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  • David Mourey
  • Professeur d'Economie et de Sociologie

Depuis 2005, Organisation et Animation :
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Colloques d'Economie, Monnaie, Finance ...
au SENAT, Banque de France, ..., Pontault-Combault
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29 février 2008 5 29 /02 /février /2008 19:30
 
Paradoxalement, alors que la croissance potentielle de la zone euro est assez faible par rapport à celle des Etats-Unis, et que la profitabilité des entreprises de la zone euro est plus basse que celle observable dans les autres pays de l’OCDE (Etats-Unis, Royaume Uni, Japon),  l’euro s’apprécie par rapport au dollar, au Yen et aux devises des économies émergentes comme la Chine, l’Inde, la Russie, la Corée …, excepté le Brésil.
 
En dépassant la barre des 1,50 dollar pour 1 euro, et même 1,52 dollar/euro, la monnaie européenne poursuit sa hausse relativement à la devise américaine.
 
Plus clairement, et plus lourd de signification, est l’appréciation continue du taux de change effectif de l’euro depuis 2002. Le taux de change effectif d’une monnaie, contrairement aux taux de change bilatéraux entre deux monnaies, mesure la valeur d’une monnaie par rapport un panier de monnaie pondéré. C’est un meilleur  indicateur de la compétitivité d’une zone économique, et ses variations, bien que qualitativement identiques, sont beaucoup moins spectaculaires mais restent significatives.
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Parmi les explications, on peut distinguer les causes conjoncturelles, cycliques, des causes structurelles, non cycliques.
 
Du point de vue conjoncturel, on peut souligner les inquiétudes concernant l’économie américaine depuis la crise immobilière liée au crédit subprime. Les réactions de la FED se traduisent par des baisses successives des taux d’intérêt et désincitent la détention de certains actifs en dollar. De plus, les flux de capitaux vers les Etats-Unis diminuent avec la chute des achats privés d’ABS depuis l’été 2007. La croissance durablement molle de la zone euro serait un facteur aggravant.
 
Du point de vue structurel, les facteurs de l’appréciation de l’euro, dépréciation du dollar, sont plus difficiles à établir avec certitude.
 
La faiblesse de la croissance potentielle de la zone euro devrait être dissuasive en matière de détention d’actifs en euros. D’autant plus que les perspectives d’accélération des gains de productivité sont faibles (manque de RD et d’innovation, spécialisation accrue dans des secteurs peu productifs comme les services aux particuliers, la distribution, la construction, les transports, les loisirs,…) et que les perspectives démographiques montrent un vieillissement des populations.
 
Une des explications serait que dans cette économie mondiale ou les capitaux se déplacent toujours plus, et de plus en plus vite, à la recherche de rendements toujours plus élevés, malgré les coûts liés aux bulles financières qu’ils créent et aux conséquences sur l’économie réelle induites, la demande internationale d’actifs en euro ne cesse d’accélérer.
 
La nature de ces flux d’investissement en euros serait diversifiée.
 
Dans un souci de diversification de leur portefeuille d’actifs, les banques centrales achètent massivement des obligations libellées en euro. Elles seraient influencées par la crédibilité de la politique monétaire anti-inflationniste de la BCE et par l’absence de déséquilibres économiques majeurs et comparables à celui de l’économie américaine.
 
De surcroît, les investisseurs privés seraient fortement demandeurs d’actions libellées en euro, ce qui se traduirait par une faible corrélation entre les cours des actions des grandes sociétés et l’état global de l’économie de l’Euroland. Ces entreprises, très internationalisées, verraient leur profitabilité diverger de celle des entreprises essentiellement domestiques. Elles seraient donc peu, ou pas, affectées par la faiblesse de la croissance de la zone euro.
 
Dans ces conditions, il y aurait un excédent ex ante de la demande d’actifs en euros (obligations et actions) par les agents non résidents, notamment les banques centrales. Ce déficit ex ante de l’offre d’actifs en euro pour les agents non résidents, s’expliquerait par l’excédent extérieur de la zone euro. De facto, la combinaison, excédent extérieur en Euroland et hausse de la demande ex ante d’actifs libellés en euro, se traduit sans surprise par une appréciation de la monnaie européenne.
 
L’euro prend désormais la forme d’une nouvelle monnaie de réserve internationale pour les banques centrales, qui ont l’habitude d’investir leurs réserves en dépôts et en obligations sans risques, et pour les agents privés puisque les actions et les obligations sont des titres de long terme. 
 
Pour expliciter ce comportement des banques centrales (Europe Centrale, Russie) par rapport à l’euro, on peut penser, qu’elles ont décidé d’accroître le poids de l’euro dans leurs réserves, pour le mettre en adéquation avec le poids accru de la zone euro dans le commerce extérieur de leurs économies.
 
On peut aussi considérer que c’est un moyen de se protéger contre la dépréciation du dollar. Mieux vaut prévenir …
 
En outre, le caractère durable de la faiblesse de l’inflation serait une condition favorable à ces flux de capitaux. On retrouve la crédibilité accordée à la BCE par les investisseurs internationaux et la préférence, dans certaines circonstances, pour des taux d’intérêt plus élevés qui sont le signe d’une inflation durablement faible.
 
Les agents privés, en achetant des actifs libellés en euro, achètent en fait et surtout des actions des sociétés cotées, sociétés dont l’activité internationale est très profitable, comparativement aux actions des sociétés domestiques non cotées. Ils n’achètent donc pas vraiment d’actifs dont le cours est étroitement lié à la situation marcoéconomique spécifique de la zone euro.
 
Enfin, le changement de cap de la politique de change de la banque centrale chinoise se traduit par une appréciation assez rapide du RMB ou Renminbi (Yuan, la monnaie chinoise) par rapport au dollar, afin d’apaiser les tentations protectionnistes des Etats-Unis et de réduire l’excédent commercial et l’accumulation de réserves de change de la Chine qui provoquent une croissance excessivement rapide du crédit et de la liquidité en Chine.
 
Cette inflexion de l’évolution du cours du RMB se traduit également par l’appréciation de l’euro par rapport au dollar. En effet, en achetant moins d’actifs en dollar et en se portant acquéreur de davantage d’actifs en euro, les autorités chinoise participent à cette appréciation relative de l’euro vis-à-vis du dollar. 
C’est donc un déséquilibre ex ante entre l’offre insuffisante et la demande excessive d’actifs libellés en euro qui explique ce mouvement du cours de change euro dollar.
 
Il reste à constater et à vérifier, si cet afflux de capitaux vers la zone euro va se traduire par une croissance ces cours boursiers plus forte en Europe qu’auxEtats6unis et si les investissements directs vont également croître.
 
A suivre donc, …
 
Source :
 
Natixis, Patrick ARTUS, Flash Economie, « Pourquoi le monde investit-il en euros ? », le 14 01 2008.
 
Précision : Le Yuan ou Renminbi (RMB) : la monnaie chinoise
 
Le yuan est la monnaie nationale de la Chine et notamment de la République populaire. Elle est appelée Renminbi en République populaire de Chine ou « yuan renminbi »  c’est à dire « yuan monnaie du peuple ». Le nom usuel de la monnaie chinoise est le yuan et le nom Renminbi n'éest utilisé que dans des circonstances officielles.

 

Published by David Mourey - dans Europe
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commentaires

Ozenfant 02/03/2008 17:23

Le choix absolument stupéfiant d’Airbus par L’U.S. Air Force. http://blog-ccc.typepad.fr/blog_ccc/2008/03/le-choix-absolu.html

04/03/2008 12:11

Stupéfiant, dis-tu ... A lire donc !

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