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David MOUREY
Pontault-Combault (77340)
  Professeur de Sciences Economiques et Sociales

 
La démocratie exige le débat
 
L’objectif de ce blog est de tenter de valoriser le débat et la démocratie. Certes, l’objectif est ambitieux mais l’ampleur de l’enjeu ne doit pas nous conduire à la résignation. Nous devons nous en donner les moyens.
   
Voir l'article :   "De l’importance du débat dans une démocratie moderne"
   
« J’apprends beaucoup des gens avec qui je suis en désaccord,
j’apprends très peu des gens avec qui je suis d’emblée en accord.
C’est normal car être en désaccord implique de comprendre
la nature, la valeur, la profondeur de l’argument
qui est utilisé dans le débat. »
.
   CONFERENCE DE JEAN-PAUL FITOUSSI, Mercredi 20 avril 2005
.
Samedi 30 juin 2007
par David MOUREY publié dans : Videos
 
WEB EMISSION : Les jeudis de l’économie, avec Jean-Paul Fitoussi (4/4)
 
Quatrième partie :
 
« L’économie et le projet européen, pour une - Communauté européenne de l’environnement, de l’énergie et de la recherche - C3ER »
 
 
 
Une « Communauté européenne de l’environnement, de l’énergie, de la recherche » : c’est la voie qui semble, aux yeux de Jean-Paul Fitoussi et des économistes de l’OFCE, la plus propice à une relance de l’UE et la plus à même de contribuer à la prospérité du continent… Dans le cadre d’un partenariat entre l’OFCE et les Euros du Village il est proposé sur le site de l’OFCE une émission-débat en quatre épisodes, mise en ligne chaque jeudi jusqu’au 7 juin.
 
Jean-Paul Fitoussi et 3 chercheurs de l’OFCE
- Louis Chauvel, sociologue spécialiste de l’analyse des structures sociales
- Eloi Laurent, économiste spécialiste de l’intégration européenne
- Gérard Cornilleau, économiste spécialisé du marché du travail
 
 
L’Europe économique à travers 4 thématiques
La réforme
Les modèles de croissance en Europe
Le gouvernement économique
L’économie dans le projet européen.
 
A consulter :
 
 
 
 
FRANCE 2012 - E-book de campagne à l'usage des citoyens
Sous la direction de Jean-Paul Fitoussi et Eloi Laurent
 
 
Site de l’OFCE : http://www.ofce.sciences-po.fr/
 
Site de Jean-Paul Fitoussi :
 
 
Site de Louis Chauvel :
 
 
Site d’Eloi laurent :
 
 
Site de Gérard Cornilleau :
 
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Vendredi 29 juin 2007
par David MOUREY publié dans : TVA Sociale
Dans plusieurs billets, j’ai proposé de nombreuses réflexions d’économistes sur cette épineuse question de la TVA sociale. Avant de tenter d’en faire un premier bilan, il convient de garder présent à l’esprit ce que souhaitent nos dirigeants et pourquoi. Quels sont les avantages qu’ils attendent de l’introduction de cette « TVA sociale » et quels sont les effets pervers potentiels, à leurs yeux ?
 
La TVA sociale, le Président et le gouvernement
 
Récemment, le Premier Ministre François Fillon, a affirmé que « pour l'instant, le projet de TVA sociale est à l'étude » et qu’il convenait d’en discuter « avec les partenaires sociaux, sans tabou et sans précipitation inutile. »  
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Dès la remise des conclusions de l'étude sur la TVA sociale, menée par Eric Besson, qui lui sera remise en juillet par madame Christine Lagarde, la nouvelle ministre de l'économie, un grand débat sur la TVA sociale aura lieu devant les Français.
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Selon Eric Woerth, le ministre du budget et des comptes publics, une décision sur l’éventuelle instauration d’une TVA sociale serait prise fin juillet. Mais ce serait peut-être un peu tôt.
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Pour François Fillon, il convient de voir dans quelles conditions il reste possible de financer notre système de protection sociale sans faire porter le financement sur les seules cotisations sociales assises sur le travail qui restent « trop élevées » et provoquent des risques de élocalisation. Il affirme que « tout le monde reconnaît qu'on ne peut pas financer la protection sociale uniquement sur le travail. Plus on met des charges sur le travail, plus les emplois s'en vont ». Il convient donc de trouver de nouvelles assiettes de financement de la protection sociale, mais selon le premier ministre il n’existe qu’une seule nouvelle assiette,  « c'est la consommation, c'est la valeur ajoutée ».
 
Il a confirmé que si cette mesure était à l’origine d’une injuste réduction du pouvoir d’achat alors elle serait abandonnée.
 
Mercredi 20 juin à l'Elysée, devant les parlementaires de l’UMP, le Président de la République Nicolas Sarkozy a fixé les grands objectifs de son mandat. Il a, en particulier, explicité sa position concernant le débat sur la TVA sociale.
 
 
 
Selon le Président de la République, « si la TVA sociale contribue à freiner les délocalisations, si elle est bonne pour l'emploi, si elle est bonne pour la croissance, si elle ne pénalise pas le pouvoir d'achat, alors nous ferons la TVA sociale (...). S'abstenir sur la TVA sociale et regarder passer le train des délocalisations serait non seulement une faute économique, mais une faute morale et une faute politique »., «
 
A ce titre, selon, l’ancien Premier Ministre, Jean-Pierre Raffarin la TVA sociale aura un effet négatif sur le pouvoir d'achat. Il se demande comment on pourrait « avoir un pouvoir d'achat protégé avec une TVA qui augmenterait ?».
 
Le Président de la république a affirmé que la TVA sociale sera dans un premier temps expérimentée, sans dire dans quelles conditions, et il a précisé qu’en cas de succès observé, elle sera généralisée. Jean-Pierre Raffarin s’est prononcé sur certaines modalités possibles de l’expérimentation, souhaitée par le Président de la république et le premier ministre. L’expérimentation pourrait porter sur les importations de textile ou d'automobile. 
 
Une étude plus approfondie des modalités de mise en œuvre de la TVA sociale assortie d’une phase d’expérimentation, cela semble aller dans le sens souhaité par les économistes. Il suffit de relire le billet précédent « TVA sociale » et financement de la protection sociale ».
 
 
Une courte synthèse
 
Au départ, on attend de la TVA sociale qu’elle permette une réduction du coût du travail afin de financer, à partir d’une assiette plus large et supposée plus juste, une partie de la protection sociale. Cela se ferait en transférant une partie du financement de la protection sociale des entreprises vers les ménages, par le biais d’une baisse des cotisations sociales patronales compensée par une hausse simultanée de la taxe sur la valeur ajoutée (TVA).
 
Ce transfert de charges doit  permettre d'alléger le coût du travail en France et de taxer davantage les produits importés, notamment ceux en provenance des pays à bas coûts (à bas salaires). De cette manière, la TVA sociale doit contribuer à renchérir les produits importés de pays à faible coût de main-d'œuvre et, in fine, d’éviter des délocalisationsPour ses détracteurs, la TVA sociale risque surtout d’entraîner une hausse des prix, source d’inflation, qui pénalisera les consommateurs, en particulier les plus modestes.
 
Mais pour l’instant, rien n’est certain car les modalités précises de la mesure ne sont pas connues. Il est donc bien difficile de tirer des conclusions solides sur ces effets potentiels, positifs ou négatifs, pour les ménages, les entreprises, la compétitivité, les finances publiques, le financement de la protection sociale… Comment chiffrer précisément les effets divers de la TVA sociale sans avoir toutes les données nécessaires aux calculs ?
 
Tout au plus pouvons-nous tenter de synthétiser les effets estimés selon les différents scénarios et les divers impacts envisagés.
 
La TVA sociale est-elle une mesure susceptible de rééquilibrer le financement de notre système de protection sociale ?
 
Dans un premier temps, il faut définir le champ et l’ampleur de ce transfert de financement car il ne s’agit aucunement de transférer la totalité du financement de la protection sociale sur la TVA.
 
Plusieurs économistes insistent sur la nécessité de transférer une partie du financement des dépenses d'assurance maladie et familiale.
 
Christian Saint-Etienne propose de distinguer la protection sociale individuelle de la protection sociale collective (politique de la famille et de la santé). « La protection sociale individuelle dépend des revenus de l'individu. (…) Il est justifié que ce type de protection soit financé par des cotisations sociales sur les salaires, et tel est le cas depuis 1945. La protection sociale collective dépend de la citoyenneté. (…) Dans ce cas, il est inconcevable que ce type de prestation soit uniquement financé par des charges salariales. Il faut jouer sur les impôts que tous les résidents paient : la TVA. »
 
De même, selon Henri Sterdyniak « Il est anormal que la protection sociale pèse, en ce qui concerne la famille et la maladie, sur les revenus d'activité. » « . »
 
Le niveau initial élevé du taux de TVA en France laisse –t-il une marge de manoeuvre pour une hausse de celle-ci ?
 
Il est probable que la marge de variation de la TVA de reste faible en France, sauf à accepter une très forte hausse du taux de TVA. Pour Jean Pisani-Ferry, « Cela réduit les marges de hausse ».
 
Selon Michel Godet, « Il est possible d'instaurer la TVA sociale sans l'augmenter en commençant d'abord par réduire les gaspillages des dépenses publiques (…) inutiles ou mal employées (…). »  
 
Faut-il instaurer plusieurs taux de TVA ?
 
C’est ce propose Christian Saint-Etienne qui se décrit comme un minimaliste (TVA à 22 %) au sein des partisans de la TVA sociale, à distinguer des maximalistes, comme le sénateur Jean Arthuis, qui vont jusqu'à proposer une TVA à 28 %.
 
Christian Saint-Etienne propose trois taux de TVA: 8 %, 15 % et 22 % avec un « taux de 15 % pour les activités à forte intensité de main d'oeuvre et pour les activités essentiellement effectuées par les très petites PME, dont la tentation de fraude est très élevée.» Mais, dit-il, « compte tenu de la législation européenne, il est impossible d'avoir plus de trois taux de TVA ».
 
La TVA sociale est-elle une mesure susceptible d’améliorer la compétitivité et de relancer l’emploi en produisant un effet anti-délocalisation ?
 
Pour Henri Sterdyniak, « les délocalisations menacent l'industrie et donc l'ensemble de l'économie française. Il convient donc d'agir durablement, grâce à des mesures importantes. Pourtant, je pense que la TVA sociale est une erreur ».
 
Pour Jean-Paul Fitoussi la TVA sociale est en réalité un substitut à une politique de change et  « l'augmentation de la TVA équivaut à une dépréciation réelle de la monnaie (…) ce qui devrait permettre dans un premier temps d'améliorer la compétitivité. Simplement, il existe deux modalités de compétitivité : la compétitivité-prix, dans laquelle nous sommes aspirés en raison du système de concurrence fiscale mis en place dans la zone euro, et la compétitivité-productivité. Cette dernière passe par la réduction des coûts unitaires et par l'augmentation de la compétence et de la productivité du travail. »
 
Selon Xavier Timbeau, « la TVA sociale joue comme une dévaluation, elle accroît la compétitivité. Quand un pays la fait, il gagne en compétitivité, mais la contrepartie automatique, c'est que ses voisins perdent en compétitivité. C'est un jeu à somme nulle. Donc c'est tout le débat autour de la TVA sociale : doit-on la faire parce que les Allemands l'ont fait, pour regagner la compétitivité qu'ils ont gagnée sur nous ? Et les avantages de cette TVA sociale ne seront-ils pas perdus quand les Espagnols ou les Italiens feront pareil ? »
 
Pour Christian Saint-Etienne, « il est évident que cette baisse du coût du travail serait minime et incapable de modifier les différences de coûts entre la France et la Chine mais les entreprises chinoises paieraient l'augmentation de TVA, ce qui rendrait les importations plus coûteuses. Mais nous améliorerions ainsi la compétitivité du travail français par rapport à nos partenaires de la zone euro. La TVA sociale est une arme anti-délocalisation. »
 
Selon Marc Touati, «  Plus de la moitié des destructions d'emploi observées depuis quinze ans sont intervenues lors des cinq dernières années. En cinq ans, la désindustrialisation du pays s'est accélérée. Depuis 24 trimestres, l'industrie manufacturière n'a plus créé un seul emploi. Il existe donc un réel problème de compétitivité. Cependant, je demeure assez dubitatif vis-à-vis de la TVA sociale. Je pense ainsi qu'il est nécessaire d'aller beaucoup plus loin, en prenant en compte l'exemple allemand, lequel ne se fonde pas sur la TVA sociale ».
 
La TVA sociale va-t-elle se traduire par un transfert de main d’œuvre en faveur des secteurs de main d'oeuvre au détriment des secteurs capitalistiques ?
 
Pour Jean-Paul Fitoussi, « instituer un système de TVA sociale » revient à accepter « de modifier les prix relatifs dans notre économie, en faveur des industries dont la masse salariale est importante et en défaveur des industries pour lesquelles les dépenses en capital sont élevées. »
 
 
Il y aura réallocation des ressources en faveur des industries à masse salariale élevée, ce qui « devrait leur permettre de baisser leurs prix, puisqu'elles gagnent davantage en économies de cotisations sociales qu'elles ne perdent du fait de la TVA à laquelle elles seront soumises ». Cela favorise le travail et l'accumulation de capital physique est défavorisée, mais cette mesure reste favorable à l'accumulation du capital immatériel. »
 
Henri Sterdyniak conteste ce point de vue. Pour lui,  « la TVA sociale n'aiderait pas les secteurs de main d'oeuvre au détriment des secteurs capitalistiques. Elle n'inciterait pas les entreprises à utiliser plus de travail et moins de capital. En effet, ce que nous appelons « TVA » n'est pas une TVA, en réalité. La particularité de la TVA telle qu'elle existe actuellement est la suivante : cette TVA est remboursée sur l'investissement. En conséquence, elle ne frappe pas le capital, mais uniquement le travail. De ce fait, en économie fermée, elle est totalement équivalente aux cotisations sociales des employeurs. »
 
La TVA sociale représente-t-elle une menace pour le pouvoir d’achat des ménages, notamment les plus pauvres ? Permettra-t-elle une hausse des salaires en fonction de la répercussion par les entreprises de la baisse des coûts sur les prix en faisant varier leurs marges?
 
Pour Christian Saint-Etienne, « L'expérience allemande d'une hausse de 3 % du taux de TVA montre que le risque inflationniste est très faible » , le prix final TVA incluse ne changerait pas : c'est la structure des coûts de production qui varierait. La TVA sociale serait indolore pour le consommateur. « Les entreprises profiteraient alors de la baisse des coûts de production pour répercuter cette baisse sur les prix hors taxe et essayer de gagner des marchés, c'est le principe de la concurrence. C'est ce qu'a fait l'Allemagne qui a connu depuis une faible inflation additionnelle (0,3) après avoir augmenté la TVA de 3 points de pourcentage. »
 
Pour Liêm Hoang-Ngoc, « malgré la baisse des charges prévue, ni les grandes entreprises, sommées par leurs actionnaires de maximiser leurs marges, ni les PME, étranglées par leurs donneuses d'ordre, ne vont baisser leurs prix. Demander à un restaurateur s'il baissera ses prix si on lui accordait la baisse de TVA qu'il demande de 19,6 % à 5,5 %, il vous répondra non. Croyez-vous qu'il les baissera si on l'augmente à 22 ou 25 % ? »
 
« Les baisses de cotisations sociales qui se sont déployées depuis 1993 n'ont aucunement enrayé la "vie chère". Avec une telle mesure, les prix augmenteront et provoqueront une détérioration du pouvoir d'achat des ménages, ce qui cassera la consommation, actuellement le seul moteur de la croissance. » De plus, « la BCE, dont l'œil est rivé sur l'indice des prix, risquerait de relever une fois de plus ses taux d'intérêt. »
 
Jean-Paul Fitoussi ne croit pas au risque d'inflation. « Cependant, il faut comprendre que certains prix doivent augmenter : les prix des entreprises consommant peu de masse salariale. Simultanément, certains prix devraient baisser. Dans la mesure où il existe une asymétrie des évolutions de prix, il y aura un léger effet sur l'inflation, qui n'est cependant pas à craindre, dans la mesure où l'inflation ne menace pas, à l'heure actuelle. »
 
Pour Xavier Timbeau, « Si l'on fait une TVA sociale pure, c'est un schéma dans lequel on augmente d'un côté la TVA et de l'autre on baisse les cotisations sociales employeurs. (…) d'un côté les prix de production baissent, et de l'autre côté les prix TTC compensent cette baisse des prix de production. » ,
Les prix des produits exportés baissent mais les prix des produits importés augmentent. Donc, la moyenne entre le prix des produits importés et celui des produits exportés est stable.
 
« En revanche, la TVA sociale conduit bien à prendre du pouvoir d'achat au consommateur, car il va payer plus cher les produits importés, pour favoriser la compétitivité des entreprises. Du côté du consommateur, il y a bien une perte de pouvoir d'achat. »
 
Dans une situation ou les entreprises ont un pouvoir de marché, elles ont un ensemble de stratégies pour manipuler leurs prix. Elles peuvent jouer sur la qualité donner l'illusion que les prix restent inchangés tout en conservant leurs marges. « En revanche, il est d'autant moins probable qu'elles sont exposées à une concurrence féroce. (…) Si la concurrence est grande entre les entreprises, qu'elles jouent sur leurs prix ou sur la qualité des produits, la sanction du marché finit par arriver. »
 
Qui va payer, in fine ? Les chinois vont-ils payer notre protection sociale ?
 
Pour Henri Sterdyniak, « si la TVA sociale est envisageable (…) il ne s'agit pas d'une solution miracle payée par les Chinois. En réalité, cette solution est payée par les travailleurs et les retraités. Il faut donc envisager de remettre en cause l'indexation des salaires, des retraites et du SMIC. »
 
Pour Liêm Hoang-Ngoc, économiste au CNRS, La question fondamentale en matière de fiscalité est : qui paie ?
 
« En raison du poids des impôts proportionnels (TVA, CSG…), le système fiscal français est déjà des plus injustes. La TVA représente aujourd'hui 51 % des recettes fiscales contre 17 % pour l'impôt sur le revenu. Les pauvres la paient au premier centime d'euro dépensé pour leur pain quotidien. Les 10 % des ménages les plus pauvres concèdent 8 % de leur revenu au paiement de la TVA. Les 10 % des ménages les plus riches ne lui consacrent que 3 % de leur revenu. La hausse de la TVA rendra l'impôt encore plus injuste en reportant sur les pauvres une part croissante du financement du budget. »
 
Selon Marc Touati, « l'augmentation du taux de TVA ne va pas provoquer une hausse de l'inflation, ainsi que l'exemple allemand tend à le montrer. Aujourd'hui, la demande est très faible, mais la concurrence est très élevée. Par exemple, les prix du pétrole ont flambé, mais n'ont pas provoqué d'inflation, même si la Banque centrale européenne refuse de l'admettre. Si les prix de vente n'augmentent pas in fine, il sera nécessaire de rechercher d'autres sources de baisse de coût. Pour y parvenir, il faut obtenir des gains de productivité, acheter à moindre coût des produits à l'étranger ou produire à l'étranger. »,
 
En guise de conclusion, nous pouvons dire que l’instauration de la TVA sociale doit s’inscrire dans le cadre plus large d’une réforme profonde des prélèvements obligatoires. Cela parait logique puisque cette mesure pose la question des modalités de la réforme du financement de notre système de protection sociale.
 
 
 
 
 
A consulter :
 
 
 
 
 
 
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Jeudi 28 juin 2007
par David MOUREY publié dans : TVA Sociale
Comme je l’ai déjà indiqué dans des billets précédents, la réflexion sur la « TVA sociale » s’inscrit dans une réflexion plus large sur les multiples modalités possibles d’une réforme du mode de financement de notre protection sociale.
Les économistes, mais également nos principaux dirigeants, en sont pleinement conscients. En effet, lors de ses voeux aux forces vives de la Nation le 4 janvier 2006, l’ancien Président de la République, Jacques CHIRAC avait souhaité que soit mis en place un groupe de travail afin d'étudier les différentes voies de réforme, envisageables, du financement de notre système de protections sociale.
 
L’objectif était de mettre en évidence les divers types de prélèvement, reposant sur une assiette plus juste et plus favorable, susceptiblesde remplacer ou compléter les cotisations sociales assises sur le travail.
 
Il fallait ensuite examiner méticuleusement « leurs effets sur l'emploi, la compétitivité de la France, le financement durable de la protection sociale, l'impact sur les différents secteurs économiques et la compatibilité avec la Constitution et le droit européen et communautaire. »
 
 Le rapport du groupe travail
 
Le rapport de ce groupe de travail a été remis le 30 mai 2006 puis il a été analysé par le Conseil d'orientation pour l'emploi (COE) et le Conseil d'analyse économique (CAE), puis par le Centre d'analyse stratégique (CAS), chargé de faire la synthèse des deux précédents avis.) et le Conseil d'analyse économique (), puis par le Centre d'analyse stratégique (), chargé de faire la synthèse des deux précédents avis.
 
Le rapport du groupe travail a analysé six voies de réforme:
 
-         création d'une cotisation sur la valeur ajoutée (CVA)
-         modulation des cotisations sociales en fonction de la valeur ajoutée
-         mise en place d'une « TVA sociale » »
-         création d'un coefficient emploi-activité (CEA) 
-         « réduction des niches sociales » et
-         institution d'une contribution patronale généralisée
 
Selon le Rapport d'information n° 41 (2006-2007) de M. Philippe MARINI, fait au nom de la commission des finances du Sénat, déposé le 25 octobre 2006 « Quels prélèvements obligatoires ? Pour quels besoins collectifs? », le groupe de travail a réalisé deux simulations relatives à l'impact macro-économique de court terme de la mise en place d'une cotisation sur la valeur ajoutée et d'une TVA sociale. le relatives à l'impact macro-économique de de la mise en place d'une cotisation sur la valeur ajoutée et d'une TVA sociale.
 
« La simulation porte sur une diminution des cotisations sociales de 2,1 points, soit environ 9 milliards d'euros, ou encore 0,5 point de PIB. Cela correspond à une augmentation du taux normal de TVA de 1,2 point. Le taux normal passerait donc de 19,6 % à 20,8 %. La mesure envisagée serait donc d'une ampleur modeste, ce qui explique que l'impact simulé soit, lui aussi, modeste. Dans le cas de la TVA sociale, la simulation prévoit qu'une mesure ainsi « calibrée » augmenterait le nombre d'emplois de 23.000, et réduirait le taux de chômage de 0,1 point.
 
L'impact de la CVA serait légèrement plus favorable : 28.000 emplois créés, pour une diminution du taux de chômage également de l'ordre de 0,1 point.
Ces simulations permettent de bien mettre en évidence le fait que si la TVA sociale crée des emplois, ce n'est pas grâce à un impact positif de l'augmentation de la TVA sur l'emploi du fait du « droit de douane déguisé » qu'elle constituerait, mais bien grâce à la diminution des cotisations sociales. L'augmentation de la TVA, nécessaire pour financer la baisse des cotisations sociales, réduit nettement l'efficacité de la mesure. De même que la CVA, la TVA sociale est avant tout une poursuite de la politique de baisse des cotisations sociales (de même que les 35 heures). »
 
« En considérant que la substitution TVA/cotisations sociales provoque de l'inflation, le groupe de travail déduit que l'impact inflationniste de la réforme est susceptible de dégrader l'équilibre des finances publiques, à hauteur d'environ 0,12 point de PIB la première année. Il a donc complété l'analyse, s'agissant de la TVA sociale, par une simulation basée sur un effet neutre (ex post) de la mesure sur les finances publiques au cours de la première année. Les résultats sont moins favorables que ceux de l'analyse précédente… »
 
« Le groupe de travail en conclut que « pour que la TVA sociale puisse exercer un impact plus significatif sur l'emploi, il serait nécessaire que les principales indexations, nombreuses dans notre pays, soient suspendues, notamment en matière de salaires et de transferts sociaux. Le pouvoir d'achat des ménages serait affecté mais la boucle prix-salaire serait évitée, et les finances publiques ne subiraient pas de dégradation. Cette hypothèse nécessiterait toutefois un degré élevé de consensus social ». »
 
A moyen terme, « D'après l'analyse du groupe de travail, un allègement des cotisations sociales de plus de 2,1 points, qui aurait pour effet d'altérer la progressivité des cotisations sociales, se traduirait par des destructions nettes d'emplois… »
 
A long terme « Les hypothèses retenues par le groupe de travail, qui restent schématiques, mènent à la conclusion que l'effet sur l'emploi des trois principales options étudiées (CVA, CEA et TVA sociale) serait nul et exercerait, in fine, un effet négatif tant sur l'évolution du PIB marchand que sur l'investissement. S'agissant de la TVA sociale, on observera que le groupe de travail a retenu l'hypothèse d'une répercussion intégrale de la hausse de la TVA sur les prix TTC. »
 
Dans son rapport, le groupe de travail estime que « la mise en place d'une TVA sociale, compte tenu de l'hypothèse de répercussion intégrale de l'augmentation du taux de la TVA dans les prix TTC » et qui se traduirait par « une hausse du taux normal serait moins anti-redistributive qu'une hausse du taux réduit. Il conclut également que les variations de pouvoir d'achat appréciées au niveau de chaque décile seraient modérées, mais que des variations significatives pourraient toutefois être constatées au niveau individuel. »
 
En résumé, le rapport du groupe de travail paraît inviter au statu quo, et plaide pour une poursuite de l'analyse. La réforme du financement de notre système de protection sociale est un processus complexe qui exige de la prudence. Des études préalables, sérieuses et approfondies sont indispensables et doivent être soumises à la discussion. C’est une condition nécessaire pour réussir cette réforme.
 
Le rapport de Philippe MARINI, (Sénat), « Quels prélèvements obligatoires ? Pour quels besoins collectifs? », présente de manière synthétique quelques éléments des conclusion des différents conseils sollicités.
 
 
L'avis du Conseil d'orientation pour l'emploi
 
L’avis rendu, le 20 juillet 2006, par le Conseil d'orientation pour l'emploi (COE) parait soulever « plus d'interrogations qu'il n'apporte de réponses. » Le COE invite à élargir l'analyse car il observe que le rapport du groupe de travail n’étudie qu’un seul scénario, celui d’une baisse de 2,1 points de cotisations sociales. C’est trop restrictif.
 
Le COE rejette clairement deux pistes de réforme : la contribution sur la valeur ajoutée (CVA) et le coefficient emploi activité (CEA) mais ne prononce pas aussi clairement et favorablement pour une autre possibilité. Le choix de la TVA sociale n’est pas privilégié par le COE.
 
« En conclusion, le COE estime que la réforme de l'assiette du financement de la protection sociale doit prendre place dans une réflexion qui privilégie cohérence et durée. Il souhaite que la décision en la matière soit « éclairée par des analyses aboutissant à un diagnostic aussi partagé que possible sur les causes particulières du chômage français et sur leur importance respective ». Aussi, le Conseil d'orientation pour l'emploi entend-il poursuivre ses travaux dans ce domaine. »
 
L'avis du Conseil d'analyse économique
 
L'avis du Conseil d'analyse économique, rendu le 27 juillet 2006, se compose d'une synthèse, rédigée par MM. Christian de Boissieu et Roger Guesnerie, accompagnée de sept contributions personnelles de certains membres (CF. ci-dessous).
 
Pour le CAE, « les outils de moyen/long terme utilisés par le groupe de travail pour effectuer ses simulations sont assez frustes. Il note, en particulier, que la modélisation de l'incidence à long terme de la TVA sociale a semblé plutôt sommaire. » La comparaison internationale est absente des réflexions alors que « la concurrence fiscale est mondiale, et pas seulement européenne, et qu'il serait dangereux d'en faire abstraction (…) lors de l'étude des coûts/avantages des différentes formules évoquées (y compris le statu quo) ».
 
Le CAE estime que « la voie de la TVA sociale doit faire l'objet d'études complémentaires. » De surcroît, « compte tenu de son taux moyen, la France ne dispose pas de la même marge de manoeuvre que l'Allemagne. Faudrait-il alors se concentrer sur un relèvement du taux réduit de TVA ? Ce point est loin de faire l'unanimité même parmi les partisans de la TVA sociale ».
 
La synthèse du CAE considère que « modifier l'architecture des prélèvements sociaux invite à s'interroger sur les logiques et les fonctions du système de protection (notions de salaire différé, de salaire de remplacement, de financement d'un service public comme dans le cas de la santé), suivant une approche d'économie politique, et note que « la différence des fonctions est susceptible de justifier des modes de prélèvement différent ».
 
En résumé, la synthèse des 7 notes du CAE pose plus de questions qu’elle n’apporte de réponses. Le CAE « n'est pas convaincu de l'intérêt d'un élargissement de l'assiette des cotisations qui s'effectuerait par le biais d'une cotisation sur la valeur ajoutée ou d'une de ses variantes,  le statu quo a la faveur de nombre de membres du conseil ;quitte à élargir l'assiette des cotisations patronales, le CAE est partagé entre les économistes qui plaident pour la TVA sociale, ceux qui prônent une augmentation de l'IS effectif et ceux qui préfèrent un relèvement de la CSG ; des études complémentaires sont nécessaires, en particulier s'agissant des effets de la TVA sociale, qui a suscité l'intérêt des membres du conseil.
Deux points de convergence entre économistes sont mis en évidence :il serait dangereux de compliquer un système fiscal et parafiscal déjà fort complexe et peu lisible ;il faut être attentif à la dimension européenne des stratégies fiscales : l'avis se demande ainsi s'il est souhaitable, et si oui comment, de coordonner le financement des dépenses sociales en Europe.
 
L'avis du Centre d'analyse stratégique
 
La synthèse du CAS est en fait une synthèse des travaux du COE et du CAE. Il reste « souhaitable de poursuivre le mouvement de fiscalisation du financement de la protection sociale engagé depuis 15 ans, tout en confortant les avancées réalisées pour réduire le coût du travail. »
La réforme du financement de la protection sociale « doit s'inscrire dans un mouvement d'ensemble, prévisible et continu, et tenir compte des stratégies de réforme mises en oeuvre par nos principaux partenaires et concurrents ».
 
« La fiscalisation du système de protection sociale doit s'accompagner d'une réflexion sur la gouvernance, incluant les régimes complémentaires et le régime d'assurance chômage. »
 
Le CAS insiste également sur « la nécessité de poursuivre les réflexions et d'affiner les modèles de simulation », d’autant plus que les analyses portent sur les effets à long terme. « Toute réforme majeure du mode de financement du système de protection sociale doit reposer sur une analyse structurelle de celui-ci, notamment de la philosophie qui le sous-tend, ainsi que sur une analyse comparative, afin d'intégrer les stratégies des autres Etats membres de l'Union européenne. »
 
Selon Philippe MARINI, (Sénat), rédacteur du rapport « Quels prélèvements obligatoires ? Pour quels besoins collectifs? »,  la logique de la TVA sociale sort renforcée des analyses menées par les différents groupes de travail et conseils et doit faire l'objet de simulations complémentaires.
 
Liens :
Les contributions personnelles de certains membres du CAE
 
 
 
 
 
 
 
 
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Dimanche 24 juin 2007
par David MOUREY publié dans : Actualité de la recherche
Vous trouverez ci-dessous quelques liens utiles pour une documentation de qualité sur des sujets économiques et sociaux fondamentaux.
  
Actualité d’e l’OFCE
 
Tony Blair quittera son fauteuil de Premier ministre le 27 juin 2007, dix ans après avoir été nommé pour la première fois à ce poste et laissera la place à Gordon Brown, chancelier de l’Echiquier aussi depuis 10 ans. Sans avoir atteint le record de durée de Margaret Thatcher (11 ans et 209 jours), Tony Blair aura cependant réussi à conduire trois fois de suite le New Labour au pouvoir. Le bilan économique est dans l’ensemble positif, même si les points forts ne sont peut-être pas ceux que l’on croit…
 
Actualité du CAE
 
Rapports du CAE, le Conseil d’analyse économique
 
 
Edward Arkwright, Christian de Boissieu, Jean-Hervé Lorenzi et Julien Samson Avril 2007
 
 
 
 
 La dernière lettre du CAE
 
 
 
Actualité du CEPII
 
 Lettre du CEPII : N°266
Zone euro : les politiques macroéconomiques sous contrainte
Le rapport d’activité 2006
 
Panorama de l'économie mondiale CHELEM
 
Ce panorama est réalisé à partir de l’exploitation de la banque de données, comptes harmonisés sur les échanges et l’économie mondiale, CHELEM  
L’objet de ce panorama est d’apporter un éclairage sur les mutations de l’économie mondiale observées sur le long terme et sur la façon dont les nations y ont participé. Les trajectoires de près de quarante années y seront présentées : de 1960 à 2005 pour les PIB, de 1967 à 2005 pour le commerce international et les échanges de services. La première partie, présentée ici, décrit les transformations observées dans la hiérarchie mondiale des poids économiques et démographiques ainsi que des niveaux de développement des nations.
La deuxième partie sera consacrée aux échanges. On y lira le rôle croissant des échanges de biens et services dans la production mondiale et l’évolution des grands équilibres et déséquilibres commerciaux et financiers. Dans une troisième partie, les échanges de biens et services, miroir et facteur des restructurations globales et nationales, feront l’objet d’une analyse détaillée. D’une part, on mesurera l’évolution du poids des différents secteurs et filières. D’autre part, on portera l’attention sur leur répartition géographique. Enfin sera présentée l’évolution des spécialisations - en termes d’avantages comparatifs notamment - pour quelques grands pays.