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  • David Mourey
  • Professeur d'Economie et de Sociologie

Depuis 2005, Organisation et Animation :
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Colloques d'Economie, Monnaie, Finance ...
au SENAT, Banque de France, ..., Pontault-Combault
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Des Initiatives de David MOUREY

21 décembre 2008 7 21 /12 /décembre /2008 10:10

 

 

Pendant la période de gonflement de la bulle sur le prix des actifs immobiliers, avant le déclenchement de la crise financière via la crise des subprimes au cours de l'été 2007, et depuis le retournement brutal des tendances, l'effet de richesse à joué un rôle majeur dans les trois périodes.

 

L'effet de richesse, l'épargne et l'endettement

 

L'effet de richesse désigne l'impact de la hausse/la baisse de la valeur du patrimoine (actifs immobiliers et/ou actifs mobiliers) sur le comportement des agents économiques en matière de consommation, d'épargne, d'investissement, placement et d'endettement.

 

Lorsque la valeur de marché d'un actif immobilier par exemple augmente, de manière soutenue et durable, les ménages ont alors tendance à consommer davantage et à épargner moins. Les entreprises et les ménages tendent à s'endetter plus pour investir ou placer leurs fonds.

L'effet de richesse rend aveugle, chacun a tendance à voir l'avenir en rose.

Trop rose pour être vrai !!

 

Surtout, l'effet de richesse positif peut inciter à s'endetter pour accroitre le portefeuille d'actifs dont la valeur est sur une pente ascendante. Cette croissance de la valeur de marché rend plus facile l'accès à l'endettement car elle rend l'emprunter plus solvable dans la mesure ou la valeur du stock d'actifs peut servir de garantie en cas de défaut au niveau de la solvabilité revenu.

L'effet de richesse, lorsqu'il joue à la hausse, favorise le levier d'endettement, autrement dit le taux d'endettement croît.

 

On a pu observer ce phénomène pendant de longues années, avec la croissance du levier d'endettement, jusqu'au déclenchement de la crise financière.

 

La hausse durable et soutenue des prix des maisons sur les marchés immobiliers s'est accompagnée de la croissance de l'endettement des ménages pour l'achat immobilier, lequel en augmentant a soutenu en retour la montée rapide des prix de l'immobilier.   

Simultanément, ce puissant effet de richesse positif entretenu par l'endettement a provoqué une baisse du taux d'épargne. Il ne semblait pas vraiment utile de maintenir une épargne de précaution dans une période ou la hausse de la richesse facilitait l'accès à l'endettement etc ...

 

Réduction de l'effet de richesse, désendettement et hausse de l'épargne

 

Mais le vent a tourné brutalement et, visiblement, durablement.

 

L'effet de richesse joue désormais à rebours. La réduction drastique de la valeur de marché des actifs entraine une diminution très forte de la richesse patrimoniale et une tendance au désendettement (réduction du levier) qui entretient la baisse de la valeur des actifs.  

Dans le même temps, à mesure que les incertitudes concernant l'avenir se multiplient, les taux d'épargne remontent. Prudence redevient mère de sûreté.

Désendettement et hausse de l'épargne se cumulent pour contribuer à faire baisser fortement la consommation sur les différents marchés.

 

L'effet de richesse et le taux d'épargne aux Etats-Unis

 

On peut observer ces phénomènes très clairement aux Etats-Unis depuis plusieurs années. C'est le sens de la spirale qui a changé.  Après le boom, ... le krak.

 

Sur le graphique ci-dessous, la corrélation négative entre effet de richesse et taux d'épargne est clairement apparente à long terme.

 

Cet enchainement, ce cumul d'effets baissiers n'est pas propice à la reprise. Il est même potentiellement dangereux dans la mesure où la spirale déflationniste menace. La baisse de la demande entraine la baisse des prix, laquelle soutient la baisse de la demande, ...

 

Or, une fois que nous avons glissé sur la peau de banane, emportés par notre élan, il est bien difficile de ralentir, de s'arrêter, et plus encore de remonter la pente.

 

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« Les ventes de détail ont affiché un nouveau recul de 1,8 % sur le mois de novembre, le cinquième consécutif. Leur baisse cumulée atteint 7 %. Un tel recul est inédit mais il s'explique par un cumul de trois chocs de grande ampleur qui se traduisent par moins de revenus, moins de richesse et moins de crédit pour les ménages.

 

Les ventes de détail ont encore chuté de 1,8 % sur le mois de novembre, portant à -7,4 % leur contraction sur 1 an, du jamais vu en 15 ans (on ne dispose que d'un historique court sur cette série). Certes, la dégringolade des ventes d'automobiles (-25,2 % sur 1 an) est pour beaucoup dans cette évolution. Mais elle est révélatrice des chocs qui frappent le consommateur américain (moins de revenus, moins de richesse, moins de dettes).

 

Le total des ventes est également mécaniquement tiré vers le bas par la baisse du prix de l'essence, une bonne chose pour le pouvoir d'achat mais une mauvaise pour les recettes des stations-service (-14,7 % sur le mois). Hors auto, essence et nourriture, la chute est moins rude mais la variation sur 1 an est cependant et notablement passée sous la barre du zéro.

 

Ces chiffres confortent notre prévision d'une contraction de l'ensemble des dépenses réelles de consommation de -5,6 % (rythme annualisé), après déjà -3,7 % au 3e trimestre.

 

Une telle chute n'a rien d'étonnant compte tenu en particulier de ce qui se passe du côté du patrimoine des ménages.

Selon les estimations, une baisse de 100 dollars de la richesse financière entraînerait une baisse de 3-5 dollars de leur consommation tandis qu'une baisse équivalente de la richesse immobilière entraînerait une baisse de 4-9 dollars.

 

Or, entre le 3e trimestre 2007 et le 3e trimestre 2008, près de 5 000 milliards de dollars de patrimoine financier se sont envolés et 2 000 de patrimoine immobilier.

 

Ce qui équivaut à un choc négatif instantané sur la consommation compris entre 900 et 1 700 milliards de dollars, soit entre 9 et 17 points de croissance en moins ! Dans les faits, ce choc est étalé dans le temps. Mais la remontée du taux d'épargne des ménages américains promet quand même d'être rude.

 

Autant la baisse nette des taux d'intérêt hypothécaires est susceptible d'enrayer la spirale baissière dans laquelle le marché immobilier est enferré, autant la poursuite de la montée des défauts et des saisies l'alimente (en pesant sur les prix et la demande et en gonflant l'offre de logements).

Et les données de la Mortgage Bankers Association pour le 3e trimestre ne sont guère encourageantes. Les logements saisis en fin de trimestre concernent 3 % des prêts. Quant au taux de défauts, ils continuent d'augmenter sur toutes les catégories de prêts immobiliers à l'exception notable du subprime à taux variables. »

Crédit Agricole, Jean-Paul Betbèze, Perspectives Hebdo, 12 décembre 2008

 

A la lecture de ces données et en vertu des logiques sous jacentes aux mécanismes décrits au dessus, il semble qu'un retournement de tendance rapide soit difficile, voire impossible. Comme si la correction des excès du passé exigeait une période d'austérité potentiellement excessive dans le présent et l'avenir.    

 

Pourquoi ? Tout simplement, parce qu'au delà de la raison, les comportements économiques sont guidés par des pulsions irrationnelles, par le degré de confiance/défiance en l'avenir ...

Comme, de surcroît, les comportements sont caractérisés par un mimétisme rationnel propice aux comportements moutonniers, panurgiens, la baisse entraine et perpétue la baisse de la même manière que la hausse favorise la hausse.

 

Cette combinaison d'explications relevant de comportements fondés sur la raison et de comportement fondés sur l'irrationnel rend très difficile le retournement de tendance et surtout, la prévision du moment (de la période) de ce retournement.

 

A suivre, ...

 

A consulter :

Effondrement du Prix du Pétrole et Evolution des Réserves de Change

 

Et si l'emprunteur prenait sa revanche sur le créancier ... ?

 

Les banques et la monnaie selon Thomas JEFFERSON en 1802

 

Les économistes pouvaient-ils prévoir la gravité de la crise ?

 

« Dans la crise financière nous sommes décidemment tous keynésiens »

 

Ecart d'intelligence entre régulateurs et acteurs des marchés

 

Le capitalisme sous tente à oxygène

Jean-Paul Fitoussi, LE MONDE,  30 octobre 2008  

 

Comprendre les plans de sauvetage

Agnès Bénassy-Quéré, le 18 octobre 2008       

 

Paul KRUGMAN : Prix NOBEL d'Economie 2008

 

Aprés la Crise Financière : Comment sortir d'une récession ?

 

De la crise financière, ... à la crise réelle ?

 

Crise financière : quelle réponse européenne ?

 

Les temps de la politique économiques

 

Intervention Publique et Crise Financière, c'est bon pour l'Aléa Moral

 

Sauvetage du système financier : A quel prix pour le contribuable ?

 

Crise financière : "Accusés, levez-vous !"

 

Attention : une crise financière peut en cacher une autre

 

D'une bulle spéculative à la suivante

 

Crise Financière : Une Action coordonnée de Six Banques Centrales

 

Crise financière et Injection de liquidités

 

Le Bilan des banques avant et après le Plan de sauvetage du Trésor US

 

Les dangers de la « Finance de PONZI »

 

Crise financière, Points de vue d'Agnès Bénassy-Quéré Directrice-CEPII

 

Crise Financière : Points de vue de Jean-Paul FITOUSSI

 

Panique Bancaire et Financière mondiale

 

Crise financière : excès de liquidités ou excès d'épargne ?

 

Mieux comprendre la finance pour éviter les crises financières

 

Mieux comprendre la finance pour éviter les crises financières (2)

 

Published by David Mourey - dans Crises Financières
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commentaires

MKL 22/12/2008 18:17

Très bonne analyse.Mais il faut peut-être aller plus loin et tenter de comprendre son origine, qui est avant tout sociale ! Pour maintenir un taux de croissance élevé malgré l'explosion de la précarité dans tous les pays occidentaux, l'endettement massif des ménages a été favorisé à outrance, afin de maintenir artificiellement un pouvoir d'achat correct malgré la baisse régulière des revenus d'une population toujours plus importante.Et l'origine de cette précarité s'explique elle-même par l'explosion de la productivité depuis 45 ans (informatique, robotique, formation) et d'une mauvaise gestion des paramètres sociaux connexes.Nous nous retrouvons donc depuis 30 ans dans une situation anarchique, d'une part de surexploitation de la population active de l'industrie et des services (cadres à 60 heures/semaine - pression et stress insupportables), et d'autre part de chômage et de précarité de masse (temps partiel et petits boulôts contraints...), induisant un renoncement aux revendications salariales par peur de basculer "du mauvais côté".Tant que ce paramètre - explosion des gains de productivité - sera ignoré par la classe dirigeante, notre modèle de société continuera de sombrer.http://nouvellegauche.fr

A Lire

Banque de France La Crise de la Dette Souveraine Juin 2012 BIS BRI 82e Rapport annuel 2011 2012