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  • David Mourey
  • Professeur d'Economie et de Sociologie

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Colloques d'Economie, Monnaie, Finance ...
au SENAT, Banque de France, ..., Pontault-Combault
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26 février 2007 1 26 /02 /février /2007 16:28
 Compte rendu de la conférence du mercredi 20 avril 2005
de 10 h à 12 h
 
Jean-Paul FITOUSSI
Professeur à l’IEP de Paris, Président de l’OFCE
 
La construction européenne et le « Traité établissant une constitution pour l’Europe »
 
Support de travail proposé aux élèves
 
La politique de l'impuissance,
Entretien avec Jean-Claude Guillebaud, édition Arléa, 2005
 
L’état de l'Union européenne 2005,
Sous la dir. de Jean-Paul Fitoussi et Jacques Le Cacheux, Fayard / Presses de Sciences Po
___________________________________________________________________________________________
 
Axes de discussion
 
Axe 1 : Le grand marché unique de l’UE dans le cadre de la mondialisation économique
Axe 2 : La monnaie, les politiques macroéconomiques et leur coordination en UEM
Axe 3 : Les politiques structurelles, l’emploi, la protection sociale et le service public, dans l’UE
Axe 4 : Que changerait l’adoption du « Traité établissant une constitution pour l’Europe » ?
___________________________________________________________________________________________
 
Devant prés de 250 élèves et une vingtaine de professeurs, Jean-Paul FITOUSSI, reprenant les thèses présentées dans son dernier ouvrage « La Politique de l’Impuissance », a expliqué que la construction économique européenne était davantage une opportunité qu’une contrainte pour les pays membres de l’Union européenne.
 
Il a montré que le principal problème de l‘UE était l’absence d’un gouvernement économique assis sur un processus démocratique. Ce vide politique peut s’expliquer par l’adhésion des dirigeants des pays européens à une rhétorique de la mondialisation en complète contradiction avec les observations économiques.
 
Cette rhétorique nous laisse croire que les pays riches sont désavantagés dans la mondialisation, tout simplement, parce qu’il sont riches. Dans ces conditions, seules des réformes structurelles consistant en la réduction des protections sociales des individus par abaissement du coût du travail, peuvent permettre à ces pays de redevenir compétitifs. Autrement dit, une économie ne peut redevenir dynamique et compétitive qu’au prix d’une acceptation d’un degré plus élevé d’inégalités internes.
 
Les faits, selon le chercheur, montrent pourtant que l’UE est une économie nettement plus fermée que les économies nationales qui en sont désormais les membres. Il en résulte que l’existence de l’UE réduit, ipso facto, le degré de dépendance de l’économie par rapport aux échanges extérieurs et donc à la mondialisation.
 
En effet, si la moyenne des exportations et des importations d’un pays moyen, comme la France, représentent environ 35% de son PIB, ce nombre tombe à 12% pour l’UE. De sorte que l’économie de l’UE est beaucoup moins exposée aux chocs externes et dépend davantage des ressorts de la demande interne. En résumé, l’UE est bien mieux protégé des effets pervers de la mondialisation que ne l’étaient les pays membres pris isolément. Les marges de manœuvre des politiques économiques menées par l’UE sont donc accrues par rapport à ces mêmes pays.
 
On ne peut, dés lors imputer la croissance durablement molle de l’UE (et de la Zone euro) à une compétitivité insuffisante de la zone car environ 90% du PIB de cette grande économie dépend de la demande interne, consommation et investissement, qui est fonction de la dynamique des politiques économiques mises en œuvre par les pays membres.
 
Malheureusement, les trois commandements de la politique économique de l’UE et de la zone euro sont la stabilité des prix, l’équilibre budgétaire et la doctrine de la concurrence.La stabilité des prix et l’équilibre budgétaire impliquent l’absence d’intervention de l’état dans une économie de marché qui doit spontanément rejoindre le plein emploi et un niveau élevé de croissance grâce à la flexibilité accrue des marchés permise par la politique de concurrence intra-européenne.
 
Ce type de combinaison de politique économique qui était appliqué par le FMI et la banque mondiale dans les années 80 et 90 pour favoriser le développement économique des pays en développement a été abandonné par ces institutions en raison de ses multiples échecs. Seule l’Europe reste conforme à cette rhétorique qu’elle applique durablement à son économie.
 
Or les résultats sur les 15 dernières années ne sont pas vraiment encourageants. C’est un euphémisme de la dire. Ainsi, depuis la chute du mur de Berlin, les performances économiques de la zone euro ont été parmi les plus médiocres du monde, inférieures à celles des Etats-Unis et du Royaume-Uni, ce que chacun sait, mais aussi à peine égales à celles du Japon qu’on croyait être le pays malade de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE). Entre 1990 et 2004, le poids relatif de la zone euro a baissé de 16 % par rapport aux Etats-Unis, de 9 % par rapport au Royaume-Uni, et n'a pas augmenté par rapport au Japon ! Dans le même temps, le chômage dans la zone euro en particulier est resté stable à un niveau très élevé par rapport aux Etats-Unis et au RU, pays hors zone euro.
 
Jean-Paul FITOUSSI critique sans détours le degré inacceptable de tolérance au chômage de masse des dirigeants européens depuis au moins quinze ans. Pour lui, le chômage devrait même être considéré comme hors la loi tant ses conséquences peuvent être graves pour les personnes qui en sont durablement victimes et pour la cohésion sociale.
 
Pourtant, avec le « Traité établissant une constitution pour l’Europe », l’Union persiste et signe en donnant aux règles de politique économique la valeur de loi fondamentale puisque ces règles sont intégrées, in extenso, dans la partie III du traité. Comme, de surcroît, les modalités de révision du texte imposent l’unanimité des pays membres, Jean-Paul FITOUSSI dénonce les avancées marginales du traité proposé à la ratification par rapport à la somme des textes précédents. La même rhétorique ne peut conduire qu’aux mêmes politiques économiques et donc aux mêmes échecs en matière de croissance et de chômage…
 
Mais le pire dans tout cela est peut-être la menace que fait peser sur la démocratie, donc sur le peuple et la possibilité de véritables choix de politiques économiques par les dirigeants en place, un texte qui donne une valeur constitutionnelle à des règles purement techniques et dogmatiques.
Published by David MOUREY - dans Europe
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