David MOUREY

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David MOUREY
Pontault-Combault (77340)
  Professeur de Sciences Economiques et Sociales

 
La démocratie exige le débat
 
L’objectif de ce blog est de tenter de valoriser le débat et la démocratie. Certes, l’objectif est ambitieux mais l’ampleur de l’enjeu ne doit pas nous conduire à la résignation. Nous devons nous en donner les moyens.
   
Voir l'article :   "De l’importance du débat dans une démocratie moderne"
   
« J’apprends beaucoup des gens avec qui je suis en désaccord,
j’apprends très peu des gens avec qui je suis d’emblée en accord.
C’est normal car être en désaccord implique de comprendre
la nature, la valeur, la profondeur de l’argument
qui est utilisé dans le débat. »
.
   CONFERENCE DE JEAN-PAUL FITOUSSI, Mercredi 20 avril 2005
.
Mercredi 29 août 2007
par David MOUREY publié dans : Egalité et Equité
 
J’ai découvert, au début de l’été, entre fin juin et début juillet, les travaux d’un jeune économiste qui met en perspective les recherches du Prix Nobel d’économie 1998, Amartya SEN.
 
Alexandre BERTIN est Docteur en Economie (Ph-D in Economics) et Chercheur associé au GREThA (Research Associate) à l’université de Bordeaux.
 
Il s’est spécialisé dans la mise en perspective des travaux d’Amartya SEN. C’est vraiment très  intéressant. Tous les grands thèmes de recherche de Sen sont passés en revue : Démocratie, libertés, égalités, équité, capabilités, pauvreté....
 
Au lieu de se limiter aux critiques habituelles sur les travaux de SEN, lequel ne ferait que réactualiser les outils micro-économiques de la théorie néoclassique (théorie maudite selon certains…), Alexandre BERTIN cherche à mettre en évidence les champs de recherche que peut ouvrir, par exemple, l’approche par les capabilités.
 
Cette approche permettrait de repenser fondamentalement la question des indicateurs de pauvreté, de répondre autrement à la question de la justice sociale et de reconsidérer les bases d’une démocratie moderne.
 
Néanmoins, j’ajouterais, qu’Alexandre BERTIN, en chercheur soucieux de la plus grande objectivité possible, n’hésite pas à porter des critiques sur les propositions d’un auteur qu’il apprécie et à pointer les faiblesses majeures de quelques raisonnements.
 
J’en veux pour preuve la première « Note de lecture » qu’il propose sur un blog ad hoc et qui porte sur l’ouvrage d’Amartya SEN : « Identité et violence ».
 
Je conseille donc à chaque lecteur de mon blog, de se rendre sur le site et sur le blog de ce jeune chercheur prometteur afin de remettre en question ses conceptions sur la démocratie, la liberté, l’égalité…..
 
Le site d’Alexandre Bertin : cliquez ici 
 
 
Le Blog d’Alexandre Bertin : Note de lecture
  
Note de lecture... pour une liberté de critiquer
 
 
 
Quelques extraits des travaux d’Alexandre BERTIN
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Pauvreté multidimensionnelle et capabilités
 
« L'analyse économique de la pauvreté est aujourd'hui à un moment charnière : si les approches multidimensionnelles ont acquis un certain niveau de reconnaissance dans les cercles universitaires et institutionnels, il n'en reste pas moins que les orientations de politiques économiques focalisent encore les programmes de lutte contre la pauvreté sur le seul aspect monétaire. Les raisons principalement invoquées sont la facilité avec laquelle les analyses monétaires identifient les ménages pauvres ainsi que la mise en oeuvre rapide des transferts de fonds envers les plus pauvres. Toutefois, il est aujourd'hui nécessaire de s'interroger sur l'efficacité du ciblage des populations en utilisant le seul critère monétaire. L'approche par les capabilités, en proposant un critère multidimensionnel pour évaluer le bien-être des individus permet de dépasser les limites inhérentes à une approche purement monétaire. Cependant, la question de la mesure des capabilités reste entière. … ».
 
Documents liés à cette page : Thèse de doctorat
 
Pauvreté multidimensionnelle et capabilités, lire la suite ici : Accéder à la page
 
 
Théories contemporaines du développement humain
 
« Depuis le début des années 1990 et suite à la grave crise de la dette qu'ont traversé les pays du Sud, les politiques de développement ont commencé à prendre en compte, dans leurs orientations et leurs programmes, les impasses liées à la croissance économique ultra-libérale. Les conséquences sociales des Programmes d'ajustement structurel et l'inefficacité des filets de protection sociale sur les plus démunis ont amené les Institutions Internationales, et le PNUD en tête, à introduire dans leur réflexion des idées alternatives. Si depuis F. Perroux nous savons que croissance et développement ne sont pas équivalents, l'introduction des idées proposées par Amartya Sen pour repenser le développement sur des bases plus 'humaines' permettent de placer l'être humain au coeur des préoccupations politiques, sociales et économiques.Le principal objectif du développement humain " est d'élargir la gamme des choix offerts à la population, qui permettent de rendre le développement plus démocratique et plus participatif. Ces choix doivent 'comprendre des possibilités d'accéder aux revenus et à l'emploi, à l'éducation et aux soins de santé et' à un environnement propre ne présentant pas de danger. L'individu doit également avoir la possibilité de participer pleinement aux décisions de la communauté et de jouir des libertés humaines, économiques et politiques." d'après le PNUD. Cette définition rejoint celle proposée par Amartya Sen dans son Nouveau Modèle Economique et dans l'ensemble de son oeuvre…. »
 
Documents liés à cette page :
 
 
 
 
 
 
 
Théories contemporaines du développement humain, lire la suite ici : Accéder à la page
 
 
Economie politique de l'approche par les capabilités
 
« L'approche par les capabilités, volontairement incomplète dans la version originelle d'Amartya Sen, ne propose pas de théorie de la justice au sens de Rawls, mais un cadre d'analyse de l'état d'une société et de la qualité de vie des individus qui la composent. Le caractère incomplet de l'approche repose sur l'absence d'une liste définitive d'éléments constitutifs de la qualité de vie d'un individu. Si la capabilité reste le critère central, Sen refuse d'établir un ensemble de capabilités à partir duquel il serait possible de comparer le bien-être d'individus disparates et dont les buts sont aussi différents que les raisons qu'ils ont de vouloir les atteindre. Si certains lui reprochent cette absence de volontarisme dans l'établissement d'une telle liste, à l'image de Martha Nussbaum, qui pour sa part, propose une liste de dix capabilités humaines centrales, universellement partagées, Sen refuse d'endosser une position paternaliste et universaliste qui ignorerait la pluralité des buts et des identités des individus et des valeurs auxquels ils adhèrent.
Sen n'est toutefois pas hostile à toute idée de liste, dès lors que celle-ci est socialement construite sur la base d'un débat démocratique et participatif. Il reconnait même, en 1993, qu'il existerait une liste minimale d'éléments vitaux nécessaires à l'individu pour échapper à la pauvreté et à une mort certaines. Toutefois, la force de l'approche par les capabilités repose sur la possibilité d'établir une liste en fonction de la culture, des coutumes et de normes en vigueur dans la société étudiées. Ainsi, quels que soient les éléments composant la liste, il est possible de juger du bien-être humain sur la base des capabilités. Il est également possible de juger de la société à partir de l'ensemble des capabilités qui sont valorisées dans la société.
C'est à partir de cette liste contextualisée qu'il est également possible de proposer des critères de justice…. »
 
Documents, en cours, liés à cette page :
 
Liberté, égalité et capabilités: l'apport d'Amartya Sen aux questions d'inégalités
 
L'approche par les capabilités d'Amartya Sen : une nouvelle voie pour le socialisme libéral
 
Economie politique de l'approche par les capabilités, lire la suite ici : Accéder à la page 
 
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Lundi 27 août 2007
par David MOUREY publié dans : Croissance économique
 
Le Conseil des ministres du 24 août 2007 a officialisé l’institution d’une « Commission pour la libération de la croissance française ».
 
La mise en place de cette commission avait été annoncée par le Président de la république Nicolas Sarkozy le 20 juin.
 
Cette commission sera présidée par Jacques Attali. Elle a été instituée par un décret adopté le 24 août en Conseil des ministres.
 
Missions
 
Sa mission est de trouver les moyens de lever les freins à la croissance et faire des propositions pour :
 
 - augmenter le pouvoir d’achat des Français
 - améliorer le fonctionnement du marché des biens et des services
 - renforcer le dynamisme et la mobilité de l’emploi, ainsi que le taux d’activité
 - identifier les actions et réformes à mener
 
Calendrier
 
Le calendrier est le suivant :
 - installation officielle de la commission le 30 août par le président de la République
 - remise d’un rapport avant la fin 2007.
 
Site internet de la commission
 
Un site internet sera ouvert, à partir du 30 août, à l’adresse www.liberationdelacroissance.fr, sur lequel s’exprimeront les membres de la commission et les internautes souhaitant participer aux réflexions.
 
« Cette commission, dont la création a été annoncée le 20 juin dernier par le président de la République, est chargée d’examiner les conditions d’une libération de la croissance française, à l’image du comité d’experts qui avait abouti à la publication en 1960 du "Rapport du Comité pour la suppression des obstacles à l’expansion économique" de Jacques Rueff et Louis Armand.
Elle a pour mission de rechercher les moyens d’améliorer la compétitivité et la productivité de l’économie française afin d’assurer une meilleure insertion de la France dans l’économie mondiale et européenne. Elle analysera les obstacles auxquels se heurtent les projets d’investissement et de développement des entreprises, en particulier les petites et moyennes entreprises. Elle examinera les simplifications de procédures qui apparaissent nécessaires et recherchera les leviers permettant d’améliorer l’impact des politiques économiques et réglementaires sur les comportements des ménages et des entrepreneurs et sur la croissance.
Elle formulera des propositions en vue d’augmenter le pouvoir d’achat des Français, d’améliorer le fonctionnement du marché des biens et des services et de renforcer le dynamisme et la mobilité de l’emploi, ainsi que le taux d’activité. Elle identifiera les actions et réformes à mener, incluant des mécanismes innovants permettant d’emporter l’adhésion des acteurs concernés. »
 
La commission, présidée par M. Jacques Attali, rassemble de nombreuses personnalités françaises et étrangères disposant d’une expertise affirmée en matière économique et sociale.
 
Membres de la commission 
 
M. Jacques ATTALI, président de PlaNet Finance, est nommé président de la commission.
 
Les 43 personnalités qui la composent, françaises et étrangères, proviennent d’horizons divers : professeurs, anciens ministres, chefs d’entreprise, personnalités de la société civile, économistes, avocats, ingénieurs, parlementaires, consultants, journalistes, écrivains... Répartis en sous-commissions, ils se réuniront deux fois par mois en commission plénière.
 
Un tableau par catégories des membres de la commission
 
Dans le tableau ci-dessous, j’ai classé les membres de la commission par catégories.
On dénombre, sur 43 membres, 5 économistes, 18 dirigeants d’entreprises, 10 personnalités politiques, syndicales… en France ou à l’étranger et enfin, 10 autres personnalités dont les liens avec l’économie sont plus ou moins « étroits ».
 
Les économistes sont largement minoritaires
 
Les économistes sont très largement minoritaires dans cette commission dont la réflexion est relève d’abord de l’analyse économique. C’est un peu surprenant. Pais attendons de voir la suite.
Que des dirigeants d’entreprises soient présents, c’est tout à fait normal, mais ils semblent surreprésentés par rapport aux économistes.
Les représentants des syndicats sont peu présents.
Parmi les personnalités politiques diverses, certains noms sont déjà apparus dans des rapports économiques….
Enfin, la présence de journaliste, d’écrivains, médecin, avocats,… me laisse un peu perplexe.
 
La croissance et le fonctionnement de l’économie ne sont pas l’affaire des seuls économistes. Cela étant, les économistes comprennent probablement mieux les questions économiques que les médecins, les avocats, les écrivains,…  A chacun ses spécialités, non ? A ma connaissance, pour les rapports juridiques, médicaux,…, les économistes sont-ils invités à participer aux travaux des différentes commissions ?
 
 
Economistes
Dirigeants d’entreprises
Personnalités politiques, syndicales…
 
Divers
Journalistes, écrivains, avocats…
 
M. Philippe AGHION
M. Christian de BOISSIEU
M. Jean-Philippe COTIS
Mme Michèle DEBONNEUIL
M. Jacques DELPLA
 
 
 
 
M. Claude BEBEAR
M. Jihad BELAMRI
M. Stéphane BOUJNAH
M. Peter BRABECK-LETMATHE
M. René CARRO
M. Pierre FERRACCI
M. Xavier FONTANET
M. Pehr G. GYLLENHAMMAR
M. Eric LABAYE
Mme Anne LAUVERGEON
M. Pierre NANTERME
M. Geoffroy ROUX DE BEZIEUX
Mme Dominique SENEQUIER
M. Pierre Sébastien THILL
M Philippe TILLOUS-BORDE
M. Jean-Noël TRONC
M. Serge WEINBERG
Mme Dinah WEISSMANN
 
 
M. Franco BASSANINI
 
Mme Evelyne GEBHARDT
M. Jean KASPAR
M. Jean-Pierre LANDAU
 
M. Bruno LASSERRE
Mme Reine-Claude MADER SAUSSAYE
M. Mario MONTI
M. François VILLEROY DE GALHAU
M. Michel de VIRVILLE
Mme Josseline de CLAUSADE
 
 
M. Boris CYRULNIK
 
M. Jean-Michel DARROIS
Mme Marion GUILLOU
Mme Nathalie HANET
M. Yves de KERDREL
M. Eric LE BOUCHER
M. Hervé LE BRAS,
M. Erik ORSENNA
Mme Ana de PALACIO VALLELERSUNDI
M. Theodore ZELDIN
 
 
 
 
La liste par ordre alphabétique
 
M. Philippe AGHION, professeur d’économie à l’université Harvard (Etats-Unis), membre  du Conseil d’analyse économique ;
M. Franco BASSANINI, ancien ministre du gouvernement de la République d’Italie ;
M. Claude BEBEAR, président de l’Institut Montaigne ;
M. Jihad BELAMRI, président directeur général de BEE ;
M. Christian de BOISSIEU, professeur d’économie, président délégué du Conseil d’analyse économique, membre du Conseil d’orientation pour l’emploi ;
M. Stéphane BOUJNAH, managing director de Deutsche Bank ;
M. Peter BRABECK-LETMATHE, président directeur général de Nestlé SA ;
M. Boris CYRULNIK, médecin, neurologue et psychiatre ;
M. René CARRON, président de Crédit Agricole SA ;
M. Jean-Philippe COTIS, économiste en chef de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) ;
M. Jean-Michel DARROIS, avocat ;
Mme Michèle DEBONNEUIL, nommée dans des fonctions d’inspecteur général des finances, membre du Conseil d’analyse économique, membre du Conseil de l’emploi, des revenus et de la cohésion sociale ;
M. Jacques DELPLA, économiste, membre du Conseil d’analyse économique ;
M. Pierre FERRACCI, président du groupe ALPHA ;
M. Xavier FONTANET, ingénieur civil des ponts et chaussées, président directeur général de Essilor International ;
Mme Evelyne GEBHARDT, représentant au Parlement européen (Allemagne) ;
M. Pehr G. GYLLENHAMMAR, président de Kinnevik, président de la Banque maritime suédoise, ancien président de Volvo ;
Mme Marion GUILLOU, ingénieur général du génie rural, des eaux et des forêts, présidente directrice générale de l’Institut national de recherche agronomique (INRA) ;
Mme Nathalie HANET, secrétaire générale du COORACE, Fédération des comités et organismes d’aide aux chômeurs par l’emploi ;
M. Jean KASPAR, consultant, ancien secrétaire général de la Confédération française démocratique du travail (CFDT) ;
M. Yves de KERDREL, journaliste ;
M. Eric LABAYE, directeur général associé de McKinsey au bureau de Paris ;
M. Jean-Pierre LANDAU, inspecteur général des finances, sous-gouverneur de la Banque de France ;
Mme Anne LAUVERGEON, présidente du directoire d’Areva ;
M. Bruno LASSERRE, conseiller d’Etat, président du Conseil de la concurrence ;
M. Eric LE BOUCHER, journaliste ;
M. Hervé LE BRAS, démographe, directeur d’études à l’Ecole des hautes études en sciences sociales ;
Mme Reine-Claude MADER SAUSSAYE, présidente de la Confédération de la consommation, du logement et du cadre de vie, membre du Conseil de la concurrence ;
M. Mario MONTI, président de l’université Bocconi de Milan (Italie), ancien commissaire européen ;
M. Pierre NANTERME, président de Accenture ;
M. Erik ORSENNA, écrivain, membre de l’Académie française, conseiller d’Etat ;
Mme Ana de PALACIO VALLELERSUNDI, avocat, professeur d’université, premier vice- président et conseiller juridique de la Banque mondiale, ancienne ministre du gouvernement du Royaume d’Espagne ;
M. Geoffroy ROUX DE BEZIEUX, président directeur général de Virgin Mobile France, président de CroissancePlus ;
Mme Dominique SENEQUIER, présidente du directoire d’AXA Private Equity ;
M. Pierre Sébastien THILL, président du directoire CMS Bureau Francis Lefebvre ;
M Philippe TILLOUS-BORDE, président de Saipol et de Diester Industrie ;
M. Jean-Noël TRONC, directeur général et membre du comité exécutif d’Orange France ;
M. François VILLEROY DE GALHAU, inspecteur général des finances, président directeur général de Cetelem ;
M. Michel de VIRVILLE, conseiller maître à la Cour des comptes, secrétaire général et responsable de la performance des fonctions support du groupe Renault ;
M. Serge WEINBERG, président du conseil d’administration et président du conseil stratégique d’Accor ;
Mme Dinah WEISSMANN, présidente directrice générale de Biocortech ;
M. Theodore ZELDIN, écrivain, sociologue, historien, doyen du Saint Anthony’s college d’Oxford (Grande-Bretagne).
Mme Josseline de CLAUSADE, conseiller d’Etat, est nommée rapporteur général de la commission. M. Emmanuel MACRON, inspecteur des finances, est nommé rapporteur général adjoint.
 
 A consulter
 
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Lundi 27 août 2007
par David MOUREY publié dans : Démocratie
 
L’ancien Premier Ministre Raymond Barre vient de décéder. Je suis un peu triste de voir disparaître un ancien haut dirigeant politique qui a œuvré directement pour qu’il existe en France de nombreux instituts de recherche en économie, indépendants et devant alimenter le débat économique.
 
En tant que professeur de « sciences économiques et sociales », j’enseigne au lycée quelques rudiments en économie. De surcroît, à travers ce blog et les conférences et débats que j’organise avec les meilleurs économistes de France, pour des centaines d’élèves et mes concitoyens de Pontault-Combault, je cherche à défendre et à promouvoir au mieux, le débat d’idée, la libre discussion en économie, en particulier. J’utilise, dans ces conditions abondamment les documents de ces organismes que je vais présenter.
 
Alors qu’aujourd’hui, certains dirigeants comme Jean-François COPE se demandent s’il ne faudrait pas supprimer quelques organismes de recherche comme le CAE, le CAS et donc pourquoi pas l’OFCE, le CEPII,… il me semble indispensable de rappeler le rôle fondamental de Raymond BARRE en ce qui concerne la mise en place de ces instituts.
 
Le CEPII
 
Le CEPII, Centre d'études prospectives et d'informations internationales, a été par un décret du 20 mars 1978, suite à la volonté de M. Raymond Barre, Premier Ministre, de diversifier et renforcer l’offre en matière d’information et d’analyse économiques. « Il est le principal centre français d'étude et de recherche en économie internationale. Placé auprès du Centre d'analyse stratégique, cet organisme public, réunit une équipe d'une cinquantaine de personnes dont une trentaine d'économistes. L’indépendance du CEPII a été garantie par l’existence d’un Conseil scientifique qui se prononce sur les orientations stratégiques des travaux. Le Conseil est composé de responsables des administrations et de personnalités issues des entreprises, des organisations syndicales et de l'Université. » La directrice du CEPII est aujourd’hui Agnes BENASSY-QUERE, directrice du CEPII depuis juillet 2006, elle a succédé à Lionel Fontagné.
 
NB : Contrairement à l’Observatoire Français des Conjonctures Économiques (OFCE), dont le statut garantit l’indépendance, le CEPII fut « placé » par le décret du 20 mars 1978 « auprès du Commissariat général du Plan ». Depuis, le Centre d’analyse stratégique, créé par décret en date du 6 mars 2006, a succédé au Commissariat général du Plan.
 
L’OFCE
 
En 1981, l’OFCE, Observatoire français de conjonctures économiques, a été créé à l'initiative de Raymond Barre et mis en place par le gouvernement de Pierre Mauroypar décret au sein de la FNSP, Fondation nationale des sciences politiques. « Fondé et présidé par Jean-Marcel Jeanneney, il est présidé depuis 1990 par Jean-Paul Fitoussi, qui préside également le Conseil scientifique de Sciences Po. Une convention pluriannuelle de six ans, conclue entre le Premier ministre et la FNSP, lui donne la stabilité nécessaire à l’accomplissement de ses missions. La spécificité de l’OFCE est d’être à la fois un institut de recherche et de prévision. Il a notamment pour mission l’étude des économies françaises et européennes dans leur contexte international et la réalisation de prévisions économiques à court, moyen et long terme. »
 
L’IRES
 
L'IRES, Institut de recherche économique et sociale, est aussi né de la volonté de Raymond Barre. L'IRES a pour fonction de répondre aux besoins exprimés par les organisations syndicales représentatives dans le domaine de la recherche économique et sociale.
 
REXECODE
 
Enfin, l’organisme Rexecode a également été crée sur une initiative de Raymond Barre. Rexecode est organisme indépendant dirigé par Michel Didier, l'un des économistes que Jospin avait nommé membre en 1998 du conseil d’analyse économique. Rexecode a fusionné, en septembre 2006, avec le centre d'observation économique (COE) de la Chambre de commerce et d'industrie de Paris. L’objectif étant de créer un concurrent pour l'OFCE, « réputé » à gauche.
 
Il faut noter et retenir que de nombreux membres de ces instituts, OFCE, CEPII, Rexecode, IRES, sont membres ou ont été membres du Conseil d'analyse économique (CAE) crée par Lionel Jospin, en 1997, lequel a pour mission d'«éclairer, par la confrontation des points de vue et des analyses, les choix du gouvernement en matière économique».
 
Je crois que ces brefs rappels sont suffisamment clairs pour reconnaître à l’ancien premier ministre une influence majeuredans le développement et la promotion de la recherche et du débat en économie.
 
Je me souviendrai également longtemps de ma participation, en tant qu’auditeur, à un colloque du CEPII au cours de l’année scolaire 19999-2000 qui s’était clôturé par l’intervention de Raymond BARRE. Avant son intervention, mes préjugés plutôt négatifs me rendaient méfiant. J’étais impatient que se termine l’intervention d’un dirigeant politique, forcément adepte de la langue de bois… Mais, je me suis dit, attendons et écoutons. J’ai écouté, attentivement,… et in fine, j’ai été impressionné et très intéressé par le contenu du discours de Raymond BARRE sur l’économie française et l’économie mondiale.
 
Il a fait preuve d’un grand recul théorique et empirique sur des questions complexes. Quelle capacité assez rare avait-il de pouvoir capter l’attention de ceux qui écoutaient. Bref, j’ai passé un bon moment et je suis heureux d’avoir pu écouter ce discours en direct, ce jour là. Il reste aujourd’hui un des plus agréable intervenant que j’ai pu écouter dans les nombreuse conférences, débats, colloques, … auxquels j’ai pu assister depuis des années.
 
Démocratie, débat et pluralisme
 
Je souhaite donc adresser un grand merci à ce dirigeant politique qui a souhaité et qui a œuvré activement pour développer la recherche en économie en France, afin d’y favoriser le débat en améliorant la diffusion de la culture économique.
 
J’espère que les dirigeants actuels ne détruiront pas ces organismes, et d’autres, qui contribuent aujourd’hui à nous fournir une information de qualité sur le fonctionnement de l’économie et de la société. Bravo également à Lionel JOSPIN pour avoir crée en 1997 le Conseil d’analyse économique(CAE), qui est sans équivalent en France et qui produit des rapports d’une grande qualité sur des sujets au cœur de l’actualité économique et sociale.
 
La libre discussion a besoin de recherches produites et diffusées par ces organismes et la démocratie ne peut s’en passer.
 
Pour conclure, je vous propose également quelques extraits d’une interview qu’avait accordé Raymond BARRE au journal le FIGARO, le 10 juin 2002. Vous pourrez trouver l’intégralité de cette interview ici :
 
 
 
Raymond Barre
 
«Il manque une pédagogie nationale»
Le Figaro, le 10 juin 2002
Propos recueillis par M.-L. B.
 
Les Français ont-ils selon vous un niveau de culture économique plus faible que celui de leurs voisins ?
 
Je le pense. J'y vois trois raisons. D'abord, les Français n'ont jamais considéré qu'une activité économique, notamment celle de l'entreprise, était essentielle. (..) De plus, ils croyaient à l'efficacité des contrôles par l'Etat. Enfin, les Français se sont longtemps peu intéressés à la façon dont les économies étrangères s'adaptaient au changement du monde.
 
Ce défaut d'adaptation persiste-t-il aujourd'hui ?
 
Bien sûr. On le voit notamment dans l'organisation des relations sociales et dans les règles de plus en plus complexes qui empêchent les ajustements indispensables aux entreprises. (… )
 
Comment améliorer la pédagogie en la matière ?
 
(…) Je comprends les mouvements de protestation des étudiants d'économie en juin 2000 sur l'abondance de mathématiques et salue le rapport de Jean-Paul Fitoussi sur le sujet.
 
Certains reprochent à la France son approche trop théorique de l'économie, contrairement aux Etats-Unis par exemple. Partagez-vous ce point de vue ?
 
On ne peut opposer ces deux approches. (…) Il faut toujours avoir le souci de combiner l'analyse théorique de base, l'histoire des idées économiques et celle des faits à partir desquels s'élaborent les politiques économiques. C'est ce qui, à mon sens, a fait le succès de mes ouvrages.
 
Est-ce la raison qui vous a conduit à créer des instituts indépendants ?
 
En fait, j'avais été frappé lors de mes voyages à l'étranger par le rôle des instituts orientés vers une étude objective et indépendante des problèmes de l'économie mais aussi de la politique étrangère. A Matignon, j'ai donc décidé, avec mon ami Jean-Claude Casanova, de mettre en place, au côté de l'Institut français des relations internationales, trois instituts d'économie : l'Office français des conjonctures économiques (OFCE), de type universitaire, Rexecode, proche du patronat et l'Institut de recherche économique et sociale (Ires), au service des syndicats. Ainsi la diversité des points de vue a été prise en compte alors que l'Insee disposait jusqu'à là d'une sorte de monopole.
 
La dernière phrase est vraiment lourde de sens. Je partage totalement ce point de vue et je l’ai déjà exprimé à plusieurs reprises, dans différents billets rappelés ci-dessous.
 
 
A consulter
 
 
 
CEPII Centre d'Études Prospectives et d'Informations Internationales
 
OFCE
 
Coe-Rexecode
 
CAE Conseil d’analyse économique
 
CAS Centre d’analyse stratégique
 
IRES 
Institut de recherche économique et sociale
 
 
 
 
 
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Vendredi 24 août 2007
par David MOUREY publié dans : Crises Financières
 
Boom, bulle, krack, crise
 
« Il faut avoir le pessimisme de la raison et l’optimisme de la volonté »
Michel Barat
 
Remarques préliminaires
 
Dans un court billet, j’ai voulu répertorier les articles proposés sur divers blogs et qui permettent d’expliciter les différents aspects de la crise des crédits hypothécaires, les « subprime », aux Etats-Unis. Etant donné, la qualité des textes proposés, il me semble inutile d’être redondant. J’ai donc souhaité présenter sommairement tous ces articles. Si certains lecteurs ont trouvé d’autres articles utiles à la compréhension de cette crise, qu’ils me le disent, je rajouterai des liens.
 
 
En ce qui me concerne, je souhaite aborder la question d’un autre point de vue.
 
Crise financière,… ou crise réelle ?
 
Selon les cassandres, nous sommes probablement à l’aube, au minimum, d’une récession économique généralisée à la plupart des pays développés et émergents de la planète, en raison de la crise financière qui a démarré aux Etats-Unis avec la crise du crédit à risque, le « subprime ». En revanche, selon des analyses plus optimistes, il s’agit simplement d’une période d’ajustement inhérente aux « exubérances irrationnelles » passées, aux excès passés.
Alors, sommes nous au début d’une crise économique internationale profonde ? Ou bien, nous trouvons nous dans une phase de transition, entre deux équilibres, par définition instable ?
 
Pour répondre à cette question, ou au moins  tenter d’y apporter quelques réponses, on peut commencer par se demander pourquoi les crises financières suscitent toujours tant de craintes, éveillent tant de passions, ouvrent tant débats ?
 
La première réponse, immédiate, est partiellement contenue dans la question posée dans le titre. En effet, pourquoi cette question introductive n’en est pas vraiment une ?
 
Tout simplement parce que les crises financières ont (toujours et forcément) des effets réels ! Si tel n’était pas le cas, le sujet serait probablement moins étudié et chacun d’entre nous s’interrogerait moins sur les effets (réels) potentiels de ces crises qualifiés de financières.
 
Sphère réelle et sphère financière : déconnexion ?
 
La question de la connexion/déconnexion entre la sphère financière et la sphère réelle de l’économie est pourtant une question récurrente, que se posent les économistes, les dirigeants politiques, les dirigeants d’entreprises, les salariés, etc …
 
L’épisode actuel pourrait le montrer clairement et cruellement. Les erreurs de choix et de comportements des agents sur les marchés financiers et les déséquilibres financiers associés pourraient avoir des conséquences majeures sur les acteurs et leurs opérations dans l’économie réelle.
 
Les faillites bancaires, les défaillances successives d’organismes de crédit, les licenciements, les ménages devenus insolvables et en cessation de paiement, sont les premières preuves indiscutables de l’interdépendance entre les sphères réelles et financières de l’économie.
 
Toutes les crises financières, qu’il s’agisse d’une crise change, d’une crise bancaire, d’une crise de dette, d’une crise boursière, sont susceptibles de provoquer une récession, voire une dépression dans la sphère réelle.
 
Une interdépendance sans surprise
 
Cette interdépendance, entre les sphères réelle et financière, ne devrait pourtant surprendre personne car toutes les activités économiques, dans une économie capitaliste de marché doivent être financées.
 
La sphère réelle regroupe l’ensemble des activités de production et de répartition des biens et services, les opérations d’échanges des facteurs de production,… La sphère de la finance correspond à l’ensemble des opérations et des institutions permettant d’organiser les relations entre les agents qui disposent de capacités de financement avec ceux qui ont des besoins de financement.
 
Les opérations réelles sur les biens et les services (production et échange) les opérations sur les facteurs de production (le travail et le capital productif) nécessitent des moyens financiers. Toutes les activités économiques réelles nécessitent un financement préalable. Les échanges de capacité de financement entre les agents à besoin de financement (emprunteurs, débiteurs) et les agents à capacité de financement, sont la contrepartie indispensable des opérations dans la sphère réelle de l’économie. Par exemple, une entreprise devra emprunter pour invertir ou moment de sa création ou au cours de son activité. Un ménage devra emprunter pour un achat immobilier,…
 
D’un point de vue macroéconomique, l’épargne des ménages (agent structurellement préteur, c’est à dire disposant d’une capacité de financement), va permettre de financer les investissement des entreprise et des administrations (agents structurellement emprunteurs). Il y a donc dans notre économie des agents qui sont des créanciers structurels et d’autres qui sont des débiteurs structurels.
 
Comme, de surcroît, nos économies sont des économies monétaires, les échanges financiers et réels sont libellés et réalisés en monnaie.  D’où l’importance de la valeur interne et de la valeur externe de la monnaie pour stabilité du système. Les déséquilibres monétaires peuvent être la cause ou la conséquence de déséquilibres financiers et/ou réels.
 
Dans ces conditions, lorsque la croissance économique ralentie, cela signifie que la croissance la production intérieure brute (PIB) est plus lente. Les besoins en main d’œuvre sont moindres et le chômage augmente entraînant dans son sillage tout un cortège habituel d’inégalités. A fortiori, dans le cas d’une dépression, la production baisse et les difficultés économiques et sociales se renforcent. En outre, le ralentissement, voire la baisse, de l’investissement en capital productif peut contribuer à accélérer le processus récessif, ou dépressif.
 
Système et interdépendances
 
L’économie, nationale, régionale ou mondiale, prend donc la forme d’un système dans lequel les diverses composantes, les multiples éléments(agents et opérations) sont plus ou moins en interaction avec les autres composantes, éléments et avec le système lui même. En fait, depuis le début des années 80, diverses évolutions (révolutions pour certains) ont contribué à multiplier les phénomènes interactifs et donc la (sur)réactivité du système.
 
De la finance directe à la finance indirecte
 
En effet, les multiples révolutions financières quantitatives (phénomènes de capitalisation) et qualitatives (essor de nouveaux marchés et émergence de nouveaux acteurs), les processus de déréglementation, désintermédiation, décloisonnement et d’innovations, ont favorisé le passage d’une économie d’endettement (finance indirecte) à une économie de marchés financiers (-finance directe et titrisation).
 
Dans le cadre d’une économie d’endettement, les agents à capacité et à besoin de financement réalisent leurs opérations financières par le biais d’un intermédiaire financier (le plus souvent une banque) et dans le cadre d’une économie de marchés financiers, les deux catégories d’agents se rencontrent directement sur les différents marchés de capitaux. En théorie, cela se passe ainsi, mais on constate que les banques et les autres organismes financiers se sont adaptés à l’économie de finance directe et y jouent un rôle majeur et fondamental. Les banques restent au cœur du déclenchement de la crise du « subprime » aux Etats-Unis.
 
Cet essor de l’économie financière de marché est d’une telle ampleur que les montants échangés sur les différents marchés de capitaux (marchés financiers et marché monétaire) sont désormais sans commune mesure avec les opérations et les échanges dans l’économie réelle.Et cette nouvelle réalité pose, de facto, de nombreux problèmes.
 
Finance globalisée et autonomie de la sphère financière
 
Partant de ce constat, on peut se demander dans quelle mesure la finance reste au service de l’économie réelle, ou dans quelle mesure les marchés financiers sont-ils déconnectés, autonomes, de l’économie réelle.
 
En fait, il semble que la déconnexion existe surtout à court terme, mais que la connexion se rétablit à long terme.Pour autant, ce découplage de court terme n’est pas sans incidences durables par le biais d’un phénomène d’hyteresis selon lequel l’effet persiste alors que sa cause (le facteur déclencheur) a disparu. Dans le cas présent, les effets financiers et réels de la crise initiée par les défaillances du système du crédit « subprime », persistera plusieurs mois, voire plusieurs années, alors que les « mauvais créanciers » et les « mauvais débiteurs » auront déjà payé la note.
 
Boom, Mimétisme, Bulles spéculatives et Krack