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David MOUREY
Pontault-Combault (77340)
  Professeur de Sciences Economiques et Sociales

 
La démocratie exige le débat
 
L’objectif de ce blog est de tenter de valoriser le débat et la démocratie. Certes, l’objectif est ambitieux mais l’ampleur de l’enjeu ne doit pas nous conduire à la résignation. Nous devons nous en donner les moyens.
   
Voir l'article :   "De l’importance du débat dans une démocratie moderne"
   
« J’apprends beaucoup des gens avec qui je suis en désaccord,
j’apprends très peu des gens avec qui je suis d’emblée en accord.
C’est normal car être en désaccord implique de comprendre
la nature, la valeur, la profondeur de l’argument
qui est utilisé dans le débat. »
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   CONFERENCE DE JEAN-PAUL FITOUSSI, Mercredi 20 avril 2005
.
Dimanche 17 février 2008
par David Mourey
publié dans : Crises Financières communauté : PARLONS FRANCHEMENT recommander

La crise financière et économique qui a démarré aux Etats-Unis au cours de l’été 2007 a des conséquences très négatives. Mais, à plus long terme, des conséquences positives ne sont pas à ignorer. C'est sur ce point  que Patrick ARTUS souhaite attirer notre attention, cette fois, dans une note récente.

Les impacts négatifs de la crise financière
 
1 - Les pertes de croissance et donc d'emplois sont déjà visible aux Etats-Unis, en Espagne. Elles le seront bientôt dans les autres pays ou le ralentissement de la croissance sera fera sentir.
 
2 - La hausse des défauts sur les crédits immobiliers est d'ailleurs à la fois une conséquence et une cause de la crise. Ce phénomène est observable aux Etats-Unis, mais aussi en Espagne et à un moindre degré au Royaume-Uni.
 
3 - Les pertes de richesse sur l'immobilier résidentiel et sur les actions pénaliseront le pouvoir d’achat, la capacité d’emprunt, …
 
4 - La fragilisation des banques liées aux pertes dues aux défauts sur les crédits subprime et le  recul brutal des prix de marché des actifs, comme les obligations d'entreprise, peut conduire les banques peut les amener à durcir les conditions du crédit donc à rendre plus difficiles les financements d’opérations d’investissement.
 
5 - Le renforcement de l'excès de liquidité mondiale dans la mesure ou la liquidité mondiale augmente très rapidement depuis le début des années 2000, en raison notamment de l'accumulation très rapide de réserves de change par les pays émergents et exportateurs de matières premières.
 
6 - Cette crise et ses conséquences pousse l'administration américaine et la Réserve Fédérale à mener des politiques très expansionnistes se traduisant par des baisses de taux d'intérêt et par l’augmentation du déficit public. Le problème est que « ces politiques de soutien empêchent la réduction du déficit extérieur des Etats-Unis, malgré le freinage de la demande intérieure, et affaiblissent le dollar, avec la baisse des taux d'intérêt. Elles obligent donc les banques centrales à accumuler davantage de réserves pour obtenir la même stabilisation du dollar, d'où un surcroît de liquidité mondiale. »
 
«  Ces conséquences négatives sont assez systématiques, et apparaissent dans toutes les crises. Mais les caractéristiques particulières de cette crise font aussi apparaître des conséquences favorables, à terme. »
Patrick ARTUS, Flash Natixis N° 68, « La crise a aussi des conséquences favorables », le 14 février 2008
 
Les impacts positifs de la crise financière à plus long terme
 
A plus long terme, les conséquences positives de la crise de 2007-2008 ne sont pas à ignorer.
 
Vers une structure de financement orientée vers les ressources stables
Structure des financements entre dette et capital  (ressources stables) va évoluer. Les financements seront réalisés avec moins de levier d'endettement et davantage de capital ou de ressources stables, ce qui est stabilisant.
 
Alors que l’effet de levier d'endettement avait joué pleinement pour se traduire par une hausse de la part de la dette dans le total des financements, la crise va renverser la tendance.
Les fonds d'investissement, les entreprises et les banques avaient activement participé à ce phénomène d’endettement excessif.
 
Les fonds d'investissement à travers les fonds de private equity et les hedge funds.
 
Les entreprises, avec les rachats d'actions aux Etats-Unis, la hausse du taux d'endettement en Europe.
 
« Les banques, soit parce qu'elles se finançaient sur les marchés et non à partir des dépôts (modèle de la "banque sans dépôts", par exemple Northern Rock au Royaume-Uni) ; soit en raison de la titrisation qui leur permettait de ne pas conserver les crédits dans leurs bilans, donc de réduire leur besoin de capital, et de faire porter les crédits, soit dans des véhicules financés par dette, soit par les investisseurs après structuration. »
Patrick ARTUS, Flash Natixis N° 68, « La crise a aussi des conséquences favorables », le 14 février 2008
 
La crise va modifier les comportements car elle se traduit par  une hausse durable de l'aversion pour le risque en faisant monter les primes de risque, va provoquer une réduction de l’endettement. Cette crise a permis également de mettre en lumière les dangers, en cas de crise de liquidité, du modèle de la banque sans dépôts et elle se traduit par une réduction de l'ampleur de la titrisation. La conjonction de ces changements provoque un  besoin accru de capital pour les banques.
 
« On devrait donc avoir, de manière permanente, davantage de capital et de ressources stables (dépôts pour les banques), moins de dette dans la structure des financements. Ceci est stabilisant, en réduisant, si le levier d'endettement est plus faible, le risque de défaut en cas de choc ou de ralentissement économique. »
 
 
La valorisation du risque : retour vers la norme
 
Le risque sera normalement valorisé. Autrement dit, les situations où tous les financements étaient pratiquement réalisés au taux d'intérêt sans risque, sont derrière nous.
 
« Avant la crise de l'été 2007, les primes de risque étaient devenues extrêmement faibles sur les dettes des entreprises, sur les dérivés du crédit, sur les coûts de financement des banques à toutes maturités et de tous types, sur les crédits aux ménages dans certains pays (aux Etats-Unis et en France les spreads sur les crédits hypothécaires étaient devenus plus faibles que les risque de défaut). »
Patrick ARTUS, Flash Natixis N° 68, « La crise a aussi des conséquences favorables », le 14 février 2008
 
Certes la crise s’accompagne d’une hausse exagérée des primes de risque sur les entreprises et sur les banques, mais on peut raisonnablement penser qu'on retrouvera après la crise un niveau raisonnable de primes de risque, supérieur à celui, trop faible, observé avant la crise. « Cette revalorisation du risque est favorable car rien ne justifie, du point de vue de l'allocation optimale de l'épargne, qu'on prête aux entreprises, aux ménages ou aux banques à peu près au même prix qu'aux Etats-Unis. Evidemment, lorsque la revalorisation du risque se produit, il y a hausse des coûts de financement, ce qui est négativement ressenti.»
Patrick ARTUS, Flash Natixis N° 68, « La crise a aussi des conséquences favorables », le 14 février 2008
 
Localisation des risques et freinage de la titrisation
 
La titrisation avait, et a toujours, pour objectif de décharger les banques du risque de défaut des emprunteurs. Cette innovation  fut d’abord considérée comme une évolution favorable en permettant d’éviter les crises bancaires. « Mais la crise du subprime a été l'occasion de voir que le fait que les banques ne portaient plus les risques de défaut, faisait apparaître un grave aléa de moralité : elles n'avaient plus d'incitation à évaluer la solvabilité des emprunteurs ».
 
Il n’est pas surprenant de constater que les crédits subprime se sont surtout développés à un moment (2006) où les taux de défaut augmentaient déjà et où les prix de l'immobilier se retournaient déjà à la baisse. La titrisation jouait alors le rôle de pompier, avant de devenir plus tard le co-pyromane de la crise financière. « La réintégration des risques de défaut des emprunteurs dans les bilans des banques (la réintermédiation) est donc favorable, car elle va inciter les banques à examiner la situation des emprunteurs. »
Patrick ARTUS, Flash Natixis N° 68, « La crise a aussi des conséquences favorables », le 14 février 2008
 
Exigence de rentabilité : retour de la raison
 
« Une des causes de l'instabilité financière est l'exigence anormalement élevée de rentabilité, qu'on voit par exemple dans le rendement du capital des entreprises ou dans le rendement des hedge funds. Cette recherche de rentabilité très forte a conduit à un niveau excessif de levier d'endettement, à un excès d'investissement en actifs risqués, d'où l'écrasement des primes de risque. »
Patrick ARTUS, Flash Natixis N° 68, « La crise a aussi des conséquences favorables », le 14 février 2008
 
Le besoin accru de capital dû à la crise va réduire le rendement du capital et conduire nécessairement et progressivement à une exigence de rendement plus faible de la part des investisseurs. La stabilité financière en sera améliorée.
 
Nature des actifs financiers : vers plus de simplicité, de transparence et de liquidité
 
Les actifs financiers vont devenir plus simples et plus faciles à valoriser, donc plus liquides. Le recul des possibilités de titrisation est lié à la méfiance à l’égard des ABS, actifs financiers jugés désormais trop complexes, peu liquides et plus difficiles à valoriser. La chute de la demande d'ABS explique l'ouverture de leurs spreads.
 
« On voit donc que la finance devra proposer aux investisseurs des actifs plus simples, liquides dans toutes les configurations de marché, faciles à valoriser »
 
Vers un conflit effets microéconomiques versus effets macroéconomiques ?
 
Au-delà de ses effets négatifs évidents, la crise financière a des effets favorables du point de vue microéconomique, de l'allocation efficace de l'épargne, une valorisation des risques plus efficaces, une réduction des risques de défaut et davantage de stabilité financière. Pour autant, le problème réside dans les effets macroéconomiques de ces évolutions car celles-ce pourraient avoir des impacts très défavorables au niveau global. En effet, si les banques sont amenées à rationner le crédit, si elles manquent de capital et si elles doivent porter les risques de défaut, alors  la hausse, normale, des primes de risque va pénaliser les emprunteurs et le rendement plus faible du capital va obérer le revenu des investisseurs.
A suivre donc, …
 
A consulter :
 
Patrick ARTUS, Flash Natixis N° 68, « La crise a aussi des conséquences favorables », le 14 février 2008
 .
 

 
 
 
 
  
 
 
 
Le Monde, Débat avec Jean Paul Fitoussi,  président de l'OFCE,  mardi 11 septembre 2007 à 15 h00.
 
 
 
 
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Vendredi 15 février 2008
par David Mourey
publié dans : Crises Financières communauté : Blogs de Pontault-Combault 77 recommander
 
Quelle va être l’ampleur de la crise des crédits hypothécaires américains, les crédits subprime ?
 
Un début de réponse peut être apporté par l’estimation de l’évolution des taux de défaut sur les crédits subprime et des taux de saisie. C’est ce type d’estimation que nous propose Jean-Marc LUCAS, Etudes Economiques, EcoWeek, 24 janvier 2008, BNP-Paribas dans une note de conjoncture récente.
 
« Etats-Unis : quelle évolution des taux de défaut sur les crédits subprime ? »
.
« Cette note a pour objet de synthétiser l’évolution récente des taux de défaut sur les crédits immobiliers, tels que reportés par la Mortgage Bankers Association (MBA) dans son enquête trimestrielle – « National delinquency survey » - et de proposer des projections de taux de défaut sur les crédits subprime à l’horizon 2009, construites sur la seule base de notre scénario macroéconomique. » 
Jean-Marc LUCAS, Etudes Economiques, EcoWeek, 24 janvier 2008, BNP-Paribas
 
Défauts sur les crédits immobiliers :
un rappel des évolutions récentes
 
Selon le dernier pointage effectué par la MBA au troisième trimestre 2007, le retournement du marché immobilier américain s’est accompagné, depuis le début de l’année 2006, d’une détérioration sur le marché du crédit, aussi bien pour le compartiment « prime » - le moins risqué – en général, que pour celui du « subprime » - le plus risqué, en particulier.
 
Tableau 1 : Défauts et saisies sur crédits hypothécaires
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Source : Mortgage Bankers Association
 
* : historique depuis 1979 pour l'ensemble et 1998 pour les segments prime/subprime
** : saisies et défauts de plus de 90 jours
 
Pour l’ensemble des crédits, le taux de défaut est passé de 5,1% au deuxième trimestre 2007 à 5,6% au troisième. Alors qu’il était précédemment demeuré en deçà des niveaux constatés lors de la récession de 2001, le taux de défaut se situe désormais à son niveau le plus élevé depuis 1986 – la variation trimestrielle étant pour sa part la plus marquée du cycle en cours.
 
Alors que le taux de défaut est passé de 2,7% à 3,1% pour le compartiment « prime » - le moins risqué –, il est passé de 14,8% à 16,3% pour le « subprime » - le plus risqué. 
 
En outre, les comparaisons historiques montrent que les défauts sont « graves » car le taux de défaut à plus de 90 jours n’avait jamais été aussi élevé.
 
Le taux de saisie estégalement en forte hausse, passantde 1,4% au deuxième à 1,7% au troisième trimestre, ce qui constitue à la fois un niveau et une variation historiques. 
 
Enfin, le rythme auquel a lieu la dégradation des taux de défaut et de saisie suggère une poursuite de cette tendance défavorable dans un futur proche.  
 
Quelle évolution attendre
des taux de défaut sur les crédits subprime ?
 
Afin de cerner cette évolution à venir du taux de défaut sur les crédits subprime, les économistes de BNP-Paribas estiment le taux observé par la MBA, (taux de défaut au sens large : retards de paiement de plus de 30 jours), en fonction des grandes variables économiques qui paraissent susceptibles de l’influencer :
 
- la croissance du PIB en glissement annuel
- la variation annuelle du taux de chômage
- le niveau et la variation annuelle des taux d'intérêt à court terme (Libor 3 mois)
- la variation du prix des logements en glissement annuel.
 
Conscients de toutes les précautions à prendre pour réaliser de type de projection, les auteurs rappellent que :
 
« sur la base de l’estimation qui nous paraît la plus robuste et de notre scénario, nous projetons ensuite une évolution plausible du taux de défaut sur la période 2007-2009.  Naturellement, cette démarche n’est pas sans présenter des limites. En premier lieu, ces projections sont naturellement très sensibles au scénario retenu. Par ailleurs, elles reposent exclusivement sur l’évolution de ces quelques grandeurs macroéconomiques, toutes choses égales par ailleurs. Elles ne prennent donc pas en compte d’autres éléments qui peuvent avoir une importance non négligeable, mais que nous ne pouvons incorporer – ne disposant pas de prévisions pour ces variables –, comme le réajustement des taux d’intérêt par exemple, dans le cas des crédits à taux ajustable. A ce titre, rappelons que les prêts subprime consentis en 2005 et 2006 présentent des taux de défaut bien supérieurs à ceux des générations précédentes. Cette tendance pourrait bien entendu s’amplifier encore en 2008, sur la génération 2007 (notons toutefois que les conditions d’octroi de crédits subprime ont été nettement resserrées dans le courant de cette année, ce qui constitue sans doute un facteur modérateur de la tendance précitée, à terme.). Ainsi, ces projections doivent-elles être considérées comme des tendances plus que comme des prévisions fines. »
Jean-Marc LUCAS, Etudes Economiques, EcoWeek, 24 janvier 2008, BNP-Paribas
 
Tableau 2 : Taux de défaut sur les crédits subprime
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Sources : MBA, BEA, BLS, OFHEO - Estimations : BNP Paribas, Etudes économiques
Notes : * : projections ; ** ce profil suppose un écart de 15% entre le pic et le creux
 
 
Qu’impliquerait le scénario économique retenu ?
 
Le scénario macroéconomique 
 
- ralentissement sensible de la croissance (+1,1% en moyenne annuelle en 2008, dont l’essentiel provient de l’acquis de 2007, et +1,6% en 2009,après +2,2% en 2007)
- remontée du taux de chômage (de 4,6% en 2007 à 5,4% en 2008 et 5,6% en 2009)
- baisse des prix des logements (supposée ici de 15% entre le pic et le creux, soit des baisses de l’ordre de 7% en moyenne en 2008 et 2009)
– la baisse des taux à court terme, entamée au second semestre 2007, se poursuivrait, l’objectif desFed funds passant de 3,50% actuellement à 2,0% au second semestre 2008 et se stabilisant à ce niveau par la suite.
 
Dans le cadre du scénario privilégié et exposé ci-dessus, les auteurs estiment que :
 
- le taux de défaut sur les crédits subprime, toujours en hausse, atteindrait environ 17,5% en 2008 en moyenne, en forte hausse donc, après avoir atteint 15,4% en 2007. Il se stabiliserait à un niveau plafond en 2009 (vers 17,3% en moyenne).
 
- Le taux de saisie pourrait augmenter beaucoup plus sérieusement, passant de 6,3% en moyenne en 2007 à environ 10,8% en 2008 et 13,1% en 2009. 
 
En résumé, les évolutions attendues en matière de croissance, de chômage et de prix immobiliers auraient une influence négative cette année en matière de défauts, tandis que l’assouplissement monétaire limiterait la détérioration.
 
A consulter :
 
 
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Vendredi 15 février 2008
par David Mourey
publié dans : Crises Financières communauté : Blogs de Pontault-Combault 77 recommander
Dans une période au cours de laquelle on s’interroge beaucoup sur le réchauffement climatique, ses effets potentiels sur l’économie et en pleine crise financière et réelle, la lecture d’un billet et d’un commentaire sur le blog d’Etienne WASMER - Blog d'un économiste du travail- me conduit à rappeler ce bref épisode de l’histoire de la pensée économique.
 
Cycle économique et taches solaires
 
En 1878-1879, Stanley JEVONS considéré comme le premier économiste néoclassique anglais, publie « Commercial crises et Sun spots », c'est-à-dire « Crises commerciales et taches solaires ».
 
Dans cet ouvrage, il établit une corrélation entre les cycles économiques et les tâches solaires.
 
De cette corrélation, entre la durée moyenne du cycle économique et le mouvement des taches à la surface du soleil, il déduit un peu trop rapidement une causalité ou une relation de cause à effet, selon laquelle ce sont les mouvements des taches solaires qui déterminent l’évolution de la production globale.
 
Agents économiques, croyances, comportements et cycles
 
On pourrait expliquer cette « théorie » du cycle économique en proposant un modèle de fonctionnement de l’économie dans le quel les agents économiques croient que les taches solaires peuvent influencer les fluctuations de l’économie. Sur la base de cette hypothèse, de cette croyance, et ceteris paribus - toutes chose égales par ailleurs-, ils vont prendre des décisions et agir.
 
Finalement, ils constatent une corrélation entre le mouvement des taches et l’activité économique. Ils en déduisent une causalité et pensent que leurs croyances sont vérifiées et donc fondées.
 
Autrement dit, les agents économiques valident leurs anticipations par leurs comportements fondés sur ces anticipations.
 
Self-fulfilling Expectations
 
On parle d’anticipations auto réalisatrices, self-fulfilling expectations, et on retrouve la logique des bulles spéculatives à l’origine des crises financières récentes.
 
Dans le cas des taches solaires, on peut imaginer que les agriculteurs vont davantage semer parce qu’ils pensent qu’en vertu des mouvements des taches à la surface du soleil, la récolte sera meilleure. In fine, la récolte est meilleure.
 
Le rappel de cet épisode historique, nous permet de montrer que les croyances jouent ou peuvent jouer un rôle majeur dans les évolutions des variables économiques et financières.
 
En résumé, on croit aisément ce qu’on désire et on a tendance à prendre ses désirs pour des réalités. Autrement, lorsqu’on croit que les cours vont monter, on achète, les cours monte et ainsi de suite…, jusqu’au retournement des anticipations et des croyances.
 
Le seul problème est qu’en économie, lorsque les croyances se retournent, même ceux qui n’ont pas joué ou voulu jouer peuvent perdre, peuvent y laisser leur peau ou tout au moins leur chemise, leur pantalon, …
 
A consulter :
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Le Monde, Débat avec Jean Paul Fitoussi,  président de l'OFCE,  mardi 11 septembre 2007 à 15 h00.
 
 
 
 
 
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Jeudi 7 février 2008
par David MOUREY
publié dans : Les Débats de PONTAULT-COMBAULT communauté : Les blogs citoyens recommander

 

Vous lirez ci-dessous l’article publié dans « Le Monde de l’Education », numéro 357, Avril 2007, par monsieur Marc DUPUIS, rédacteur en chef adjoint, qui relate la conférence de Pierre CAHUC devant environ 350 élèves, venus de trois lycées différents situés dans trois villes différentes, le 9 janvier 2007 dans la salle Jacques Brel à Pontault-Combault. 
 
« Economie réelle pour vrais lycéens »
 
Des économistes de renom international face à des lycéens ordinaires, tel est le tour de force réalisé par un professeur de SES qui prépare ainsi ses élèves de terminale ES au baccalauréat... et au monde du travail dans lequel ils vont bientôt entrer.
 
Petit matin d'hiver gris à Pontault-Combault (Seine-et-Marne). La salle des fêtes Jacques-Brel fait triste mine. Heureusement, les 350 lycéens de terminales ES de trois établissements de la région (Charles-le-Chauve à Roissy-en-Brie, Camille-Claudel à Pontault-Combault, et Sainte-Thérèse à Ozoir-la-Ferrière), qui sortent de leurs cars scolaires pour s'engouffrer bruyamment dans la salle, lui donnent immédiatement un air plus gai.
 
Sur l'estrade, David MOUREY, professeur de sciences économiques et sociales (SES) au lycée Charles-le-Chauve, a vite fait de rétablir le calme.
 
Il est le grand organisateur de la rencontre-débat entre des jeunes et un économiste de renom, Pierre Cahuc, auteur de nombreux ouvrages, professeur d'économie à Paris-I, à l'Ecole polytechnique et à l'Ecole nationale de la statistique et de l'administration économique (Ensae).
 
David Mourey n'en est pas à son coup d'essai et la venue de Pierre Cahuc n'est pas une opération isolée et sans suite.
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Avant lui, il y a eu le président de l’OFCE, Jean-Paul Fitoussi, venu parler aux lycéens de la construction européenne, puis Daniel Cohen, directeur du Cepremap, qui a planché avec eux sur la mondialisation.
 
Après Pierre Cahuc, Christian de Boissieu, président délégué du Conseil d'analyse économique, Eric Heyer, économiste à l'OFCE et Guillaume Duval, rédacteur en chef de la revue Alternatives économiques les ont entretenus de l'emploi et du chômage.
 
En avril, Michel Pébereau, président de BNP-Paribas, Jean Pisany-Ferry, directeur de Bruegel (1) et Xavier Timbeau, économiste à l'OFCE, viendront débattre de la dette publique.
 
Le fait de parvenir à déplacer à Pontault-Combault de telles personnalités mérite d'être souligné. Comme celui de réussir à rassembler les élèves de trois établissements différents, ce qui n'est pas une mince affaire non plus.
 
Intitulée « Travail et emploi », la rencontre du jour doit permettre aux élèves de se familiariser avec les données largement exploitées par Pierre Cahuc dans son livre Le Chômage : fatalité ou nécessité ? (2)... que tous n'ont pas lu, malgré les conseils du professeur. « Vous serez sur le marché du travail d'ici deux ou trois ans, rappelle David Mourey en introduction. Le chômage des jeunes est un des plus importants qui soient (NDLR : plus de 20 %, surtout chez les moins diplômés).
 
Il est donc capital que vous sachiez comment fonctionne l'emploi. » De fait, les chiffres que cite Pierre Cahuc surprennent la plupart des lycéens. Ainsi, au vu d'informations collectées auprès d'entreprises modèles, il y aurait « en France environ 10% des entreprises qui ferment... et autant qui ouvrent chaque année (NDLR : une année ouvrable représente 240 jours), soit 10000 emplois créés et 10 000 emplois détruits chaque jour».
 
Cette prise de conscience des mouvements de création/destruction des emplois est relativement récente, indique l'économiste. Elle est liée aux progrès de l'informatique dans les années 1980, qui ont permis de traiter de très grosses masses de données chiffrées, rendant ainsi compte de phénomènes nouveaux. « C'est un peu comme les astrophysiciens qui découvrent de nouvelles planètes grâce à de nouveaux appareils», explique Pierre Cahuc. De nouvelles connaissances dont on doit la paternité à Joseph Schumpeter et sa «Théorie de l'évolution économique», qui a permis de passer d'une analyse « statique » du marché du travail à une analyse «dynamique».
 
« Les élèves sont flattés de voir que des gens aussi importants au
 plan national et international viennent leur parler.
 Ils n'ont plus l'excuse de dire qu'on les abandonne à leur sort. »
David Mourey
 
Dans l'assistance, hormis les inévitables « touristes », une bonne partie des élèves n'est pas au bout de ses découvertes. Après avoir appris que 70 % des nouveaux emplois sont des CDD en France, que les licenciements boursiers sont des exceptions et que ceux liés à des plans sociaux ne représentent que 0,5 % des départs, une élève ne peut s'empêcher de demander au chercheur :
 
«Mais alors, à quoi est dû le chômage, si les licenciements économiques et boursiers sont si peu importants et que le reste est constitué de fins de CDD ?»
 
Réponse : au coût du travail, au niveau de diplôme des demandeurs et à la demande car, rappelle Pierre Cahuc, «pour que quelqu'un soit employé, il faut qu'il rapporte plus qu'il ne coûte. Il faut qu'il soit rentable, dynamique, compétitif et formé». A bon entendeur...
 
L'étonnement est encore fort lorsque l'économiste évoque l'aspect « utile » des destructions d'emploi : « II y a des perdants et des gagnants. Ce système génère du malheur, mais il permet aussi la croissance. Et si la croissance génère du chômage, c'est aussi ce processus qui crée de la richesse. C'est le marché qui régule l'emploi. C'est un mauvais système, mais c'est le meilleur que nous connaissions. »
 
Impact de l'immigration sur l'emploi
Articulation entre marché du travail
Protection sociale et redistribution
Assurance-chômage et flexibilité du travail...
 
Un rétroprojecteur permet aux lycéens de mieux suivre en prenant des notes. Pierre Cahuc est lancé, les idées toutes faites continuent de tomber : « On ne peut pas dire que chaque immigré qui travaille prend le travail d'un Français. Au contraire, c'est l'immigration qui crée l'emploi. » Et de citer les travaux de David Gard, Impact sur l'emploi de l'exode cubain de 1980 à Miami, qui font référence en la matière : malgré l'arrivée massive de 125 000 réfugiés cubains en 1980 à Miami, le chômage des Blancs y avait baissé et celui des Noirs n'avait augmenté que de 1,3%... alors que, dans le même temps, dans des villes témoins américaines non touchées par l'arrivée de Cubains, le chômage des Blancs avait moins baissé et celui des Noirs plus augmenté !
 
Conclusion : l'immigration n'est pas génératrice de chômage, une règle qui s'est « vérifiée en France en 1962 avec l'arrivée des pieds-noirs d'Algérie, ou en Italie avec celle des réfugiés de la guerre dans l'ex-Yougoslavie», poursuit le chercheur.
 .

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Marché du travail, chômage, immigration, protection sociale : entre chaque thème développé par Pierre Cahuc, la salle est invitée à poser des questions.
 
D'abord intimidés -et aussi interloqués par ce qu'ils apprennent, les élèves finissent par se lancer et posent des questions pertinentes : « Comment l'économie de marché peut-elle favoriser la croissance si elle crée du chômage?»; « Y a-t-il d'autres solutions que la flexibilité pour répondre aux problèmes de l'emploi ?» ; « Pourquoi n'y a-t-il pas accroissement de la population active quand des chômeurs retrouvent du travail?»
 
Récompense
 
David Mourey savoure ce moment. «Je veux que les élèves sachent que tout est possible. Ils sont flattés de voir que des gens aussi importants au plan national et international viennent leur parler. Ils n'ont plus l'excuse de dire qu'on les abandonne à leur sort. Et à force de les motiver, ils y croient. » Bien sûr, « il n'y a pas de magie, seulement du travail», tempère le professeur, qui a aussi ses moments d'abattement : «La reconnaissance vient par les élèves et les familles, mais je souffre de ce que le milieu professionnel s'en moque. Tout le monde s'en moque: le ministre, le recteur, l'inspecteur. Il y a un manque de valorisation des initiatives. J'ai demandé des inspections supplémentaires, je ne les ai pas obtenues. ».
 
Malgré tout, la récompense est au rendez-vous : « Ces conférences me permettent de lutter contre l'ennui de la répétition des programmes. En plus, cela enrichit mes cours d'avoir des spécialistes qui viennent combattre plus et mieux que moi les idées toutes faites. » »
 
Sans compter le résultat final en termes d'examen. «L'an dernier, la terminale ES devait faire 65 % au baccalauréat. Or 32 élèves sur 35 ont eu le bac: 92% de réussite. Pourquoi? Parce qu'ils avaient pris l'économie en rattrapage à l'oral, que je les avais préparés quatre heures et demie et que 14 sur 16 ont été repêchés. »
 
Conférences mieux préparées par les élèves et moins longues : le système est améliorable. Ce qui est sûr, c'est que les thèmes doivent rester en liaison avec les programmes et le baccalauréat.
 
Marc Dupuis
 
(1) Club de réflexion européen sur l'économie internationale.
(2) Avec André Zylberberg, Flammarion, 2004.
 
Avril 2007 H Le Monde de l'éducation
 
A consulter :
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Le Monde de l'Education
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Conférence du mercredi 20 avril 2005
Jean-Paul FITOUSSI
Professeur à l’IEP de Paris, Président de l’OFCE
 
 
 
 
Pour la première fois, un débat  entre deux économistes, est proposé à des lycéens.
 
 
 
 
Le débat sur la dette publique, qui se tiendra le 17 avril 2007, a été annoncé par Vincent Beaufils dans un édito de « Challenges » , numéro 71, du 15 au 21 mars 2007.
 
 
Avant-propos :  L’économie, c’est la vie par Vincent Beaufils
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