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  • David Mourey
  • Professeur d'Economie et de Sociologie

Depuis 2005, Organisation et Animation :
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Colloques d'Economie, Monnaie, Finance ...
au SENAT, Banque de France, ..., Pontault-Combault
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22 janvier 2008 2 22 /01 /janvier /2008 20:33
  
La chute spectaculaires ces deux derniers jours des cours dans les principales bourses du monde mène aux conclusions les plus pessimistes. C’est, pour les cassandres, le signe que la crise financière, qui a débuté aux Etats-Unis au cours de l’été 2007 avec la crise des crédits subprime, se prolonge et s’aggrave.
 
C’est pourtant le moment que choisit Patrick ARTUS pour publier un « Special report » afin de nous expliquer que les investisseurs financiers semblent ignorer quelques principes clés de la finance. Ce n’est qu’en prenant collectivement de mauvaises décisions, en cédant à la panique et aux mouvements moutonniers, qu’ils pourraient contribuer à produire les effets qu’ils craignent. « Le coût réel (économique) de la crise des subprime reste assez petit, de l’ordre de 160 Mds $, ce qui ne peut pas provoquer une crise financière mondiale s’il n’y a pas de surréaction. »
 
Une chute des cours boursiers et de change
qui n’est pas toujours justifiée
 
En effet, si la chute des cours sur les marchés d’actions depuis le début de l’année 2008 est « justifiée dans le cas des pays émergents qui, ayant servi de valeur refuge après l’été 2007 étaient largement surévalués », elle ne l’est pas  en ce qui concerne le « marché du crédit ou des actions pour les entreprises non financières aux Etats-Unis, en Europe ou au Japon » car, les investisseurs-vendeurs de crédit ou d’actions européennes, américaines ou japonaises, liquident des titres dont la valorisation est faible à la différence des titres acquis dans les pays émergents qui étaient surévalués. Ce faisant, ces investisseurs semblent ignorer 5 facteurs favorables aux actifs d’entreprise.
 
« Les 5 facteurs oubliés par les vendeurs »
 
« 1- La liquidité mondiale est très abondante.
2- La crise des marchés d’actions dans les pays émergents est plutôt favorable à la croissance de ces pays.
3- Une récession sera évitée aux Etats-Unis, dans la zone euro, au Japon grâce aux exportations vers les émergents et exportateurs de matières premières.
4- La profitabilité des entreprises non financières n’est pas corrélée à la croissance.
5- Le coût net réel de la crise du subprime est faible. »
FLASH NATIXIS, Special Report, « Crise des marchés : 5 choses que les investisseurs semblent ignorer », Patrick ARTUS, 22 janvier 2008
 
La liquidité mondiale est très abondante.
 
L’accumulation de réserves de change par les pays émergents et les pays exportateurs de matières premières se traduit par une hausse continue et rapide de la liquidité mondiale. « L’aspect négatif de cette situation est qu’elle fabrique des bulles à répétition qui se déplacent d’un actif à l’autre et explosent finalement (IT en 2001, immobilier en 2007, actions des émergents en 2008). L’aspect positif est que la liquidité doit être utilisée quelque part, et reviendra donc sur les actifs dont la valorisation est faible (crédit, actions des grands pays de l’OCDE). »
FLASH NATIXIS, Special Report, « Crise des marchés : 5 choses que les investisseurs semblent ignorer », Patrick ARTUS, 22 janvier 2008
 
Une crise des marchés d’actions dans les pays émergents
est favorable à leur croissance
 
En effet, le cours des actions dans ces pays avait excessivement augmenté sous l’effet des entrées de capitaux massives, alimentant une augmentation forte de la demande de ces titres, dans les pays émergents. Simultanément, les cours des monnaies de ces pays s’étaient exagérément appréciés. La fin de la bulle spéculative sur les marchés des actions dans les pays émergents va donc se traduire par un retour vers des taux de change plus faibles et donc plus favorables à la croissance.
 
Pas de récession aux Etats-Unis, dans la zone euro et au Japon
 
Pour Patrick ARTUS, cette récession sera évitée grâce aux exportations vers les pays émergents et les pays exportateurs de matières premières. En effet, si « la demande intérieure s’affaiblit fortement aux Etats-Unis (avec la crise immobilière et le recul du crédit), dans la zone euro (avec le retournement du cycle immobilier et le recul du crédit), au Japon (avec la baisse des salaires) », et « s’il y a quasi-récession pour ces pays du côté de la demande intérieure, une récession sera évitée grâce aux exportations vers les pays émergents et exportateurs de matières premières, qui entraînent (ce qui est très différent de la situation de 2001-2003) une progression très rapide des exportations totales et une contribution très positive du commerce extérieur à la croissance. »
FLASH NATIXIS, Special Report, « Crise des marchés : 5 choses que les investisseurs semblent ignorer », Patrick ARTUS, 22 janvier 2008
 
« La profitabilité des entreprises non financières
n’est pas corrélée à la croissance »
 
Même en période de croissance molle, la profitabilité des entreprises non financières peut continuer à progresser car les entreprises ont (comme en 2001-2003) la capacité de faire progresser la productivité des travailleurs plus vite que les salaires réels. En situation de croissance ralentie, les entreprises non financières ont tendance à engager des politiques de restructuration et d’ajustement de l’emploi rapides. Dans le cadre de ce que les économistes nomment le cycle de productivité, l’ajustement à la baisse de l’emploi s’accompagne de gains de productivité par travailleur qui ne se traduisent pas ipso facto par des hausses proportionnelles des salaires réels, d’autant plus que le chômage croît et pèse sur la croissance des salaires.
 
Le coût net réel de la crise du subprime est faible.
 
Selon Patrick ARTUS, les banques subissent certes des pertes comptables (sur les portefeuilles de CDOs, les paniers de prêts… qu’elles détiennent), mais la perte économique (réelle) due à la crise reste faible. En effet, « les taux de défaut des entreprises sont très faibles et aucune perte économique sur le crédit n’est observée. Les pertes économiques viennent du subprime. Quand on tient compte de l’encours de crédit subprime, des taux de défaut observés et prévus pour 2008 (le taux de défaut 2008 sera élevé puisque c’est en 2008 que s’observera le pic des resets sur les crédits subprime), de la valeur de revente des maisons saisies (en baisse avec la baisse des prix de l’immobilier), on parvient à une estimation du coût net réel de la crise du subprime de l’ordre de 160 milliards de dollars, ce qui n’est pas gigantesque. »
FLASH NATIXIS, Special Report, « Crise des marchés : 5 choses que les investisseurs semblent ignorer », Patrick ARTUS, 22 janvier 2008
 
Réfléchir avant de vendre
 
Il ne faut pas acheter au son du canon et vendre au son du violon. Il n’est pas raisonnable d’acheter quand les cours sont hauts, et donc sur le point de baisser, et vendre quand les cours sont bas, et donc sur le point d’augmenter. De plus, il n’est pas collectivement rationnel de vendre quand les cours commencent à baisser et qu’on anticipe qu’ils vont baisser encore, parce que les autres font les mêmes anticipations.  Sinon, selon la logique des anticipations auto-réalisatrices, comme tout le monde se met à vendre de peur de perdre, les cours baissent, chutent effectivement et tout le monde perd et voit se produire ce qu’il redoutait.
 
« Avant de vendre leurs portefeuilles de crédit ou d’actions (européennes, américaines, japonaises) les investisseurs doivent réfléchir aux 5 facteurs évoqués ci-dessus. » conclue Patrick ARTUS.
 
 
A consulter
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Le Monde, Débat avec Jean Paul Fitoussi,  président de l'OFCE,  mardi 11 septembre 2007 à 15 h00.
 
 
 
 

 

Published by David MOUREY - dans Crises Financières
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commentaires

Malakine 22/01/2008 23:55

J'ai lu ailleurs le chiffre de 500 milliards pour la facture des subprimes, et d'ailleurs, peut-on réellement en connaître le montant. Ne dépendra t-il pas de l'ampleur de la crise aux USA ? L'argument selon lequel il n'y aura pas récession car les USA vont exporter en Chine et dans les pays exportateurs, me semble être du grand n'importe quoi ! Il n'y a qu'un élément qui pourrait permettre cela, c'est un effondrement du dollar. Or si le dollar s'effondre, certes, ils pourront exporter plus facilement (sous réserve qu'ils aient encore des productions à exporter), mais leurs importations seront plus chères, ce qui ralentira encore leur économie qui fonctionne à la consommation.

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