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  • David Mourey
  • Professeur d'Economie et de Sociologie

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au SENAT, Banque de France, ..., Pontault-Combault
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7 janvier 2008 1 07 /01 /janvier /2008 21:49

 

« Sommes-nous des paresseux ? ». Tel est le titre du livre que vient de publier Guillaume DUVAL rédacteur en chef du mensuel « Alternatives économiques ». Je n’ai pas encore lu ce livre dont j’ai pris connaissance de la parution en lisant une critique dans le dernier numéro de l’hebdomadaire « Challenges »

.

Sur le livre « Sommes-nous des paresseux ? »
 
Dans cette critique, « Quelques vérités sur le supposé déclin français », Airy ROUTIER et Patrick FAUCONNIER, reconnaissent en toute honnêteté les mérites du livre du rival DUVAL. En effet, Challenges et Alternatives économiques n'ont pas toujours des approches très convergentes des questions économiques. Ils admettent que le livre de notre « Alter économiste » prend toujours ses distances avec les polémiques stériles. « Connaissant le parti pris un peu militant de ce bon mensuel, on craint un énième avatar du débat hystérique entre anti et prolibéraux. Il n'en est rien. Pas d'idéologie mais des chiffres avec un souci d'objectivité. »
 
« Oui, l'école va mal. Oui, les inégalités de patrimoine sont énormes. Oui, les Britanniques font mieux que nous (surprise !). Non, nous ne sommes pas en déclin : ce sont les géants (Chine, Inde, Brésil, Russie) qui grimpent. «Ce n'est pas parce que les Indiens vont mieux que nous sommes condamnés à aller plus mal. Nous ne nous maintenons au 6e rang qu'au prix de très fortes inégalités. Les Danois, au 26e rang, vont très bien ! Les Français, qui ont souvent pris la grosse tête depuis deux siècles, doivent redescendre sur terre et s'habituer à l'idée qu'ils ne pèsent que 1%du monde.» Conclusion : la France balance entre le libéralisme anglo-saxon et le modèle Scandinave. Celui-ci serait préférable, mais notre pays est si élitiste que nous n'en prenons pas le chemin. »
 
Cette critique positive et constructive m’étonne peu car il est comme cela Guillaume DUVAL. C’est d’ailleurs une des raisons pour lesquelles je l’ai invité, et il a accepté de venir, trois fois déjà. Patrick FAUCONNIER montre également qu’il sait se tenir à distance des préjugés pour mieux juger sur pièce. Maintenant, j’aimerai bien connaître la critique qu’a pu faire Guillaume DUVAL de l’ouvrage « La fabrique des meilleurs: Enquête sur une culture d'exclusion » de Patrick FAUCONNIER, qui a valu à ce dernier le Prix du Livre d'Économie en 2005.
 
Le Prix du Livre d'Economie, à ne pas confondre avec le prix des lecteurs du livre d’économie, récompense depuis 1999 un ouvrage à valeur pédagogique paru dans l'année écoulée. Il est décerné lors de la Journée du livre d'économie, par un jury composé de journalistes. La Journée du Livre d'économie se déroule à la Cours des comptes depuis 2005 (après 5 années passées au Sénat). L'ouvrage primé doit favoriser l’analyse et la réflexion, contribuer à la revalorisation du discours et de la pensée économique, sociale et politique.
 
Sur la thèse sous jacente à la question
 « Sommes-nous des paresseux ? »
 
La réduction du temps de travail est une tendance de long terme et en France, on observe une forte baisse de la durée annuelle du travail des salariés à plein temps. A très long terme, l’histoire de la croissance des gains de productivité, l’histoire de la croissance économique et l’histoire de la réduction du temps de travail se conjuguent pour produire leurs effets.
 
En France, la durée annuelle du travail pour un salarié à plein temps est passée de 2024 heures en 1960 à 1 434 heures en 2005.
 
Cela étant, dans tous les pays développés, la durée annuelle du travail des salariés à plein temps a fortement diminué entre 1950 et le début des années 80. Depuis, on peut constater un ralentissement voire un arrêt de cette baisse comme aux Etats-Unis et en Turquie, par exemple.
 
Entre 1998 et 2004 la durée annuelle moyenne du travail de l’ensemble des salariés a diminué au rythme annuel de 1 % en France, contre 0,1 % aux États-Unis, 0,2 % en Espagne, 0,4 % au Royaume-Uni et 0,9 % en Allemagne. Le passage aux 35 heures semble avoir accentué le rythme de diminution de la durée du travail par rapport à nos principaux partenaires. Il est de plus en plus admis que l’évolution de notre réglementation en matière de temps de travail (39 heures en 1981 et 35 heures en 1998) a favorisé la forte baisse de la durée moyenne de travail et, logiquement, la baisse du revenu relatif des travailleurs.
 
Mais surtout, la forte baisse de la durée annuelle moyenne du travail en France se caractérise par une réduction de la durée du travail des salariés à temps plein. Le développement du travail à temps partiel favorisé par l’entrée des femmes sur le marché du travail est une des explications de cette tendance récente, mais ce n’est pas l’explication principale.
 
L’hypothèse d’Olivier BLANCHARD : une préférence pour le loisir
 
Quelques observateurs avancent l’hypothèse du  « choix de société » pour expliquer notre réglementation et les conséquences induites. Il est possible que les Français aient, comme de nombreux européens, une préférence pour le loisir plus marquée que les américains. Cette thèse, soutenue par Olivier BLANCHARD  en 2004, qui ne peut être rejetée de facto, est à la fois vraie et fausse.
 
Elle peut permettre de comprendre la baisse du nombre d’heures travaillées par salarié à temps plein depuis près de 30 ans en France et, plus généralement, en Europe.
 
Surtout, elle pose une question difficile : « comment expliquer que des sociétés industrielles qui se ressemblent finalement beaucoup, fassent des choix aussi différents en termes d’arbitrage entre travail (revenu) et le loisir ? »
 
De l’arbitrage entre le loisir et le travail
 
Pour un individu, le loisir procure d’autant plus de « bien être » que d’autres personnes sont susceptibles de participer en même temps que lui à ses activités de loisir. Le loisir est source d’externalités positives.
 
De ce point de vue, les personnes auraient intérêt à être en loisir ensemble. « Mais, sans intervention extérieure, la majorité des personnes seraient incapables de se coordonner sur des plages de loisir prises en commun. La réglementation du temps de travail permettrait de résoudre, en partie, ce problème de coordination en imposant des périodes communes de loisir et en incitant à travailler moins longtemps. »
 
Les sondages et l’arbitrage entre le loisir et le revenu
 
Selon un sondage de l’IFOP réalisé pour le Journal du Dimanche en janvier 2005, 77 % des français « préféreraient conserver leur temps de travail actuel » tandis qu’ils sont 18 % à affirmer désirer « travailler plus ».
 
De manière plus générale, de nombreux sondages sur la question nous apprennent de façon convergente que la majorité des Français ne désirent pas travailler plus, mais qu’il y a une minorité conséquente (environ 40 % en décembre 2006) prête à sacrifier de son temps libre pour gagner plus d’argent. Un des défis d’une réglementation efficace est de tenir compte de cette diversité des souhaits.
 
En résumé, les sondages indiquent assez nettement que, même si dans leur ensemble les français ne désirent pas travailler plus, il y a une forte minorité, qui préfèrent gagner plus d’argent mais avoir moins de temps libre.
 
De la RTT aux heures sup déficalisées
 
Ce que suggèrent, en tout cas, les résultats des sondages est qu’il ne faut pas mettre tous les salariés dans le même panier. De la même manière que de nombreux salariés étaient favorables à la RTT (35 heures) en raison des termes de leur arbitrage travail-revenu/loisir, d’autres avaient avis opposé, d’autres salariés en nombre également sont favorables, en fonction des termes de leur arbitrage travail-revenu/loisir aux heures sup défiscalisées. Ce ne sont pas forcément les mêmes, tout simplement.
 
Il me semble que ce n’est pas parce qu’une mesure de politique économique ne peut résoudre seule tous les problèmes de pouvoir d’achat et/ou d’emploi, qu’elle doit être rejetée en bloc.
 
Que ce soit pour les 35 heures ou pour les heures sup défiscalisées, ne devrait-on pas s’interroger plutôt sur des mesures d’accompagnement et/ou de compensation pour ceux qui ne peuvent ou ne veulent pas en bénéficier ?
 
Donc, « Sommes-nous des paresseux ? » se demande Guillaume DUVAL. Je ne connais pas encore sa réponse puisque je n’ai pas encore lu, ni vu, son livre. Mais cela ne saurait tarder. Pour l’instant, attendons de voir ce qu’en dit Guillaume DUVAL rédacteur en chef du mensuel « Alternatives économiques ». Il sera alors indispensable de rejeter un oeil complémentaire sur ce qu’en disent les économistes.
 
A consulter :
 
Challenges du 03.01.2008
 
Âoût 2007
 
 
Published by David MOUREY - dans Emploi et chômage
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commentaires

real 10/01/2008 17:19

« comment expliquer que des sociétés industrielles qui se ressemblent finalement beaucoup, fassent des choix aussi différents en termes d’arbitrage entre travail (revenu) et le loisir ? »
Le role du travail dans l'accomplissement de soi tres ancre dans les differents protestantismes que l'on trouve aux Etat-Unis est  surement un facteur explicatif parmi d'autres (cf Max Weber). Les etudes sociologiques (menees par Emmanuel Todd notamment) sur les topologies des structures familiales entre les pays peuvent apporter aussi un autre eclairage sur les choix de societes en la matiere
L'idee d'une externalite positive du loisir collectif est amusante . cela dit une externalite positive est une amelioration du bien etre non indemnisee  ressentie par un agent suite a une decision d'un autre agent. Si une grande partie des gens prend ses vacances au meme moment, le concept d'externalite  positive s'applique essentiellement a ceux qui sont en vacances et non au reste de la population au travail . Mais on pourrait arguer que des externalites negatives sont generees par tous ces gens en vacances sur l'economie evidemment...!!  Quel serait alors l'optimum du partage travail-loisir au dela duquel les externalites positives du loisir collectif sont depassees par leurs effets negatifs?...
merci en tout cas pour vos excellents articles de synthese et l" approche mesuree et non polemique de vos propos. 

David MOUREY 15/01/2008 23:30

Merci Réal pour le com et les encouragements. Je reviens demain vers ton com.

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