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  • David Mourey
  • Professeur d'Economie et de Sociologie

Depuis 2005, Organisation et Animation :
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Colloques d'Economie, Monnaie, Finance ...
au SENAT, Banque de France, ..., Pontault-Combault
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23 février 2007 5 23 /02 /février /2007 18:00
 
 
 
 
Les avis divergent sur ce qu’il est convenu d’appeler le « chiffrage » des programmes des candidats à l’élection présidentielle. Le choix de l’IDE (Institut de l’entreprise) de proposer sur le site « Débat 2007 », un chiffrage actualisé des diverses mesures des différents programmes est d’un intérêt médiatique évident mais suscite la prudence, voire la méfiance chez des économistes de sensibilités fort différentes.
 
Pour Christian de Boissieu, professeur à l'université Paris-I, et président du CAE, il "est légitime de se poser la question des coûts budgétaire et fiscal d'un programme électoral", mais "c'est un exercice extrêmement périlleux". professeur à l'université Paris-I, et président du CAE, il "est légitime de se poser la question des coûts budgétaire et fiscal d'un programme électoral", mais "".
 
Elie Cohen, directeur de recherche au CNRS, affirme dans Les Echos que « Ce que fait l'Institut de l'entreprise est bien, mais pas insoupçonnable », et se met à rêver d’un « tribunal des chiffreurs, un groupe transpartisan d'experts indépendants ou de hauts fonctionnaires ». Il ajoute que « L'élection présidentielle est le moment où s'établit un pacte fondateur, aussi, il est légitime et nécessaire d'évaluer les propositions ».
 
Francis Kramarz, chercheur au Centre de recherche en économie et statistique (Crest),  "ne veut même pas les regarder, ces chiffrages...". En effet, "n'importe quel chercheur sait qu'il faut prendre en compte deux cas : la situation telle qu'elle évoluerait sans les mesures ; la situation une fois les mesures réalisées", or le chiffrage est, par définition, statique, et non dynamique.
 
Xavier Timbeau, Directeur du Département analyse et prévision de l’OFCE, dans les« Echos » et Eric Heyer, Directeur adjoint au Département Analyse et Prévision à l’Ofce sont beaucoup plus critiques.
 
Selon Xavier Timbeau, "des experts nous abreuvent de chiffres pour soi-disant éclairer les citoyens, mais leurs calculs ne correspondent pas à la réalité et escamotent entièrement le débat politique". Si, « les programmes énoncent des principes, (…) derrière, des arbitrages seront faits, des négociations seront menées. Qui peut chiffrer par exemple le coût de la sécurité sociale professionnelle que veut mettre en oeuvre Ségolène Royal ? Si vous partez d'emblée avec un projet bouclé, cela veut dire que vous ne laissez aucune place à la négociation ». Il ajoute, « le chiffrage des programmes révèle un autre problème plus profond : les candidats font des projets de société. La contrainte économique jouera ensuite. Quand il s'agit d'arbitrages fondamentaux, la question du coût est secondaire ». , " pour soi-disant éclairer les citoyens, ". Si, « les programmes énoncent des principes, (…) derrière, des arbitrages seront faits, des négociations seront menées. Qui peut chiffrer par exemple le coût de la sécurité sociale professionnelle que veut mettre en oeuvre Ségolène Royal ? Si vous partez d'emblée avec un projet bouclé, cela veut dire que vous ne laissez aucune place à la négociation ». Il ajoute, « le chiffrage des programmes révèle un autre problème plus profond : les candidats font des projets de société. La contrainte économique jouera ensuite. Quand il s'agit d'arbitrages fondamentaux, la question du coût est secondaire ».
 
Enfin, selon Xavier Timbeau, "si l'on part de l'idée que l'on ne peut rien faire tant que l'on n'a pas remis de l'ordre, épongé la dette et réduit les prélèvements, il n'y a pas de projet politique qui tienne. On s'enferme dans le pessimisme et le déclinisme. Mieux vaut se dire que l'on peut changer quelque chose, et que si l'on crée du dynamisme, cela deviendra réalisable. "
 
Pour Eric Heyer, « Le chiffrage est un exercice insatisfaisant. Et il ne faut pas être docteur en économie pour le percevoir. Qu'allez-vous choisir ? Des mesures peu coûteuses mais totalement inadaptées au contexte français ? Ou des dispositifs qui coûtent cher mais qui seront efficaces ?" Il affirme qu’ "On peut toujours calculer l'impact d'une baisse des charges sur un smic à 1 500 euros, ou d'une revalorisation de 5 % du minimum vieillesse. Mais, comment évaluer les effets ex-post ?, «. Et il ne faut pas être docteur en économie pour le percevoir. Qu'allez-vous choisir ? Des mesures peu coûteuses mais totalement inadaptées au contexte français ? Ou des dispositifs qui coûtent cher mais qui seront efficaces ?" Il affirme qu’ "On peut toujours calculer l'impact d'une baisse des charges sur un smic à 1 500 euros, ou d'une revalorisation de 5 % du minimum vieillesse. Mais, comment évaluer les effets ex-post ?
 
" Enfin, quid de "la conjoncture ? Les 110 propositions de François Mitterrand ont été chiffrées en 1981. Mais, en 1983, la situation économique a fait prendre le tournant de la rigueur à la gauche... Que restait-il alors des montants annoncés deux ans plus tôt ?"
 
Dans l’émission « Les Matins » d’Ali Baddou de mardi 20 février 2007 entre 7 h et 9 h, il y eu un débat sur cette question du « chiffrage » entre Nicolas Baverez et Jean-Paul Fitoussi.de mardi entre 7 h et 9 h, il y eu un cette question du « chiffrage »
 
Les quelques échanges ont permis aux deux intervenants d’exposer leur point de vue sur cette question comptable.
 
Selon Jean-Paul Fitoussi, le chiffrage pose un problème déontologique et un problème politique au sens noble du terme. Un problème déontologique car des programmes présidentiels pour être chiffrables doivent être présentés par un premier ministre devant un parlement. Or, pour l’instant, ce n’est pas le cas. La question « combien çà coûte ? » devrait être immédiatement assortie de la question « combien ça rapporte ? ».
 
Le résultat obtenu dépend beaucoup du modèle qu’on utilise pour le chiffrage et des hypothèses que l’on fait sur le fonctionnement de l’économie. Or, on ne débat jamais de ces hypothèses.
Jean-Paul Fitoussi ne croit pas que la France ait un problème de dette publique considérable, pas plus que la moyenne des pays de l’OCDE et à sa connaissance, les pays de l’OCDE ne sont pas en faillite.
 
Il trouve curieux d’attendre des candidats des programmes qui ne coûtent rien car cela revient à attendre d’eux, l’impuissance. C’est d’ailleurs ce qui s’est produit avec le programme de Lisbonne selon lequel l’économie de l’Union européenne devait devenir l’économie de la connaissance la plus compétitive du monde, mais à condition que cela ne coûte pas un centime.
 
Pour lui, un programme n’est pas crédible s’il est ambitieux mais sans moyens. Et, si certaines mesures particulières peuvent être chiffrées, on ne peut pas chiffrer un programme, ex ante, sans donner l’illusion à la société qu’elle peut être gouvernée sans instruments. En effet, l’instrument correspond aux moyens d’investir sur l’avenir. Or, sans instrument, cela ne coûte rien, mais cela ne rapporte rien non plus., sans donner l’illusion à la société qu’elle peut être gouvernée sans instruments. En effet, l’instrument correspond aux moyens d’investir sur l’avenir. Or, sans instrument, cela ne coûte rien, mais cela ne rapporte rien non plus.
Il observe que le problème de la méthode des coûts est associé à l’idée que la dette nous étouffe, que la dette va encore augmenter et que l’économie française va être un peu plus étouffée.
 
Cela étant, il est normal de dire qu’il existe une relation entre objectifs et moyens (coûteux) utilisés pour les atteindre. Mais on ne peut pas escamoter le résultat. On ne peut pas s’y retrouver avec tous ces chiffrages. Ce n’est pas un problème de chiffrage en soi, mais d’hypothèses qu’on fait sur le fonctionnement de l’économie.
 
Le « rêve » d’Elie Cohen d’un « tribunal des chiffreurs, un groupe transpartisan d'experts indépendants ou de hauts fonctionnaires » est impossible à atteindre et nous conduirait de surcroît à tomber dans le pire travers européen qui est le technocratisme, le doctrinaire. L’existence d’un tel tribunal supposerait que les membres s’accordent sur un modèle de fonctionnement de l’économie, ce qui est très dangereux pour la démocratie. Si l’on pouvait comparer les coûts et les « bénéfices » des différents programmes alors on pourrait conduire le débat entre les doctrines.
 
Pour conclure,  Jean-Paul Fitoussi ne peut souscrire à cette politique de l’impuissance selon laquelle le meilleur programme est celui qui coûte le moins. La contrainte budgétaire est intertemporelle. Elle ne peut être jugée de façon statique. Il faut comparer les dépenses présentes au flux de recettes futures. Les chiffrages assortis de modèles, oui, mais à condition que cela soit clairement précisé. Pour l’instant, il n’y que des chiffrages ex ante, sans aucun chiffrage des effets ex post.
 
Selon Nicolas Baverez, ce débat sur les « chiffrages » des programmes est la manifestation de la part des français d’une volonté de changement. En effet, ceux-ci demandent plus de responsabilités et de cohérence aux candidats. Les chiffres ne sont pas forcément l’ennemi de la lettre.
 
Faire une estimation des programmes n’est pas incompatible avec une vision de la France. Politiquement, il y a de plus en plus une exigence de cohérence à l’endroit des candidats car la politique économique et sociale est le cœur des problèmes politiques et économiques de la France. Que les chiffres soient discutés n’est pas gênant, bien au contraire. Mais, après 20 ans de démagogie et de dépenses sans recettes et compte tenu du problème de dette publique de la France, le fait de soumettre les candidats à ce filtre est une bonne chose.
 
Pour Nicolas Baverez,ce que montre l’exemple de Lisbonne, c’est précisément parce qu’il faut investir qu’il faut préciser comment on va s’y prendre. Il y a eu de grandes annonces sans chiffrages et donc six ans après, rien du tout. L’objectif n’est pas zéro dépense. Il est de demander aux candidats une vision, une stratégie de dépense et une stratégie de financement. Pour pouvoir agir, investir, on doit préciser d’où viennent les moyens et comment on va faire.
 
Lui aussi considère que le « rêve » d’Elie Cohen est  impossible. En effet, c’est un rêve de « savant fou » qui s’installerait au dessus de la démocratie. Mais pour lui, ces querelles de chiffres sont excellentes car il n’y a pas de raison que les chiffres soient en dehors du débat. Les visions, les stratégies, les hypothèses sont différentes…, tout cela doit être en débat.
 
Dans une campagne électorale, il y a des points de vue différents qui se discutent. Il n’y a pas de réalité scientifique unique. On est dans un monde wébérien ou des points de vue sont discutés. Comparer les chiffres avec une exigence de cohérence et de réalité fera que cette campagne aura été différente des précédentes. Ce qui aura été dit aura peut-être une chance d’être fait.
 
Enfin, Nicolas Baverez et Jean-Paul Fitoussi sont opposés à l’inscription dans la constitution d’une règle budgétaire. Cela fut rejeté au Etats-Unis au nom de la crédibilité du politique. Et une telle règle n’aurait pas permis aux Etats-Unis de bien gérer la sortie de crise en 2001.
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Jean-Paul FITOUSSI et Xavier Timbeau
viennent d’affiner et d’officialiser
la position de l’OFCE dans la note suivante :
 
- clair & net@ofce -vendredi 23 février 2007
Pourquoi nous ne chiffrerons pas les programmes présidentiels
Manifeste contre une déontologie en rase campagne
 
La campagne pour l’élection présidentielle débute à peine que déjà on interroge les experts pour leur demander d’arrêter les comptes en chiffrant les programmes. Le terme même de « chiffrage » est significatif, sa connotation étant davantage comptable qu’économique.
Ce glissement sémantique ....lire la suite...
 
 
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Source de l’article ci-dessus:
 
Programmes présidentiels quel chiffrage?
 
Des coûts difficiles à évaluer 
 
Xavier Timbeau Economiste à l'OFCE «Le programme de Royal est volontariste»
Libération - François Wenz-Dumas- mardi 13 février 2007
 
Une approche budgétaire qui élude le débat économique
Le Monde Economie 19 02 07
Marie-Béatrice Baudet
 
IDE et Débat 2007, qui émane de l'Institut de l'entreprise, créé par 30 grandes entreprises, dirigé par Michel Pébereau
Institut de l'entreprise
Débat 2007
 
Les Matins par Ali Baddou, du lundi au vendredi de 7h à 9h05  
Emission du mardi 20 février 2007, Nicolas Baverez et Jean-Paul Fitoussi
 
Questions de campagne, c’est un rendez-vous que les Matins vous proposeront régulièrement jusqu’à l’élection présidentielle pour prendre du recul et mettre en perspective les débats qui occupent le devant de la scène politique et médiatique.
 
Nous commençons cette série par le « chiffrage des programmes », un exercice difficile qui suscite la polémique et les interventions d’experts de tous horizons. Jean-Paul Fitoussi est économiste, il préside l’Observatoire Français des Conjonctures Economiques (OFCE). Nicolas Baverez est historien, économiste, il a publié Que faire ? Agenda 2007 (Perrin). Tous deux apportent leur regard sur la place que doivent tenir les chiffres dans le débat politique. Ils expliquent les enjeux économiques de la campagne présidentielle.
 
Jean-Paul Fitoussi. Economiste, président de l'OFCE. Auteur de L'état de l'Union européenne 2007 : l'Europe des biens publics (Fayard)
 
Nicolas Baverez. Economiste et historien. Auteur de Que faire ? Agenda 2007 (Perrin)
Published by David MOUREY - dans Finances publiques
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commentaires

christophe foraison 24/02/2007 18:18

Je me suis abonné à ton fil RSS via Netvibes (cela permet d'avoir une page personnalisée avec les sommaires de tous les sites sur lesquels je me rends régulièrement, c'est très pratique, tu devrais essayer, en plus Netvibes est en français, c'est intuitif).Je suis très proche de la position de JP Fitoussi: ces experts qui se penchent sur les programmes ne me paraissent ni crédibles (on les accusera forcément de prendre parti) ni souhaitables (le citoyen va-t-il se décider en fonction des chiffrages des experts ?).J'ai l'impression qu(il s'agit d'une vision proche de l'homo économicus: j'achète le programme qui a le meilleur rapport qualité-prix. Mais on sait que beaucoup d'électeurs se décident au dernier moment, qu'il y a poids de la socialisation politique etc..Autre contre-argument, icihttp://philippeaskenazy.blogs.nouvelobs.com/archive/2007/02/21/programmes-couteux-un-faux-debat.html

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