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  • David Mourey
  • Professeur d'Economie et de Sociologie

Depuis 2005, Organisation et Animation :
Conférences Pédagogiques
Débats Publics
Colloques d'Economie, Monnaie, Finance ...
au SENAT, Banque de France, ..., Pontault-Combault
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1 février 2008 5 01 /02 /février /2008 20:52

 

 
Dans un commentaire du billet suivant, Krack Boursier, Crise financière : ce que les investisseurs semblent ignorer, , Malakine (site web), n’est pas convaincu par l’argument de l’auteur selon lequel, il n'y aura pas récession car les USA vont exporter en Chine et dans les pays exportateurs. Il ajoute qu’il « n'y a qu'un élément qui pourrait permettre cela, c'est un effondrement du dollar. Or si le dollar s'effondre, certes, ils pourront exporter plus facilement (sous réserve qu'ils aient encore des productions à exporter), mais leurs importations seront plus chères, ce qui ralentira encore leur économie qui fonctionne à la consommation. »
 
C’est dans une note récente, FLASH NATIXIS, «Exporter vers les émergents : condition indispensable pour conserver la croissance », Patrick ARTUS, 17 janvier 2008, que je trouve des éléments de réponse apportés par patrick ARTUS aux questions de Malakine.
 
Cela étant, j’essaierai de vérifier par ailleurs, à partir d’autres sources, ce qu’il en est de l’hypothèse avancée par le directeur des études économiques chez Natixis.
 
« Plusieurs facteurs vont durablement affaiblir les demandes intérieures des grands pays de l’OCDE : freinage de l’endettement des ménages et fin du cycle immobilier (Etats-Unis et Europe hors Allemagne) ; hausse des prix des matières premières ; faiblesse des hausses de salaire (surtout Allemagne, Japon) ; hausse des coûts de financement. Pour compenser cet affaiblissement de la demande intérieure, les grands pays de l’OCDE disposent essentiellement d’une piste : avoir des exportations en croissance rapide vers les pays émergents et exportateurs de matières premières, ce qui nécessite de disposer de l’offre de biens adaptée et d’une monnaie qui se déprécie vis-à-vis des devises des émergents, ce qui sera le cas pour le dollar, pour le yen et probablement pour la livre sterling mais pas pour l’euro. »
 
Le soutien de la croissance passe les émergents
 
Aujourd’hui, selon les cas, les exportations vers les émergents et exportations de matières ajoutent de ½ point à 2 points ½ à la croissance des grands pays de l’OCDE. Les pays les plus grands bénéficiaires de ces exportations dans le futur devraient être le Japon et l’Allemagne. Les exportations vers les pays émergents et exportateurs de matières premières croissent partout très rapidement. Compte tenu de leur poids, leur contribution annuelle à la croissance est de, 2,4 points en Allemagne, 1,2 point en Italie, 0,9 point en France, (1,5 point dans la zone euro), 1 point au Japon, 0,8 point en Espagne, 0,4 point aux Etats-Unis, 0,4 point au Royaume-Uni. Donc, les exportations vers les pays émergents et les pays exportateurs de matières premières apportent un supplément important de croissance à certains pays plus qu’à d’autres.
 
Compte tenu de la progression de leur demande intérieure, les pays émergents et exportateurs de matières premières ont aussi des importations en croissance très rapide, d’où la progression rapide des exportations des pays de l’OCDE vers ces pays. Mais, certains pays profitent plus que d’autres, de la croissance de leurs exportations vers les émergents : c’est le cas de l’Allemagne en particulier.
 
Pour qu’un pays de l’OCDE puisse avoir des exportations importantes vers les pays émergents et exportateurs de matières premières, indispensable avec le freinage de la demande intérieure, il faut  qu’il dispose de l’offre de biens adaptée et que sa devise ne s’apprécie pas vis-à-vis des monnaies des émergents.
 
Structure par produits des exportations
des pays de l’OCDE en 2005
 
Quand on examine l’évolution des exportations, la contribution du commerce extérieur à la croissance, la structure par produits des exportations, la balance commerciale pour les biens d’équipement, on voit que la spécialisation productive semble favorable aux exportations :
 
− au Japon et en l’Allemagne (croissance forte des exportations, rôle des biens d’équipement)
 
mais
 
− pas en Espagne, en France, au Royaume-Uni et aux Etats-Unis (contribution négative du commerce à la croissance et absence d’excédent pour les biens d’équipement).
 
Ceci correspond à la performance à l’exportation vers les émergents.
 
Tableau : Structure par produits des exportations (2005)
 

 

En % du total
Etats-Unis
France
Allemagne
Italie
Royaume Uni
Espagne
Japon
Agro-alimentaire
3,5
2,6
0,5
1,2
0,5
5,6
0,02
Biens intermédiaires hors énergie
23,3
21,2
23,0
26,3
16,1
20,6
25,1
Energie
3,3
4,1
2,1
3,5
9,5
4,4
0,7
Biens d'équipement
31,6
23,1
26,2
21,2
26,0
15,3
30,8
Biens de consommation
14,6
27,1
23,7
21,3
22,9
29,9
25,1
Autres
23,7
21,9
24,4
26,5
25,1
24,2
18,2
Source: CHELEM
 
L’évolution du taux de change du Dollar, de l’Euro et de la Livre sterling vis-à-vis des monnaies des pays émergents
 
Les variations du taux de change permettent également d’expliquer la croissance des exportations vers les pays émergents.
 
Depuis 2005, l’euro et la livre sterling se sont appréciés vis-à-vis des monnaies des économies émergentes, (Chine, Emergents d’Asie, Amérique Latine, PECO, Russie et Inde), ce qui a ralenti la croissance des exportations vers les émergents (et producteurs de matières premières) du Royaume-Uni, mais pas (encore) de la zone euro.
 
Aux Etats-Unis, on n’observe pas de remontée du taux d’épargne des ménages malgré les crises financières ; le déficit extérieur subsiste donc, et devient plus difficile à financer avec l’arrêt des achats d’ABS construits aux Etats-Unis par le Reste du Monde (perceptible à travers l’évolution au 3ème trimestre 2007 des achats d’obligations d’entreprise qui incluent les ABS). Il est donc raisonnable d’attendre la poursuite de la dépréciation du dollar vis-à-vis des monnaies des émergents.
 
Au Royaume-Uni, l’appréciation de la livres sterling a été due au niveau élevé (relativement au dollar et à l’euro) des taux d’intérêt avec une croissance forte tirée par les services financiers, par la construction, par les effets de richesse immobilière. Le cycle de la construction se retourne au Royaume-Uni, les prix de l’immobilier commencent à ne plus augmenter, et la crise de 2007 va freiner les revenus générés par les services financiers. Puisque le Royaume-Uni a un déficit extérieur, malgré l’excédent des services, et que le freinage des moteurs de la croissance (la finance et l’immobilier) va conduire à des baisses de taux d’intérêt, il faut s’attendre à une dépréciation de la livre sterling vis-à-vis des monnaies des émergents.
 
Malgré le ralentissement économique, la zone euro devrait conserver une monnaie forte, en appréciation même vis-à-vis des devises des émergents, en raison du rôle croissant de monnaie de réserve internationale de l’euro. Le contraste entre le fait que la zone euro a un excédent de sa balance courante et le fait que les non résidents sont fortement acheteurs de titres en euros génère l’appréciation de l’euro.
 
Au Japon, après l’épisode de réappréciation qui a suivi la crise de l’été 2007, le yen devrait redevenir une monnaie faible. En effet, avec la baisse des salaires, la croissance ne venait au Japon que des exportations et des investissements liés, qui sont affectée par le ralentissement de l’économie américaine.
 
Dans la Zone Euro, les exportations vers les émergents vont ralentir en raison de l’appréciation de l’euro ; les Etats-Unis, le Royaume-Uni et le Japon devant avoir des monnaies faibles vis-à-vis des devises des émergents, mais cet effet de l’appréciation de l’euro ne se voit pas encore.
 
 
Source : FLASH NATIXIS, «Exporter vers les émergents : condition indispensable pour conserver la croissance », Patrick ARTUS, 17 janvier 2008,
.
 
 
Published by David MOUREY - dans Mondialisation
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