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  • David Mourey
  • Professeur d'Economie et de Sociologie

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au SENAT, Banque de France, ..., Pontault-Combault
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12 juin 2007 2 12 /06 /juin /2007 07:49
 J’ai découvert hier un nouveau blog, celui de Daniel Cohen.
 
Refondation de la gauche : "Pour un New Deal" par Daniel Cohen
  
Dans son premier billet, Daniel Cohen s’interroge en particulier sur la manière dont la gauche aborde la question fondamentale des inégalités.
 
Comme habituellement, les textes de Daniel COHEN sont très riches. Il exprime de nombreuses réflexions en peu de mots.
 
Daniel COHEN à Pontault-Combault, le 15 mai 2006, pour une conférence sur la mondialsiation devant 350 élèves venus de trois lycées, situés dans trois villes différentes. Merci Daniel !
 
Je ne vais pas ici et maintenant commenter l’intégralité du billet de Daniel COHEN, mais simplement poser la question suivante :
 
Selon Daniel Cohen, « Pour la gauche, l’inégalité est fondamentalement un fait social.. ».
 
Son problème se trouve « dans la difficulté à renouveler sa réflexion sur les instruments à utiliser. La gauche reste prisonnière de l’idée selon laquelle l’économie entraîne le social et du corrélat qui veut que pour agir sur celui-ci, il suffit d’agir sur celle-là. Or cette équation est invalidée deux fois. D’abord, il est de plus en plus difficile de réguler l’économie. Ensuite, à supposer qu’on y parvienne, cela ne suffit plus à résorber les nouvelles inégalités sociales. »
 
Une partie du problème rencontré, par la gauche et par la droite, n’a-t-elle pas pour origine l’opposition erronée, qui est souvent présentée, entre égalité
et équité ?
 
Egalité et équité
 
Pour trouver les bons instruments de lutte contre les inégalités, ne doit-on pas préalablement abandonner cette vision qui se traduit par une mauvaise lecture du phénomène inégalitaire ?
 
Dans trois billets précédents, j’avais tenté de montrer en m’appuyant sur les travaux du rapport Minc (1994), sur l’ouvrage de Jean-Paul FITOUSSI « Le débat interdit » (1995)et sur le livre d’Amartya SEN « Repenser l’inégalité » (1992 pour la version en anglais) que cette confusion était un problème en soi.
 
Je rappelle brièvement quelques éléments de l’introduction à ces trois billets.
 
La période qui précède des élections majeures, comme les élections présidentielles et législatives, donne toujours lieu à de nombreux échanges entre les candidats sur les meilleurs moyens mobilisables pour réduire les inégalités économiques et sociales et sur les objectifs qu’il faut poursuivre.
 
La réponse au problème des inégalités, la plus fréquemment avancée, se trouverait dans la recherche de l’équité. Il ne faudrait pas chercher davantage d’égalité mais plutôt rechercher l’équité.
 
Cette manière d’envisager la question de inégalités et des objectifs qu’il convient de fixer pour y remédier n’est pas pertinente car elle consiste implicitement à opposer l’égalité à l’équité.
 
Cette position était défendue en 1995 par Alain Minc dans un rapport au premier ministre Edouard Balladurd, intitulé « La France de l’an 2000 ».
 
Aujourd’hui, on peut avoir l’impression légitime que l’histoire bégaie. Mais la répétition de l’histoire, ici, n’est pas un bon signe car elle implique que nous reproduisons les mêmes erreurs. Autrement dit, nous n’avons peut-être pas beaucoup avancé en matière de réflexion et de lutte contre les inégalités depuis le milieu des années 90.
 
Vous trouverez dans les billets suivants, des éléments de reflexion sur cette épineuse question avec des extraits commentés des thèses avancées par les auteurs.
 
 
 
 
Je tiens à ajouter, puisque ce billet porte d’abord sur le problème posé par Daniel COHEN dans son texte, qu’en 1996 un ouvrage d’une exceptionnelle qualité a été publié sur cette question des inégalités. Le livre était intitulé « Le nouvel age des inégalités ».
 
Ce livre est issu des travaux d’un groupe de réflexion animé par Jean-Paul Fitoussi et Pierre ROSANVALLON dont Daniel COHEN faisait partie.
 
Les auteurs montrent clairement l’émergence de nouvelles formes d’inégalités et donc d’une nouvelle dynamique des inégalités.
 
En résumé, aux inégalités traditionnelles vont se cumuler des  inégalités dites dynamiques. Les premières sont caractéristiques des inégalités entre groupes sociaux alors que les secondes se rencontrent  au sein des groupes sociaux eux-mêmes.
 
Les inégalités traditionnelles étaient donc inter-catégorielles, elles exprimaient des disparités (entre deux catégories sociales), alors que les inégalités qualifiées de dynamiques sont intra-catégorielles, elles expriment davantage des phénomènes de dispersion (entre deux ou plusieurs catégories sociales).
 
Si les premières étaient acceptées car légitimées par un principe d’égalité, les secondes ne le sont plus. Il faut trouver de nouveaux principes de légitimation de ces nouvelles formes d’inégalité afin que celles-ci deviennent acceptables comme l’étaient celles-là.
 
De nombreux dirigeants et observateurs pensent que la solution réside dans la distinction entre égalité et équité. Il ne faut pas chercher davantage d’égalité mais plutôt se mettre en quête de l’équité.
 
Les travaux évoqués dans ce billet montrent au contraire que cette distinction est factice et qu’elle ne peut aboutir qu’à l’adoption d’instruments inadaptés dans la lutte contre les inégalités, traditionnelles et nouvelles.
 
Quand Daniel Cohen, dit que Pour la gauche, l’inégalité est fondamentalement un fait social.. " et que son problème se trouve surtout  " dans la difficulté à renouveler sa réflexion sur les instruments à utiliser", j’ai tendance à penser qu’une partie de la réponse se trouve peut-être dans la conception de l’égalité défendue ici.
 
Il ne faut pas opposer égalité et équité….
 
Et je développe ce point de vue dans les trois billets rappelés ci-dessus.
 
Le blog ici: Daniel Cohen
Published by David MOUREY - dans Egalité et Equité
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