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David MOUREY
Pontault-Combault (77340)
  Professeur de Sciences Economiques et Sociales

 
La démocratie exige le débat
 
L’objectif de ce blog est de tenter de valoriser le débat et la démocratie. Certes, l’objectif est ambitieux mais l’ampleur de l’enjeu ne doit pas nous conduire à la résignation. Nous devons nous en donner les moyens.
   
Voir l'article :   "De l’importance du débat dans une démocratie moderne"
   
« J’apprends beaucoup des gens avec qui je suis en désaccord,
j’apprends très peu des gens avec qui je suis d’emblée en accord.
C’est normal car être en désaccord implique de comprendre
la nature, la valeur, la profondeur de l’argument
qui est utilisé dans le débat. »
.
   CONFERENCE DE JEAN-PAUL FITOUSSI, Mercredi 20 avril 2005
.
Mercredi 31 octobre 2007
par David MOUREY publié dans : Finances publiques
 
Pour une fois, nous allons jouer sur ce blog.  
Qui a dit et dans quel ouvrage ?
 
Relisant des passages des différents débats sur la dette publique, ses causes et ses conséquences, et en particulier celui que j’ai organisé à Pontault-Combault le 17 avril 2007, j’ai relu dans un ouvrage les passages suivants. Je demande à chaque lecteur de me dire qui est l’auteur des extraits proposé ci-dessous.  Attention les titres avant chaque paragraphe relèvent de mon propre choix.
 
La lecture de ces quelques lignes suscite la réflexion surtout quand on en réflexion l’auteur.
 
Croissance molle et dette publique
 
« Les États qui se préoccupent, dans les années soixante, de conjurer la hausse des dépenses de l'État providence, d'endiguer les déficits publics, s'inquiètent en réalité de leurs effets sur l'inflation, ou sur la balance des paiements, mais rarement du risque que la hausse de la dette publique fait peser sur leur propre solvabilité. La croissance économique semblait en effet garantir que jamais le problème de l'insolvabilité de l'État ne se poserait. A titre d'exemple, la dette publique anglaise représentait, en 1960, plus de 100 % du P.I.B. En 1980, elle était descendue à 40 %, sans que l'État n'ait jamais dégagé d'excédents, mais simplement en vertu du fait que le dénominateur a toujours crû plus vite que le numérateur. C'est bien sûr cette aisance budgétaire due à une croissance rapide et à des taux d'intérêts bas qui explique que l'État ait eu tant de mal à contenir la hausse des dépenses. Les années de croissance ralentie, qui sont le lot des pays industriels depuis 1975, ont annulé cette logique (la hausse des taux d'intérêts qui résulte tout à la fois de ce ralentissement de la croissance et d'une nouvelle politique monétaire sera examinée au chapitre 4). Les pays dont la dette publique excède aujourd'hui 100 % du P.I.B. s'inquiètent de ne pouvoir la contenir. » (…)
 
Croissance économique et Etat-providence
 
« On mesure tout à coup que c'est la croissance économique qui a permis l'État providence, et non pas l'État providence qui a permis la croissance. En période de forte croissance, les actions de l'État sont gagées par la (forte) richesse à venir et le libèrent ainsi du risque de voir une génération répudier les créances accumulées par celles qui la précèdent. En période de faible croissance, en revanche, les actions de l'État retrouvent un poids dont le keynésianisme croyait l'avoir affranchi : la hausse de la dette de l'État (relativement au P.I.B.) fait obstacle à la poursuite ininterrompue des déficits publics. » (…)
 
De la soutenabilité de la dette publique
Et
du poids de prélèvements obligatoires
 
« Ce poids nouveau de la contrainte budgétaire publique est la grande rupture des années quatre-vingt et quatre-vingt-dix. L'État providence ne peut plus résoudre aujourd'hui ses difficultés par une fuite en avant comparable à celle qu'il a connue dans les années soixante. Le niveau atteint par les prélèvements obligatoires l'interdit tout autant que le ralentissement de la croissance et la concurrence (nouvelle) des marchés i financiers. Le déficit public, arme suprême de la politique keynésienne pour combattre la récession, se retourne contre ses inspirateurs : en période de croissance ralentie, il est difficile d'échapper au poids de la dette publique. Privé d'une croissance forte, l'État peut certainement stimuler l'activité en prolongeant les déficits. La politique économique de Reagan montre qu'il est en effet possible de stimuler de cette façon l'activité économique. Mais les années Reagan ont ruiné les marges d'action de ses successeurs. Désormais, et pendant au moins une décennie (qui sera l'envers de la décennie flamboyante de Reagan), les Américains devront rembourser leurs dettes. Déjà, la charge des intérêts est devenue le poste le plus élevé de la dépense publique. En période de croissance ralentie, les déficits publics n'ont plus qu'un rôle transitoire à jouer. Ce qui ne veut pas dire que ce soit négligeable. Mais ils ont cessé d'être le recours contre le ralentissement durable de la croissance. »
 
«Crise du keynésianisme»
 
« C'est ce nouveau champ de contrainte, la redécouverte des contraintes budgétaires publiques qui pèsent sur les gouvernements, que j'appellerai la «crise du keynésianisme».
 
Pour la première fois depuis l'avènement de l'idée keynésienne, malgré la montée en puissance d'une fiscalité qui s'est émancipée des tranches étroites où elle était encore contenue au XIXe siècle, les gouvernements ont subi la contrainte de limiter leurs dépenses au rythme « lent » de la croissance économique. Ils doivent aujourd'hui arbitrer entre divers postes (santé ou éducation, armée ou retraites...), ou, à défaut, à l'image des États-Unis, ils peuvent arbitrer dans le temps en dépensant au cours d'une décennie et en remboursant au cours de la suivante. Ils sont en tout état de cause privés de cette fuite en avant qui leur permettrait de compter que la croissance ultérieure sera suffisamment forte pour rembourser leurs dettes.
 
La première question qui se pose à présent consiste donc à apprécier dans quelle mesure la croissance économique s'est durablement ralentie, ou si nous prenons pour durable une contrainte qui est prête à s'évanouir. Et quand bien même la croissance devrait être durablement ralentie, il faut aussi comprendre pourquoi une croissance plus lente crée un sentiment d'appauvrissement, et semble être la cause du chômage, en dépit du fait qu'elle enrichit chaque année, fût-ce de 1 ou 2 % seulement, nos économies.
 
La seconde question est d'ordre politique. Même si l'on admet que la croissance restera trop lente pour permettre à l'État de se dégager durablement de la contrainte budgétaire qui pèse aujourd'hui sur ses dépenses, est-ce à dire nécessairement que la perte de légitimité des actions publiques qui en est résultée dans les années quatre-vingt est, elle aussi, appelée à être durable ? La crise de la volonté politique est-elle inéluctablement prise dans les filets de la croissance ralentie, ou peut-on compter qu'un nouveau Keynes saura montrer la voie d'une nouvelle politique économique? »
 
A voir :
 
 
 
 
 
 
 
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Samedi 27 octobre 2007
par David MOUREY publié dans : Epistemologie : Science ou pas science?
 
Chaque année, au moment de la remise du Prix Nobel d’économie, c’est le même refrain qui nous est « chanté » par ceux qui prétendent nous proposer des explications économiques objectives, à distance de la "faible science" économique et des idéologies.
 
Le « Prix Nobel » d'économie n'existe pas. La "science économique" n’est pas une science. Un économiste ne peut être récompensé au même titre qu’un physicien. Le label "Nobel" ne peut s’appliquer ni à l’économie, ni aux économistes. Il faut cesser de tromper les gens et de trahir la mémoire d’Alfred Nobel.
 
Analyse économique ou idéologie économique ?
 
S’appuyant sur les déclarations du professeur André Babeau « On n'est déjà pas certain que toute subjectivité soit absente des sciences exactes ; s'agissant des sciences sociales et de l'économie en particulier, on est en revanche sûr que l'idéologie, d'où qu'elle vienne, est au point de départ de beaucoup de travaux, même parmi les plus célébrés. » et du professeur Dani Rodrik, qui n'hésite pas à affirmer que « les différences entre économistes sur la mondialisation ne sont pas le produit de modèles économiques différents ou de lectures différentes des informations empiriques ». Elles proviennent, explique-t-il, « de leurs différents rapports à l'éthique et de leurs préférences politiques », Christian Chavagneux rédacteur en chef adjoint du mensuel « Alternatives économiques » nous explique que ce que nous racontent les économistes n’a rien ou presque de scientifique et que la science économique masque une discipline profondément idéologique. Que l'idéologie soit présente, de manière latente, est une chose, mais que la science économique ne soit qu'idéologie en est une autre.
 
On retrouve ce type de critiques chez Bernard MARIS (Oncle Bernard dans Charly Hebdo), Jean-Marie HARRIBEY (conseil scientifique d’ATTAC), … qui sont économistes et se présentent en tant qu'économistes.
 
En plein paradoxe 
 
L’économie, c’est nul….  mais je ne peux m’en passer
pour tenter d’expliquer objectivement ce que j’observe !
 
Pourtant, et sauf erreur de ma part, toutes ces personnes n’hésitent pas à utiliser tous leurs savoirs en « sciences économiques » pour donner du poids à leur argumentation. Ils sont tous docteur en science économique. Cherchez l’erreur….
 
N’est-il pas plus que paradoxal, de se référer à la rigueur du raisonnement scientifique en économie et simultanément, de disqualifier la science économique en discipline "strictement" idéologique ?
 
De l’art de se tirer des balles dans le pied
 
Comment expliquer l’économie sans faire d’économie, sans s’appuyer sur la production de connaissances économiques par les économistes ?
  
Science, idéologie et …. SES,
ou sciences économiques et sociales
 
Cette position du rédacteur en chef adjoint du mensuel « Alternatives économiques » n’est pas sans me rappeler une récente publication dans ce mensuel, laquelle bien loin d’atteindre son objectif en matière de défense de notre belle discipline (SES), ne fait, me semble-t-il que jeter le discrédit sur celle-ci.
 
Et cela me dérange car cet enseignement de SES (de sciences économiques et sociales) est régulièrement remis en question sur la base de critiques trop souvent idéologiques. Malheureusement,  les réponses apportées relèvent non moins souvent de la même logique. Or, apporter une réponse idéologique à une "attaque" supposée idéologique ne me semble pas trés constructif.
.
Une défense inadaptée des SES
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On ne répond pas à un "mauvais procés fait aux SES", par une "mauvaise défense des SES". Ainsi, affirmer ce qui est affirmé ci-dessous est de mon point de vue destructeur, même si la volonté de l'auteur est plutôt de défendre avec rigueur et honnêteté intellectuelle cette discipline. J'imagine fort bien que cet "écart de langage" était bien involontaire.... et qu'il ne correspond pas à ce que l'auteur de ces lignes a voulu exprimer. Il reste que c'est ce qui a été publié.
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Dans un numéro récent du mensuel « Alternatives économiques », on peut lire la déclaration suivante de Philippe Frémeaux, directeur de publication page 44 dans un article intitulé « Mauvais procès au bac ES » :

« Certes, les enseignants de sciences économiques et sociales décrivent le monde tel qu'il est et non tel que certains voudraient qu'il soit, et on peut comprendre que d'aucuns s'en agacent. » Philippe Frémeaux fait référence au « monde patronal qui critique les SES au nom de l'image négative de l'entreprise qu'elle dispenserait auprès des jeunes. »
,
 
Cette affirmation de Philippe Frémeaux est stupéfiante. Nous, professeurs de SES, aurions la capacité de décrire le monde tel qu'il est en toute objectivité donc et non tel que certains voudraient qu'il soit.
Je devrais m'en satisfaire et même m'en glorifier en tant que professeur de SES. Mais tel n'est pas le cas. Je ne peux avoir une telle prétention.
.
La Thèorie de Tout (?)
.
Dans une telle perspective, les fondateurs de cette discipline scolaire (à la fin des années 60 ) auraient trouvé une sorte d’explication ultime, une « théorie du tout social » dans la mesure ou nous (professeurs de SES) parvenons à croiser les regards disciplinaires de telle manière que les seules critiques qui puissent nous être opposées ne peuvent être que de nature idéologique. Qu'ils aient cherché à construire une discipline novatrice dans son approche multidisciplinaires des questions économiques et sociales, ne fait aucun doute, et c'est même avec un certain succés qu'ils ont produit les SES. Mais je ne crois pas qi'ils aient prétendu nous donner la capacité de décrire le monde tel qu'il est. Car dans un tel cas, que font les autres, ceux qui ne font pas de SES ? Ceux qui ne font que de la science économique ou que de la sociologie ? 
 
Dans cette hypothèse, comment pourrions nous parvenir à un tel "réalisme"?

Tout simplement, en combinant avec harmonie (et rigueur) un croisement des regards disciplinaires et une pédagogie inductive. 

 
Malheureusement les choses ne sont pas aussi simples que semble le penser Philippe Frémeaux, si l'on s'en tient à cette phrase choc.

D’une part, nous n’avons pas la caution scientifique suffisante et d’autre part notre enseignement présenterait un caractère trop abstrait pour les acteurs de l'économie et de la société. Exemple :
 
Les réserves de Jean-Paul Fitoussi
 
Selon Jean-Paul Fitoussi, président de l’OFCE et l’un des économistes français les plus respecté dans le monde, dans une interview publiée il y a quelques années dans « Le Monde l’éducation » et conformément à ce qu’il a écrit dans un rapport intitulé « L’enseignement supérieur des sciences économiques en question », « Les sciences économiques et sociales enseignées au lycée constituent un concept flou. On va y enseigner simultanément l’économie et la sociologie alors que les élèves ne connaissent ni les concepts d’économie et ni ceux de sociologie. Ce type de contenu peut produire de magnifiques cours mais aussi donner lieu à des simplifications abusives. On transmet aux lycéens l’illusion d’un savoir et cela engendre une très grande déception lors de leur passage dans l’enseignement supérieur. ».
 
Je suis professeur de SES, j'aime ma discipline et j'aime l'enseigner à mes élèves, et pourtant je partage ce point de vue de Jean-Paul Fitoussi. L’économie est une science de débat et « Il faut être capable d’accepter l’incertitude de la connaissance, cela nécessite une certaine maturité. »
 
Le mélange économie et sociologie, au lycée, rend cette incertitude encore plus grande. En conséquence, « ce type de contenu peut produire de magnifiques cours mais aussi donner lieu à des simplifications abusives », à distance d'une grande rigueur.

N’oublions pas que nous enseignons à des élèves, c'est-à-dire des personnes très jeunes. Pouvons-nous, dés lors, échapper à des approximations inévitables malgré toutes les précautions en termes de rigueur que nous pouvons prendre dans le cadre des contenus et des méthodes en vigueur ?

C'est dans ces incertitudes et ces approximations inévitables que vient se loger l'idéologie. En avoir conscience est le meilleur moyen d'en réduire les effets, si ce n'est de l'éviter.
 
On peut en déduire que si Jean-Paul Fitoussi a bien mis en évidence les limites de cet enseignement de SES sans pour autant le rejeter, en revanche, Philippe Frémeaux semble se contenter de défendre un enseignement dont la description de l’économie et de la société serait assez conforme à ce qu’il propose dans son journal. Mais dans ce cas de figure, il ne faut guère s'étonner des critiques dites idéologiques provenant du camp d'en face.
 
De l’objectivité miraculeuse du croisement des regards
 
En résumé, certains journalistes d’Alternatives économiques et les professeurs de SES auraient une capacité d’objectivité dans les explications formulées sur le fonctionnement de l’économie et de la société que n’ont pas les économistes, ni les sociologues. Le secret tiendrait dans un croisement des regards qui, porté par le miracle des effets d’un précipité culturel, compenserait les limites scientifiques des disciplines considérées isolément pour aboutir à un enseignement et des explications faibles idéologie.

Ce discours est inaudible.
Je demande qu'on m'explique en quoi ce qu’on nous raconte, dans Alternatives économiques, peut être considéré comme plus crédible, plus rigoureux, que ce que nous disent les économistes, dont les Prix Nobel d’économie ?
Quels sont les savoirs de référence en économie pour les professeurs de SES et les journalistes?

De surcroit, si l'économie n'est pas une science, que penser des sciences économiques et sociales ?
 
Il ne faut pas jeter le bébé avec l’eau du bain !!!...
 
De deux choses l’une, soit on considère que l’économie est une discipline profondément idéologique et on ne peut donc prétendre offrir des explications neutres sur l’économie et la société, soit on admet que l’économie est une discipline scientifique avec ses problèmes et ses difficultés comme toute science, on admet que les économistes peuvent chercher à être aussi neutres qu’il soit possible de l’être, et on peut s’en servir pour étayer ses démonstrations. Tout n'est pas qu'idéologie en économie !
 
A suivre ….
 
A consulter :
 
Le Blog de Christian Chavagneux
 
L'économie, une science très discutée
 
Le Blog de Bernard MARIS
 
Le Blog de Jean-Marie HARRIBEY
 
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Vendredi 26 octobre 2007
par David MOUREY publié dans : Livre d'économie

 

 
Il existe différents prix pour les livres d’économie.
Petit bilan...
Faites vos choix…
De nombreux économistes, chercheurs universitaires, pur jus sont récompensés.
Des journalistes, des essayistes, … sont aussi récompensés.
 
 
Prix du Livre d'Économie
 
Le Prix du Livre d'Economie récompense depuis 1999 un ouvrage à valeur pédagogique paru dans l'année écoulée. Il est décerné lors de la Journée du livre d'économie, par un jury composé de journalistes. La Journée du Livre d'économie se déroule à la Cours des comptes depuis 2005 (après 5 années passées au Sénat).

L'ouvrage primé doit favoriser l’analyse et la réflexion, contribuer à la revalorisation du discours et de la pensée économique, sociale et politique.
 
 
Le Prix des Lecteurs du Livre d'Economie a été créé en 2004 à l'initiative de la Présidence du Sénat. Ce Prix des lecteurs a pour ambition de permettre une meilleure compréhension des questions économiques par tous.
Un comité scientifique, composé d'universitaires et de journalistes sélectionnent 10 livres d'économie qui sont soumis aux votes des lecteurs. Le prix est remis dans le cadre des "Rendez-vous citoyens du Sénat-Economie" en janvier.
 
Prix Européen du Livre d’Économie
 
Le Prix Européen du Livre d’Économie est né en l’an 2000 d’un partenariat entre l’association Lire la Politique et EDF. Ce prix récompense un ouvrage écrit en français ou traduit, publié en France et paru dans l’année écoulée. Les ouvrages sélectionnés sont consacrés à la réflexion économique et les thèmes traités doivent s’adresser à un public européen. Le prix est remis au mois de novembre lors de la Journée du Livre d'Économie.
 

 

 

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Jeudi 25 octobre 2007
par David MOUREY publié dans : Europe
 
Horizons stratégiques
 N°6 - Octobre 2007
 
DOSSIER SPÉCIAL
Informer sur l’Europe en France
 
 
« Deux récents événements ont placé, de nouveau, l’Europe sur le devant de la scène politique : la volonté du président de la République française de mettre la construction européenne au premier rang de sa politique extérieure, et la relance institutionnelle de l’Union européenne suite au Conseil européen des 21 et 23 juin derniers.
En France, l’Union européenne est souvent mal comprise. Les Françaises et les Français se sentent européens, mais ils ne sont pas suffisamment familiarisés avec les pratiques communautaires et en perçoivent mal les enjeux et finalités. La campagne référendaire sur le projet de traité constitutionnel le 29 mai 2005 a donné lieu à débat, preuve que l’Europe est un sujet qui les intéresse, mais elle a révélé aussi des lacunes dans l’information dont ils disposaient. À l’approche d’échéances européennes capitales comme la Présidence française de l’Union européenne au second semestre de l’année 2008 ou les élections européennes au mois de juin 2009, la stratégie d’information sur l’Europe en France doit être repensée. Trop souvent sans doute, la communication sur l’Union européenne s’est construite autour d’événements ponctuels, ou de manière trop institutionnelle, délaissant une stratégie d’information permanente plus que jamais nécessaire. Ainsi les Français n’ont-ils, peut-être, pas pu suffisamment s’imprégner d’une culture citoyenne européenne pourtant essentielle dans un monde où la réponse aux défis qui nous sont lancés dépasse souvent le cadre des seuls États.
Il nous appartient donc de participer à un effort de réflexion stratégique sur la qualité de l’information fournie sur l’Europe en France. Tel est l’objectif que se sont donné le Centre d’analyse stratégique et la Fondation Robert Schuman en préparant la présente publication. La mobilisation coordonnée de tous les acteurs concernés est essentielle. Les Français doivent avoir tous les éléments en main pour peser le pour et le contre, s’investir et débattre en toute connaissance de cause sur les orientations futures des politiques européennes et leurs évolutions. Les stratégies d’information à concevoir et mettre en œuvre doivent désormais correspondre à cette « politisation » des enjeux européens en dépit de l’absence de véritables partis politiques et médias à vocation européenne. Nos concitoyens sont demandeurs d’information sur l’Union européenne. Une stratégie de communication qui saura sortir d’une conception trop institutionnelle pour passer à la diffusion d’une information plus citoyenne pourrait efficacement contribuer à une véritable appropriation d’une culture et d’une identité européennes. Cette stratégie renouvelée s’inscrit naturellement dans le nécessaire et légitime renforcement démocratique du fonctionnement de l’Union européenne. Les perspectives contenues dans le futur traité – que ce soit la transparence des débats et des votes au Conseil des ministres ou la mise en place d’un droit d’initiative populaire – conforteront sûrement l’intérêt et l’implication de chacun dans l’orientation à donner à la marche de l’Europe.
Les deux années qui viennent seront certainement l’occasion de repenser et remodeler les stratégies d’information sur l’Europe dans notre pays. Toutefois, il est primordial de garder à l’esprit qu’elles doivent s’inscrire bien au-delà de ces échéances et participer pleinement à la construction d’une véritable dimension européenne qui, de plus en plus, constitue une partie de notre avenir commun. Telle est la finalité de cette contribution. »
 
Pascale Joannin
Directeur général de la Fondation Robert Schuman
Philippe Mills
Directeur général adjoint du Centre d’analyse stratégique
 
 
 
Au sommaire d'Horizons stratégiques n°6
                
Editorial
Pascale Joannin et Philippe Mills 
 
1/ Dossier
 
- Introduction
 
Quelles stratégies d’information en France sur l’Europe ?
Introduction: What are the information strategies concerning Europe in France?
Thierry Chopin et/and Marie-Cécile Milliat 
 
 
- Débat
 
« Information sur l’Europe en France : carence de l’offre, crise de la demande ? »,
avec Sylvie Goulard, Pierre Lequiller et Jean Quatremer
 
- Focus
 
Les Français et leur connaissance de l’Europe
Bruno Cautrès
                                                                       
Comment enseigner l’Europe ? L’expérience du Manuel d’histoire franco-allemand
Étienne François 
 
L’évolution des structures d’information consacrées à l’Union européenne sur Internet : l’expérience d’EurActiv
Nathalie Lhayani 
 
- Perspectives internationales
 
Les médias et l’Union européenne : le prisme national perdure
Gerd G. Kopper 
 
- Analyse
 
Les groupes d’intérêt, vecteurs d’information sur l’Europe ?
Mathilde Durand et/and Hélène Jorry 
 
Europe : le devoir d’informer, le devoir de comprendre. Éléments d’une stratégie publique pour la France
François-Xavier Priollaud 
 
La Présidence française et les élections européennes : de la communication institutionnelle à l’information politique ?
Yves Bertoncini et/and Thierry Chopin 
 
 
A consulter :
 
Le sixième numéro de la Revue trimestrielle du Centre d'analyse stratégique, Horizons stratégiques, vient de paraître.
The sixth issue of Horizons stratégiques, the Centre d'analyse strategique's quarterly review, is now available.
 
Vous pouvez le consulter et le télécharger ici : http://www.strategie.gouv.fr/revue/
 
 
De très nombreux liens pour s’informer sur l’Europe et son histoire
 
 
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