Les politiques consistant à apprécier la monnaie rendaient exsangues les économies, les affaiblissaient. »
 
Par exemple, entre 1990 et 2004, le taux de change de l’euro a évolué en sens inverse de la croissance économique de la zone.  Ainsi, l’euro s’apprécie de 1991 à 1996, en période de croissance molle, l’euro se déprécie jusqu’en 2000 quand la croissance accélère, et il s’apprécie à nouveau entre 2000 et 2004. Autrement dit, la demande externe est restreinte au moment où la demande interne est déjà faible et, inversement, la demande externe est renforcée lorsque la demande interne est forte.