Patrick Artus et Olivier
Pastré viennent de publier chez Perrin un nouvel ouvrage qui arrive au bon moment.
Ce livre, « Sorties de crise : Ce qu'on ne nous dit pas, ce qui nous attend », à été écrit avant le dernier
sommet du G20 à Pittsburg.
La crise n'est pas finie
Alors que de nombreux commentateurs laissent entendre que la crise est finie, les auteurs montrent clairement que ce n’est pas le cas et que si nous persistons à ne pas traiter les causes profondes de cette crise globale, alors le pire reste à venir !!!
C’est pour illustrer ce dernier point que Patrick Artus et Olivier Pastré réalisent un exercice d’économie fiction au cours de premières pages. On comprend alors mieux l’ampleur des dangers qui nous guettent et pourquoi ces derniers devraient inciter nos dirigeants, aux niveaux national et international, à devenir responsables en prenant les décisions qui doivent être prises., sans attendre et sans jouer au passager clandestin.
La crise n’étant pas seulement d’ordre microéconomique, il ne suffit pas de taper sur les traders et leurs bonus, de modifier les incitations, …, il faut aussi mettre en place des règles de prudence au niveau macroéconomique global.
Le problème le plus grave qui est d’ailleurs l’explication ultime (de mon point de vue) de la crise financière et économique mondiale relève des déséquilibres macroéconomiques, monétaires et financiers internationaux qui persistent depuis de nombreuses années.
Ne pas traiter cela ne pourra nous mener
in fine
qu’à une crise encore plus grave dans l’avenir.
Les Etats-Unis ne devraient plus pouvoir faire financer un déficit extérieur abyssal par la Chine et les pays de l’OPEP durablement. En effet, cela signifie que les Etats-Unis épargnent peu, consomment et investissent beaucoup trop ; que la Chine, épargne beaucoup trop mais investit et consomme trop peu ; … ; que les pays émergents et exportateurs de pétrole financent la croissance d’un pays bien plus développé.
Simultanément, cette situation s’accompagne d’une sous évaluation du Yuan-Renmenbi pour soutenir le dollar, de
l’accumulation de réserves de changes qui viennent gonfler de manière excessive la liquidité mondiale (base monétaire), celle-ci venant alimenter la une très forte croissance de la masse
monétaire (aux mains des agents non financiers) déjà soutenue par des politiques durablement expansionnistes (taux d’intérêt de court terme bas), mais ceci n’alimente pas l’inflation sur les
marchés des biens et services.
Enfin, ces flux gigantesques de capitaux vers les Etats-Unis et autres pays développés permettent de maintenir les taux d’intérêt à long terme bas et facilitent de facto le financement
de déficits publics à couts très faibles. Les ratios dette publique/PIB explosent avec les risques potentiels élevés qui pourraient se manifester dans un futur proche.
Bien pire, ces déséquilibres cumulés se traduisent par d’énormes transferts de capitaux qui font le lit de la spéculation en créant des bulles successives sur différents actifs (financiers, matières premiers, alimentaires, …) avec toutes les conséquences dramatiques que cela peut engendrer sur l’économie réelle.
Il faut donc régler de toute urgence ces problèmes macroéconomiques ! Les systèmes monétaires et financiers internationaux doivent être profondément réformés. Déjà trois G20 et si peu d’avancées sur ce terrain.
La coopération au niveau européen et au niveau mondial doit absolument prévaloir pour éviter le risque majeur d’un protectionnisme commercial, monétaire et financier aux conséquences plus que dangereuses.
Les auteurs font donc 20 « propositions complémentaires, indispensables et urgentes » pour construire un avenir meilleur pour l’économie mondiale et pour les peuples du monde.
La coopération y joue un rôle fondamental, la résorption des déséquilibres macroéconomiques également, la réduction des inégalités de revenus au niveau national et international également, ….
Tout cela est à découvrir dans les détails de l’ouvrage.
Bonne lecture...
Présentation de l'éditeur
Sortir de la crise, voilà ce qui doit mobiliser nos énergies et nos esprits. Car les grandes déclarations et les efforts plus ou moins efficaces multipliés depuis septembre 2008 n'y suffiront pas. Le protectionnisme, le repli, l'indifférence menacent et, hélas, l'histoire des années 1930 nous a appris comment cela finissait : par la guerre. Il faut donc réagir, délaisser l'intuition et l'approximation au profit des principes et des règles économiques, choisir des priorités, élaborer des scénarios et proposer des mesures, sans a priori et sans rien s'interdire. Mais de toute urgence.
Biographie de l'auteur
Olivier Pastré est professeur à l'université de Paris VIII, producteur à France Culture et membre de la Commission de surveillance de la Caisse des dépôts et consignations.
Il a notamment publié Le roman vrai de la crise financière (avec Jean-Marc Sylvestre), Prix Turgot 2009.
Patrick Artus est professeur à la Sorbonne et à Polytechnique. Directeur des études économiques de Natixis et membre du Cercle des économistes, il a notamment publié Les incendiaires, Prix Turgot 2008, et Le capitalisme est en train de s'autodétruire.
« Sorties de crise : Ce qu'on ne nous dit pas, ce qui nous attend »
Table des matières
LE LIBERALISME N'A JAMAIS EXISTE
Chacun pour sa soie
De Méline au GATT : le yo-yo protectionniste
Le GATT : l'exception faite règle
LA VRAIE NATURE DE LA CRISE
Les cinq causes de la crise : " On ne dit pas tout "
Les nuages s'amoncellent
Le nationalisme financier
LES PIEGES A EVITER
Le scénario noir
Le scénario rose
Ce qu'il ne faut pas dire
UN SCENARIO COOPERATIF
Pourquoi coopérer ?
Les grands principes
La coopération monétaire
A consulter :
Le Cercle des Economiste « Fin de monde ou sortie de crise » ?
Economie, Le Prix Turgot 2009 à Olivier PASTRE et Jean-Marc SYLVESTRE
Patrick ARTUS : Lauréat du Prix Turgot du meilleur livre d’économie financière 2007
Certes, c'est sans doute différent si ces "préférences" ne proviennent pas des acteurs eux-mêmes mais de leurs gouvernements. Le gouvernement américain a encouragé le crédit facile, les Chinois sont mercantilistes, etc. Mais que dire alors de la zone euro, qui n'avait pas de déficit ni d'excédent budgétaire? L'Allemagne excédentaire, est en crise. L'Espagne aussi.
Une explication alternative est que la politique monétaire a été expansionniste dans toutes les régions du monde, indépendamment de leur situation macroéconomique. L'inflation généralisée provoque des bulles généralisées, que ce soit dans des pays excédentaires (Japon dans les années 80, Chine aujourd'hui) ou déficitaires (US).
Selon le diagnostic que l'on fait, on a des remèdes très différents. Si l'on diagnostique des déséquilibres macro, il faut "rééquilibrer" les relations macro, encourager la coordination internationale, en bref substituer plus de décisions politiques aux décisions du marché. Si l'on diagnostique une politique monétaire expansionniste, il faut réformer nos institutions monétaires. Il y a sans doute une zone de recouvrement entre ces deux approches, mais les questions monétaires devraient occuper le premier plan. Artus est d'ailleurs souvent de cet avis dans ses interventions, et il critique depuis longtemps l'orgie de liquidités et le laxisme monétaire de toutes les banques centrales.
Nous faisons des choix au niveau micoéconomique qui dépendent de notre environnement macroéconomique (crédit facile ...) et en retour ces choix micro peuvent modifier à la longue les équilbres macro, voire crée des déséquilibres supplémentaires ...
Poltique monétaires expansionnistes et acccumulation de réserves de change ont combiné leurs effets pour faire croitre la liquidité mondiale (la base monétaire).
En tout cas, la coopération internationale est au fondement de toute réforme des systèmes monétaires et financiers internationaux.