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David MOUREY
Pontault-Combault (77340)
  Professeur de Sciences Economiques et Sociales

 
La démocratie exige le débat
 
L’objectif de ce blog est de tenter de valoriser le débat et la démocratie. Certes, l’objectif est ambitieux mais l’ampleur de l’enjeu ne doit pas nous conduire à la résignation. Nous devons nous en donner les moyens.
   
Voir l'article :   "De l’importance du débat dans une démocratie moderne"
   
« J’apprends beaucoup des gens avec qui je suis en désaccord,
j’apprends très peu des gens avec qui je suis d’emblée en accord.
C’est normal car être en désaccord implique de comprendre
la nature, la valeur, la profondeur de l’argument
qui est utilisé dans le débat. »
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   CONFERENCE DE JEAN-PAUL FITOUSSI, Mercredi 20 avril 2005
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Vendredi 29 février 2008
par David Mourey publié dans : Europe
 
Paradoxalement, alors que la croissance potentielle de la zone euro est assez faible par rapport à celle des Etats-Unis, et que la profitabilité des entreprises de la zone euro est plus basse que celle observable dans les autres pays de l’OCDE (Etats-Unis, Royaume Uni, Japon),  l’euro s’apprécie par rapport au dollar, au Yen et aux devises des économies émergentes comme la Chine, l’Inde, la Russie, la Corée …, excepté le Brésil.
 
En dépassant la barre des 1,50 dollar pour 1 euro, et même 1,52 dollar/euro, la monnaie européenne poursuit sa hausse relativement à la devise américaine.
 
Plus clairement, et plus lourd de signification, est l’appréciation continue du taux de change effectif de l’euro depuis 2002. Le taux de change effectif d’une monnaie, contrairement aux taux de change bilatéraux entre deux monnaies, mesure la valeur d’une monnaie par rapport un panier de monnaie pondéré. C’est un meilleur  indicateur de la compétitivité d’une zone économique, et ses variations, bien que qualitativement identiques, sont beaucoup moins spectaculaires mais restent significatives.
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Parmi les explications, on peut distinguer les causes conjoncturelles, cycliques, des causes structurelles, non cycliques.
 
Du point de vue conjoncturel, on peut souligner les inquiétudes concernant l’économie américaine depuis la crise immobilière liée au crédit subprime. Les réactions de la FED se traduisent par des baisses successives des taux d’intérêt et désincitent la détention de certains actifs en dollar. De plus, les flux de capitaux vers les Etats-Unis diminuent avec la chute des achats privés d’ABS depuis l’été 2007. La croissance durablement molle de la zone euro serait un facteur aggravant.
 
Du point de vue structurel, les facteurs de l’appréciation de l’euro, dépréciation du dollar, sont plus difficiles à établir avec certitude.
 
La faiblesse de la croissance potentielle de la zone euro devrait être dissuasive en matière de détention d’actifs en euros. D’autant plus que les perspectives d’accélération des gains de productivité sont faibles (manque de RD et d’innovation, spécialisation accrue dans des secteurs peu productifs comme les services aux particuliers, la distribution, la construction, les transports, les loisirs,…) et que les perspectives démographiques montrent un vieillissement des populations.
 
Une des explications serait que dans cette économie mondiale ou les capitaux se déplacent toujours plus, et de plus en plus vite, à la recherche de rendements toujours plus élevés, malgré les coûts liés aux bulles financières qu’ils créent et aux conséquences sur l’économie réelle induites, la demande internationale d’actifs en euro ne cesse d’accélérer.
 
La nature de ces flux d’investissement en euros serait diversifiée.
 
Dans un souci de diversification de leur portefeuille d’actifs, les banques centrales achètent massivement des obligations libellées en euro. Elles seraient influencées par la crédibilité de la politique monétaire anti-inflationniste de la BCE et par l’absence de déséquilibres économiques majeurs et comparables à celui de l’économie américaine.
 
De surcroît, les investisseurs privés seraient fortement demandeurs d’actions libellées en euro, ce qui se traduirait par une faible corrélation entre les cours des actions des grandes sociétés et l’état global de l’économie de l’Euroland. Ces entreprises, très internationalisées, verraient leur profitabilité diverger de celle des entreprises essentiellement domestiques. Elles seraient donc peu, ou pas, affectées par la faiblesse de la croissance de la zone euro.
 
Dans ces conditions, il y aurait un excédent ex ante de la demande d’actifs en euros (obligations et actions) par les agents non résidents, notamment les banques centrales. Ce déficit ex ante de l’offre d’actifs en euro pour les agents non résidents, s’expliquerait par l’excédent extérieur de la zone euro. De facto, la combinaison, excédent extérieur en Euroland et hausse de la demande ex ante d’actifs libellés en euro, se traduit sans surprise par une appréciation de la monnaie européenne.
 
L’euro prend désormais la forme d’une nouvelle monnaie de réserve internationale pour les banques centrales, qui ont l’habitude d’investir leurs réserves en dépôts et en obligations sans risques, et pour les agents privés puisque les actions et les obligations sont des titres de long terme. 
 
Pour expliciter ce comportement des banques centrales (Europe Centrale, Russie) par rapport à l’euro, on peut penser, qu’elles ont décidé d’accroître le poids de l’euro dans leurs réserves, pour le mettre en adéquation avec le poids accru de la zone euro dans le commerce extérieur de leurs économies.
 
On peut aussi considérer que c’est un moyen de se protéger contre la dépréciation du dollar. Mieux vaut prévenir …
 
En outre, le caractère durable de la faiblesse de l’inflation serait une condition favorable à ces flux de capitaux. On retrouve la crédibilité accordée à la BCE par les investisseurs internationaux et la préférence, dans certaines circonstances, pour des taux d’intérêt plus élevés qui sont le signe d’une inflation durablement faible.
 
Les agents privés, en achetant des actifs libellés en euro, achètent en fait et surtout des actions des sociétés cotées, sociétés dont l’activité internationale est très profitable, comparativement aux actions des sociétés domestiques non cotées. Ils n’achètent donc pas vraiment d’actifs dont le cours est étroitement lié à la situation marcoéconomique spécifique de la zone euro.
 
Enfin, le changement de cap de la politique de change de la banque centrale chinoise se traduit par une appréciation assez rapide du RMB ou Renminbi (Yuan, la monnaie chinoise) par rapport au dollar, afin d’apaiser les tentations protectionnistes des Etats-Unis et de réduire l’excédent commercial et l’accumulation de réserves de change de la Chine qui provoquent une croissance excessivement rapide du crédit et de la liquidité en Chine.
 
Cette inflexion de l’évolution du cours du RMB se traduit également par l’appréciation de l’euro par rapport au dollar. En effet, en achetant moins d’actifs en dollar et en se portant acquéreur de davantage d’actifs en euro, les autorités chinoise participent à cette appréciation relative de l’euro vis-à-vis du dollar. 
C’est donc un déséquilibre ex ante entre l’offre insuffisante et la demande excessive d’actifs libellés en euro qui explique ce mouvement du cours de change euro dollar.
 
Il reste à constater et à vérifier, si cet afflux de capitaux vers la zone euro va se traduire par une croissance ces cours boursiers plus forte en Europe qu’auxEtats6unis et si les investissements directs vont également croître.
 
A suivre donc, …
 
Source :
 
Natixis, Patrick ARTUS, Flash Economie, « Pourquoi le monde investit-il en euros ? », le 14 01 2008.
 
Précision : Le Yuan ou Renminbi (RMB) : la monnaie chinoise
 
Le yuan est la monnaie nationale de la Chine et notamment de la République populaire. Elle est appelée Renminbi en République populaire de Chine ou « yuan renminbi »  c’est à dire « yuan monnaie du peuple ». Le nom usuel de la monnaie chinoise est le yuan et le nom Renminbi n'éest utilisé que dans des circonstances officielles.

 

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Dimanche 17 février 2008
par David Mourey publié dans : Crises Financières

La crise financière et économique qui a démarré aux Etats-Unis au cours de l’été 2007 a des conséquences très négatives. Mais, à plus long terme, des conséquences positives ne sont pas à ignorer. C'est sur ce point  que Patrick ARTUS souhaite attirer notre attention, cette fois, dans une note récente.

Les impacts négatifs de la crise financière
 
1 - Les pertes de croissance et donc d'emplois sont déjà visible aux Etats-Unis, en Espagne. Elles le seront bientôt dans les autres pays ou le ralentissement de la croissance sera fera sentir.
 
2 - La hausse des défauts sur les crédits immobiliers est d'ailleurs à la fois une conséquence et une cause de la crise. Ce phénomène est observable aux Etats-Unis, mais aussi en Espagne et à un moindre degré au Royaume-Uni.
 
3 - Les pertes de richesse sur l'immobilier résidentiel et sur les actions pénaliseront le pouvoir d’achat, la capacité d’emprunt, …
 
4 - La fragilisation des banques liées aux pertes dues aux défauts sur les crédits subprime et le  recul brutal des prix de marché des actifs, comme les obligations d'entreprise, peut conduire les banques peut les amener à durcir les conditions du crédit donc à rendre plus difficiles les financements d’opérations d’investissement.
 
5 - Le renforcement de l'excès de liquidité mondiale dans la mesure ou la liquidité mondiale augmente très rapidement depuis le début des années 2000, en raison notamment de l'accumulation très rapide de réserves de change par les pays émergents et exportateurs de matières premières.
 
6 - Cette crise et ses conséquences pousse l'administration américaine et la Réserve Fédérale à mener des politiques très expansionnistes se traduisant par des baisses de taux d'intérêt et par l’augmentation du déficit public. Le problème est que « ces politiques de soutien empêchent la réduction du déficit extérieur des Etats-Unis, malgré le freinage de la demande intérieure, et affaiblissent le dollar, avec la baisse des taux d'intérêt. Elles obligent donc les banques centrales à accumuler davantage de réserves pour obtenir la même stabilisation du dollar, d'où un surcroît de liquidité mondiale. »
 
«  Ces conséquences négatives sont assez systématiques, et apparaissent dans toutes les crises. Mais les caractéristiques particulières de cette crise font aussi apparaître des conséquences favorables, à terme. »
Patrick ARTUS, Flash Natixis N° 68, « La crise a aussi des conséquences favorables », le 14 février 2008
 
Les impacts positifs de la crise financière à plus long terme
 
A plus long terme, les conséquences positives de la crise de 2007-2008 ne sont pas à ignorer.
 
Vers une structure de financement orientée vers les ressources stables
Structure des financements entre dette et capital  (ressources stables) va évoluer. Les financements seront réalisés avec moins de levier d'endettement et davantage de capital ou de ressources stables, ce qui est stabilisant.
 
Alors que l’effet de levier d'endettement avait joué pleinement pour se traduire par une hausse de la part de la dette dans le total des financements, la crise va renverser la tendance.
Les fonds d'investissement, les entreprises et les banques avaient activement participé à ce phénomène d’endettement excessif.
 
Les fonds d'investissement à travers les fonds de private equity et les hedge funds.
 
Les entreprises, avec les rachats d'actions aux Etats-Unis, la hausse du taux d'endettement en Europe.
 
« Les banques, soit parce qu'elles se finançaient sur les marchés et non à partir des dépôts (modèle de la "banque sans dépôts", par exemple Northern Rock au Royaume-Uni) ; soit en raison de la titrisation qui leur permettait de ne pas conserver les crédits dans leurs bilans, donc de réduire leur besoin de capital, et de faire porter les crédits, soit dans des véhicules financés par dette, soit par les investisseurs après structuration. »
Patrick ARTUS, Flash Natixis N° 68, « La crise a aussi des conséquences favorables », le 14 février 2008
 
La crise va modifier les comportements car elle se traduit par  une hausse durable de l'aversion pour le risque en faisant monter les primes de risque, va provoquer une réduction de l’endettement. Cette crise a permis également de mettre en lumière les dangers, en cas de crise de liquidité, du modèle de la banque sans dépôts et elle se traduit par une réduction de l'ampleur de la titrisation. La conjonction de ces changements provoque un  besoin accru de capital pour les banques.
 
« On devrait donc avoir, de manière permanente, davantage de capital et de ressources stables (dépôts pour les banques), moins de dette dans la structure des financements. Ceci est stabilisant, en réduisant, si le levier d'endettement est plus faible, le risque de défaut en cas de choc ou de ralentissement économique. »
 
 
La valorisation du risque : retour vers la norme
 
Le risque sera normalement valorisé. Autrement dit, les situations où tous les financements étaient pratiquement réalisés au taux d'intérêt sans risque, sont derrière nous.
 
« Avant la crise de l'été 2007, les primes de risque étaient devenues extrêmement faibles sur les dettes des entreprises, sur les dérivés du crédit, sur les coûts de financement des banques à toutes maturités et de tous types, sur les crédits aux ménages dans certains pays (aux Etats-Unis et en France les spreads sur les crédits hypothécaires étaient devenus plus faibles que les risque de défaut). »
Patrick ARTUS, Flash Natixis N° 68, « La crise a aussi des conséquences favorables », le 14 février 2008
 
Certes la crise s’accompagne d’une hausse exagérée des primes de risque sur les entreprises et sur les banques, mais on peut raisonnablement penser qu'on retrouvera après la crise un niveau raisonnable de primes de risque, supérieur à celui, trop faible, observé avant la crise. « Cette revalorisation du risque est favorable car rien ne justifie, du point de vue de l'allocation optimale de l'épargne, qu'on prête aux entreprises, aux ménages ou aux banques à peu près au même prix qu'aux Etats-Unis. Evidemment, lorsque la revalorisation du risque se produit, il y a hausse des coûts de financement, ce qui est négativement ressenti.»
Patrick ARTUS, Flash Natixis N° 68, « La crise a aussi des conséquences favorables », le 14 février 2008
 
Localisation des risques et freinage de la titrisation
 
La titrisation avait, et a toujours, pour objectif de décharger les banques du risque de défaut des emprunteurs. Cette innovation  fut d’abord considérée comme une évolution favorable en permettant d’éviter les crises bancaires. « Mais la crise du subprime a été l'occasion de voir que le fait que les banques ne portaient plus les risques de défaut, faisait apparaître un grave aléa de moralité : elles n'avaient plus d'incitation à évaluer la solvabilité des emprunteurs ».
 
Il n’est pas surprenant de constater que les crédits subprime se sont surtout développés à un moment (2006) où les taux de défaut augmentaient déjà et où les prix de l'immobilier se retournaient déjà à la baisse. La titrisation jouait alors le rôle de pompier, avant de devenir plus tard le co-pyromane de la crise financière. « La réintégration des risques de défaut des emprunteurs dans les bilans des banques (la réintermédiation) est donc favorable, car elle va inciter les banques à examiner la situation des emprunteurs. »
Patrick ARTUS, Flash Natixis N° 68, « La crise a aussi des conséquences favorables », le 14 février 2008
 
Exigence de rentabilité : retour de la raison
 
« Une des causes de l'instabilité financière est l'exigence anormalement élevée de rentabilité, qu'on voit par exemple dans le rendement du capital des entreprises ou dans le rendement des hedge funds. Cette recherche de rentabilité très forte a conduit à un niveau excessif de levier d'endettement, à un excès d'investissement en actifs risqués, d'où l'écrasement des primes de risque. »
Patrick ARTUS, Flash Natixis N° 68, « La crise a aussi des conséquences favorables », le 14 février 2008
 
Le besoin accru de capital dû à la crise va réduire le rendement du capital et conduire nécessairement et progressivement à une exigence de rendement plus faible de la part des investisseurs. La stabilité financière en sera améliorée.
 
Nature des actifs financiers : vers plus de simplicité, de transparence et de liquidité
 
Les actifs financiers vont devenir plus simples et plus faciles à valoriser, donc plus liquides. Le recul des possibilités de titrisation est lié à la méfiance à l’égard des ABS, actifs financiers jugés désormais trop complexes, peu liquides et plus difficiles à valoriser. La chute de la demande d'ABS explique l'ouverture de leurs spreads.
 
« On voit donc que la finance devra proposer aux investisseurs des actifs plus simples, liquides dans toutes les configurations de marché, faciles à valoriser »
 
Vers un conflit effets microéconomiques versus effets macroéconomiques ?
 
Au-delà de ses effets négatifs évidents, la crise financière a des effets favorables du point de vue microéconomique, de l'allocation efficace de l'épargne, une valorisation des risques plus efficaces, une réduction des risques de défaut et davantage de stabilité financière. Pour autant, le problème réside dans les effets macroéconomiques de ces évolutions car celles-ce pourraient avoir des impacts très défavorables au niveau global. En effet, si les banques sont amenées à rationner le crédit, si elles manquent de capital et si elles doivent porter les risques de défaut, alors  la hausse, normale, des primes de risque va pénaliser les emprunteurs et le rendement plus faible du capital va obérer le revenu des investisseurs.
A suivre donc, …
 
A consulter :
 
Patrick ARTUS, Flash Natixis N° 68, « La crise a aussi des conséquences favorables », le 14 février 2008
 .
 

 
 
 
 
  
 
 
 
Le Monde, Débat avec Jean Paul Fitoussi,  président de l'OFCE,  mardi 11 septembre 2007 à 15 h00.
 
 
 
 
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Vendredi 15 février 2008
par David Mourey publié dans : Crises Financières
 
Quelle va être l’ampleur de la crise des crédits hypothécaires américains, les crédits subprime ?
 
Un début de réponse peut être apporté par l’estimation de l’évolution des taux de défaut sur les crédits subprime et des taux de saisie. C’est ce type d’estimation que nous propose Jean-Marc LUCAS, Etudes Economiques, EcoWeek, 24 janvier 2008, BNP-Paribas dans une note de conjoncture récente.
 
« Etats-Unis : quelle évolution des taux de défaut sur les crédits subprime ? »
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« Cette note a pour objet de synthétiser l’évolution récente des taux de défaut sur les crédits immobiliers, tels que reportés par la Mortgage Bankers Association (MBA) dans son enquête trimestrielle – « National delinquency survey » - et de proposer des projections de taux de défaut sur les crédits subprime à l’horizon 2009, construites sur la seule base de notre scénario macroéconomique. » 
Jean-Marc LUCAS, Etudes Economiques, EcoWeek, 24 janvier 2008, BNP-Paribas
 
Défauts sur les crédits immobiliers :
un rappel des évolutions récentes
 
Selon le dernier pointage effectué par la MBA au troisième trimestre 2007, le retournement du marché immobilier américain s’est accompagné, depuis le début de l’année 2006, d’une détérioration sur le marché du crédit, aussi bien pour le compartiment « prime » - le moins risqué – en général, que pour celui du « subprime » - le plus risqué, en particulier.
 
Tableau 1 : Défauts et saisies sur crédits hypothécaires
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Source : Mortgage Bankers Association
 
* : historique depuis 1979 pour l'ensemble et 1998 pour les segments prime/subprime
** : saisies et défauts de plus de 90 jours
 
Pour l’ensemble des crédits, le taux de défaut est passé de 5,1% au deuxième trimestre 2007 à 5,6% au troisième. Alors qu’il était précédemment demeuré en deçà des niveaux constatés lors de la récession de 2001, le taux de défaut se situe désormais à son niveau le plus élevé depuis 1986 – la variation trimestrielle étant pour sa part la plus marquée du cycle en cours.
 
Alors que le taux de défaut est passé de 2,7% à 3,1% pour le compartiment « prime » - le moins risqué –, il est passé de 14,8% à 16,3% pour le « subprime » - le plus risqué. 
 
En outre, les comparaisons historiques montrent que les défauts sont « graves » car le taux de défaut à plus de 90 jours n’avait jamais été aussi élevé.
 
Le taux de saisie estégalement en forte hausse, passantde 1,4% au deuxième à 1,7% au troisième trimestre, ce qui constitue à la fois un niveau et une variation historiques. 
 
Enfin, le rythme auquel a lieu la dégradation des taux de défaut et de saisie suggère une poursuite de cette tendance défavorable dans un futur proche.  
 
Quelle évolution attendre
des taux de défaut sur les crédits subprime ?
 
Afin de cerner cette évolution à venir du taux de défaut sur les crédits subprime, les économistes de BNP-Paribas estiment le taux observé par la MBA, (taux de défaut au sens large : retards de paiement de plus de 30 jours), en fonction des grandes variables économiques qui paraissent susceptibles de l’influencer :
 
- la croissance du PIB en glissement annuel
- la variation annuelle du taux de chômage
- le niveau et la variation annuelle des taux d'intérêt à court terme (Libor 3 mois)
- la variation du prix des logements en glissement annuel.
 
Conscients de toutes les précautions à prendre pour réaliser de type de projection, les auteurs rappellent que :
 
« sur la base de l’estimation qui nous paraît la plus robuste et de notre scénario, nous projetons ensuite une évolution plausible du taux de défaut sur la période 2007-2009.  Naturellement, cette démarche n’est pas sans présenter des limites. En premier lieu, ces projections sont naturellement très sensibles au scénario retenu. Par ailleurs, elles reposent exclusivement sur l’évolution de ces quelques grandeurs macroéconomiques, toutes choses égales par ailleurs. Elles ne prennent donc pas en compte d’autres éléments qui peuvent avoir une importance non négligeable, mais que nous ne pouvons incorporer – ne disposant pas de prévisions pour ces variables –, comme le réajustement des taux d’intérêt par exemple, dans le cas des crédits à taux ajustable. A ce titre, rappelons que les prêts subprime consentis en 2005 et 2006 présentent des taux de défaut bien supérieurs à ceux des générations précédentes. Cette tendance pourrait bien entendu s’amplifier encore en 2008, sur la génération 2007 (notons toutefois que les conditions d’octroi de crédits subprime ont été nettement resserrées dans le courant de cette année, ce qui constitue sans doute un facteur modérateur de la tendance précitée, à terme.). Ainsi, ces projections doivent-elles être considérées comme des tendances plus que comme des prévisions fines. »
Jean-Marc LUCAS, Etudes Economiques, EcoWeek, 24 janvier 2008, BNP-Paribas
 
Tableau 2 : Taux de défaut sur les crédits subprime
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Sources : MBA, BEA, BLS, OFHEO - Estimations : BNP Paribas, Etudes économiques
Notes : * : projections ; ** ce profil suppose un écart de 15% entre le pic et le creux
 
 
Qu’impliquerait le scénario économique retenu ?
 
Le scénario macroéconomique 
 
- ralentissement sensible de la croissance (+1,1% en moyenne annuelle en 2008, dont l’essentiel provient de l’acquis de 2007, et +1,6% en 2009,après +2,2% en 2007)
- remontée du taux de chômage (de 4,6% en 2007 à 5,4% en 2008 et 5,6% en 2009)
- baisse des prix des logements (supposée ici de 15% entre le pic et le creux, soit des baisses de l’ordre de 7% en moyenne en 2008 et 2009)
– la baisse des taux à court terme, entamée au second semestre 2007, se poursuivrait, l’objectif desFed funds passant de 3,50% actuellement à 2,0% au second semestre 2008 et se stabilisant à ce niveau par la suite.
 
Dans le cadre du scénario privilégié et exposé ci-dessus, les auteurs estiment que :
 
- le taux de défaut sur les crédits subprime, toujours en hausse, atteindrait environ 17,5% en 2008 en moyenne, en forte hausse donc, après avoir atteint 15,4% en 2007. Il se stabiliserait à un niveau plafond en 2009 (vers 17,3% en moyenne).
 
- Le taux de saisie pourrait augmenter beaucoup plus sérieusement, passant de 6,3% en moyenne en 2007 à environ 10,8% en 2008 et 13,1% en 2009. 
 
En résumé, les évolutions attendues en matière de croissance, de chômage et de prix immobiliers auraient une influence négative cette année en matière de défauts, tandis que l’assouplissement monétaire limiterait la détérioration.
 
A consulter :
 
 
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Vendredi 15 février 2008
par David Mourey publié dans : Crises Financières
Dans une période au cours de laquelle on s’interroge beaucoup sur le réchauffement climatique, ses effets potentiels sur l’économie et en pleine crise financière et réelle, la lecture d’un billet et d’un commentaire sur le blog d’Etienne WASMER - Blog d'un économiste du travail- me conduit à rappeler ce bref épisode de l’histoire de la pensée économique.
 
Cycle économique et taches solaires
 
En 1878-1879, Stanley JEVONS considéré comme le premier économiste néoclassique anglais, publie « Commercial crises et Sun spots », c'est-à-dire « Crises commerciales et taches solaires ».
 
Dans cet ouvrage, il établit une corrélation entre les cycles économiques et les tâches solaires.
 
De cette corrélation, entre la durée moyenne du cycle économique et le mouvement des taches à la surface du soleil, il déduit un peu trop rapidement une causalité ou une relation de cause à effet, selon laquelle ce sont les mouvements des taches solaires qui déterminent l’évolution de la production globale.
 
Agents économiques, croyances, comportements et cycles
 
On pourrait expliquer cette « théorie » du cycle économique en proposant un modèle de fonctionnement de l’économie dans le quel les agents économiques croient que les taches solaires peuvent influencer les fluctuations de l’économie. Sur la base de cette hypothèse, de cette croyance, et ceteris paribus - toutes chose égales par ailleurs-, ils vont prendre des décisions et agir.
 
Finalement, ils constatent une corrélation entre le mouvement des taches et l’activité économique. Ils en déduisent une causalité et pensent que leurs croyances sont vérifiées et donc fondées.
 
Autrement dit, les agents économiques valident leurs anticipations par leurs comportements fondés sur ces anticipations.
 
Self-fulfilling Expectations
 
On parle d’anticipations auto réalisatrices, self-fulfilling expectations, et on retrouve la logique des bulles spéculatives à l’origine des crises financières récentes.
 
Dans le cas des taches solaires, on peut imaginer que les agriculteurs vont davantage semer parce qu’ils pensent qu’en vertu des mouvements des taches à la surface du soleil, la récolte sera meilleure. In fine, la récolte est meilleure.
 
Le rappel de cet épisode historique, nous permet de montrer que les croyances jouent ou peuvent jouer un rôle majeur dans les évolutions des variables économiques et financières.
 
En résumé, on croit aisément ce qu’on désire et on a tendance à prendre ses désirs pour des réalités. Autrement, lorsqu’on croit que les cours vont monter, on achète, les cours monte et ainsi de suite…, jusqu’au retournement des anticipations et des croyances.
 
Le seul problème est qu’en économie, lorsque les croyances se retournent, même ceux qui n’ont pas joué ou voulu jouer peuvent perdre, peuvent y laisser leur peau ou tout au moins leur chemise, leur pantalon, …
 
A consulter :
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Le Monde, Débat avec Jean Paul Fitoussi,  président de l'OFCE,  mardi 11 septembre 2007 à 15 h00.
 
 
 
 
 
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