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  • David Mourey
  • Professeur d'Economie et de Sociologie

Depuis 2005, Organisation et Animation :
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au SENAT, Banque de France, ..., Pontault-Combault
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17 octobre 2010 7 17 /10 /octobre /2010 19:35

Un petit commentaire sur une contrevérité qui alimente les discussions sur les effets de l’allongement de la durée de cotisation et le report de l’âge de départ à la retraite.

De nombreuses voix s’élèvent pour affirmer que faire travailler les »vieux » plus longtemps va nuire à l’emploi des « jeunes ».

 

Les dangers du « bon sens » en économie

 

Ce type d’affirmation n’a aucun fondement et il est assez facile d’en démontrer le ridicule.

 

1 - Au début des années 80, le gouvernement en place réagit à la hausse rapide du chômage par la mise en place des départs à la retraite anticipés, les préretraites.

L’idée est qu’en incitant les « vieux » à partir plus tôt, les « jeunes » trouveront un emploi plus facilement et le chômage baissera.

Résultat : la croissance du chômage n’a pas cessé et le chômage est devenu massif.

 

2 – A la fin des années 90, le gouvernement Jospin-Aubry met en place les 35 heures en faisant le même type de raisonnement !

Résultat : la contribution de la RTT (réduction du temps de travail) à la hausse de l’emploi et à la baisse du chômage est plus que controversée et on admet que même pas ¼ des emplois crées l’ont été par les 35 heures. Le problème est qu’à long terme, il est également admis que le cout de cette mesure pèse sur l’emploi et le chômage.

 

3 – Aujourd’hui, sur la base d’un raisonnement analogue, certains commentateurs affirment à nouveau que l’emploi des uns menace l’emploi des autres. Si les « vieux » travaillent plus longtemps, alors les « jeunes » seront plus nombreux au chômage.

Donc, si on refuse d’allonger la durée du travail des « vieux », alors, le chômage des « jeunes » n’augmentera pas, voire il baissera.

 

Trois raisonnements  identiques mais Faux !

 

L’emploi total n’est pas un gâteau, dont la taille globale est donnée, qui se partage

 

Dans les trois cas, l’hypothèse implicite est qu’il existe un nombre d’emploi, donné, qu’il convient de partager entre un nombre d’actif donné.

Pour une durée du travail par individu, donnée, si le nombre d’actifs (personne qui occupe un emploi ou qui est sans emploi et en cherche un) augmente plus vite que le nombre d’emplois, alors, il convient de donner l’emploi aux uns (aux jeunes comme au début des 80ies) en incitant les autres (vieux) à entrer plus vite en inactivité (partir plutôt à la retraite). Dans ces conditions, le chômage ne devrait pas augmenter.

Une autre possibilité est celle sur laquelle repose la RTT. Pour réduire le chômage, compte tenu d’un nombre d’heures de travail donné, il suffit de réduire la durée de travail par individu pour que ceux qui occupent un emploi soient plus nombreux. Dans ces conditions, le chômage ne devrait pas augmenter et rester durablement plus bas.

 A court terme, cela peut fonctionner un peu ...  A long terme, c’est sans effet favorable, voire les effets sont pervers.

 

Pourquoi ne peut-on pas partager l’emploi ?

 

Pierre Cahuc et André Zylberberg ont très clairement expliqué ce point dans leur ouvrage « Le Chômage, nécessité ou fatalité » publié en 2004.

CAhuc Zylberberg Le chômage, fatalité ou nécessitéDans le chapitre 2, « Le travail ne se partage pas », les auteurs s’appuient sur de très nombreuses observations (des données empiriques nombreuses) pour montrer que ces raisonnements sont des leurres, des arguments fallacieux (destinés à tromper la compréhension).

 

L’immigration n’est pas un facteur de chômage

 

Ils montrent, par exemple, que l’immigration n’est pas un facteur de chômage. Pourtant, via l’immigration, l’emploi des uns serait menacé par celui des autres…. Si l’on suit les mêmes raisonnements. Ainsi, preuves empiriques à l’appui, dans une société suffisamment réactive, augmenter le nombre de bras ne conduit pas à la hausse du chômage et diminuer le nombre de bras ne conduit pas à la baisse du chômage.

Par exemple, en 1962, le retour en France de centaines de milliers de  rapatriés d’Algérie en âge de travailler  ne s’est pas traduit par une hausse significative du chômage, bien au contraire. En 1962, 900 000 rapatriés d’Algérie en âge de travailler se sont installés pour l’essentiel dans le sud de la France. 

L’analyse de l’impact sur le marché du travail des migrations  contredit l’idée selon laquelle l’économie d’un pays, et a fortiori l’économie mondiale, dispose d’un nombre fixe d’emplois (et d’heures de travail) et que ces emplois doivent être partagés ente ceux qui cherchent à travailler afin de réduire le chômage. Au contraire, c’est la hausse de la population en âge de travailler qui va provoquer la hausse de la population active et celle de l’emploi. L’emploi est bien le fruit d’une recomposition permanente et massive de l’appareil productif induite par le processus de destruction créatrice (PDC).

Aux Etats-Unis, en 1990, David Card a analysé le cas de l’exode Mariel entre avril et mai 1980. Lorsque Fidel Castro à permis l’ouverture du port Mariel, environ 125 000 cubains ont quitté le pays pour rejoindre notamment Miami dont la population active a augmenté de 7%. Et entre avril et juillet 1980, le taux de chômage de Miami passe de 5% à 7,1%. David Card a comparé le contexte réel de Miami à une situation témoin, celle de villee aux caractéristiques économiques et démographiques proches (Atlanta, Los Angeles, Houston..), reproduisant le contexte réel sans l’élément perturbateur, l’exode Mariel.  David Card a donc pu comparer les évolutions moyennes du chômage et des salaires dans ces différentes villes et il en a conclu que la vague d’immigration fut sans effet significatif sur les salaires et l’emploi à Miami relativement aux situations témoins.

Certes, Pierre Cahuc, insiste dans une note de bas de page sur la marge d’incertitude qui affecte ce type d’analyse mais l’enseignement n’en est pas moins réel. L’afflux de migrants n’est pas un facteur puissant de chômage.

 

La réduction du temps de travail, l’emploi et le chômage

 

A la fin des années 1970, la réduction du temps de travail a pour objectif le partage de l’emploi existant entre un nombre plus élevé de bras afin de faire baisser le chômage. En France les Lois Robien en 1996 et Aubry en 1998 et 2000 répondent à cet objectif.

Dans un monde ou le niveau de production serait une donnée intangible, il faudrait un nombre fixe d’heures de travail pour permettre cette production. Dans un tel monde, le partage du travail et d’autant plus efficace que les travailleurs le sont moins, peu productifs, ils doivent être plus nombreux. Donc, moins ils sont productifs, plus cela permet d’embaucher les chômeurs.

Mais en vertu du processus de destruction créatrice, PDC, l’appareil productif est en perpétuelle mutation et l’emploi se redéploie en permanence entre les entreprise et les secteurs en fonction de leur compétitivité respectives. Dans ces conditions, les effets de la RTT sur l’emploi et le chômage dépendent des ses effets sur la compétitivité des entreprises et de leur capacité d’adaptation à ce nouvel environnement institutionnel. Pour ces raisons, les lois Robien et Aubry intègrent des dispositifs de baisse de cotisations sociales aux entreprises qui pratiquent la RTT.

Les analyses, de Jennifer Hunt, des conséquences de la RTT négociée par branches en Allemagne entre 1984 et 1994 concluent que le niveau d’emploi, et les salaires mensuels ont été stables. La RTT n’a pas contribué à la baisse du chômage. En France l’étude de la RTT de 1982, le passage des 40 heures hebdomadaires au 39 heures avec maintien du salaire, par Crépon et Kramarz, ne met en évidence aucun impact positif sur l’emploi, même à court terme.

L’évaluation des effets des lois Aubry qui mélangeaient RTT, réduction des cotisations sociales et horaires flexibles est fort délicate. Le chiffre de 350 000 emplois crée par le passage aux 35 heures est contestable dans la mesure ou celui-ci s’est accompagné de mesures de réduction de cotisations…  Donc à quoi imputer les créations d’emplois ?

 

En conclusion, croire qu’il suffirait de limiter l’immigration, de réduire la population active ou de partager le travail par les RTT, pour accroître l’emploi et réduire le chômage est une erreur.

 

La vérité est ailleurs…

 

PDC, croissance économie, emploi et chômage

 

C’est le processus de destruction créatrice qui va déterminer la croissance et l’emploi, donc le chômage. Les emplois sont fragiles dans la mesure ou ils s’inscrivent dans la dynamique d’un PDC, processus de destruction créatrice. Ce type de mesure de partage de l’emploi n’est pas susceptible d’améliorer l’efficacité de ce processus et donc la croissance économique et les niveaux de vie.

Le marché du travail est un marché dynamique, en recomposition permanente sous l’effet du PDC, c'est-à-dire des destructions et créations d’emplois, des réallocations d’emplois, des réallocations de main d’œuvre, …

Pour en savoir davantage sur le caractère dynamique du marché du travail, je vous renvoie à un texte simple ici : Appariements sur le marché du travail

 

Ampleur des destructions et créations d’emploi

 

Voir aussi Le « retour » de la « Politique économique », seconde édition, 2009 pour ce qui suit :

Politique--conomique-2009-Benassy-Quere.gifChaque année, en moyenne dans les pays développés, 1 emploi sur 7 est détruit et 1 emploi sur 7 est crée. Au cours d’une année donnée, dans le cadre d’un vaste processus de réallocation des emplois, et quelque soit la croissance économique, le taux de création nette d’emplois (taux de création d’emplois -  taux de destruction d’emplois) est d’un ordre de grandeur inférieur au taux de création et au taux de destruction. Le taux de création nette d’emplois mesuré par le taux de croissance de l’emploi sur un an,  est d’environ 10% en moyenne.

Le taux de  réallocation d’emplois (taux de création d’emplois +  taux de destruction d’emplois) est d’environ 20% en moyenne.

Mais ces chiffres, sont observés au niveau des entreprises en fin d'année. Ils masquent des mouvements plus importants encore de création et destruction en cours d'année, au sein des établissements et au niveau des postes de travail. En outre, ce sont des flux d'emplois et non des flux de main-d'œuvre. La création nette d'emplois sur l'année, grandeur pertinente au niveau macroéconomique, n'est que la résultante de ce grand brassage.

Le « déversement » de la force de travail des secteurs en déclin vers les secteurs en pointe est très lent, en comparaison des flux de création et de destruction d'emplois (Pour en savoir plus sur les créations et destructions d'emplois, voir Cahuc et Zylberberg (« Le Chômage, nécessité ou fatalité », 2004), chapitre 1.). L'évolution du chômage est évidemment liée à la différence entre créations et destructions d'emplois, mais elle n'en dépend pas principalement. En effet, les destructions d'emplois ne constituent qu'une faible part des flux d'entrée dans le chômage, qui sont dominés par l'entrée des nouvelles générations dans la vie active. De même, les flux de sortie du chômage ne correspondent pas uniquement à des créations d'emplois, mais aussi à une meilleure adéquation des chômeurs aux postes vacants, et au passage à l'inactivité (retraite, abandon de la recherche d'emploi).

 

L'appariement entre offre et demande de travail

 

Le bon fonctionnement du marché du travail ne se mesure pas seulement au taux de chômage mais aussi à sa capacité à assurer l'appariement des offres et des demandes d'emploi.

Pour apprécier cette capacité, on observe la relation entre le taux de chômage, qui mesure les demandes d'emploi non satisfaites, et le taux d'emplois vacants, qui mesure les offres d'emplois non satisfaites, exprimés tous deux en pourcentage de la population active (courbe de Beveridge).

Dans le cadre des modèles d’appariement entre offre et demande de travail, le nombre de chômeurs et le taux de chômage, ne sont plus seulement considérés comme des variables de stock. Cette approche permet de comprendre que le chômage résulte de l'accumulation de flux d'individus qui perdent leur emploi sans retrouver un autre emploi.  Il existe un processus d’appariement entre ces flux d’offre et ces flux de demande de travail, et une petite différence entre les deux flux est susceptible d'avoir un impact important sur le chômage, d'où l'utilité d'expliquer les flux et non directement le stock.

Le modèle d'appariement enrichit donc notablement la représentation du marché du travail. Il intègre les déterminants traditionnels du chômage et offre un cadre d'analyse des effets de politiques touchant à l'accompagnement des chômeurs, ou à la protection de l'emploi. Il constitue ainsi, de plus en plus, le cadre de référence des analyses modernes du marché du travail.

 

Prix Nobel d’Economie 2010 et processus d’appariement sur le marché du travail

 

Les travaux des prix Nobel d’Economie 2010, (« Prix Nobel d’Economie 2010 » pour Peter DIAMOND, Dale MORTENSEN et Christopher PISSARIDES), en termes d’appariements sur le marché du travail insistent sur l’existence de frictions sur le marché du travail et donc la coexistence de chômeurs et d’emplois vacants.

Ce processus d’appariement, ou matching, est soumis au PDC (processus de destruction créatrice porté par l’innovation).

On en déduit, que l’hétérogénéité et la variabilité du travail et de l’emploi rendent ce matching très complexe.

Dans ces conditions, penser et affirmer que l’emploi des uns (« vieux ») est une menace pour celui des autres (« jeunes), ou encore que la sortie de l’emploi des uns (« vieux) va libérer des places pour embaucher les autres (« jeunes ») est au mieux une méconnaissance, au pire un mensonge et une stupidité.

 

Incompréhension du fonctionnement du marché du travail et réforme des retraites

 

Pourtant, à l’aune d’un tel pseudo argument, des centaines de milliers de jeunes sont incités à aller dans la rue pour dénoncer une mesure phare de la réforme des retraites.

Il ne s’agit aucunement ici de défendre cette réforme (tel n’est pas l’objet), mais simplement de montrer que le « bon sens » conduit souvent à dire et à faire n’importe quoi …

 

A consulter :

 

Appariements sur le marché du travail

Conférence de Pierre CAHUC

Une nouvelle estimation des flux d'emploi et de main-d'oeuvre en France

Le « retour » de la « Politique économique », seconde édition, 2009

La discrète dégradation du débat économique

Travail, Emploi et Chômage 1/4

Travail, Emploi et Chômage 2/4

Travail, Emploi et Chômage 3/4

Travail, Emploi et Chômage 4/4

Le plein emploi 1/2

Le plein emploi 2/2

 

Published by David Mourey - dans Emploi et chômage
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commentaires

olaf 31/10/2010 10:57



D'accord, mais ça fait bien 30 ans que se pose le problème du chômage en France, sans résultats.


Ayant fait parfois partie du problème en tant que chercheur d'emploi, pourtant multi dipômé, je me suis résolu à émigrer, je ne le regrette pas, le management à l'allemande me convient mieux,
même si j'ai eu du mal à apprendre la langue.


 


 



David Mourey 01/11/2010 12:30



Mais je suis d'accoord. On ne peut que se poser des questions. Je pense pour une inaction ou une action inefficace des pouvoirs publics qui n'ont pas le
courage de faire ce qui est proposé ou qui sont bien trop prisonniers de leur doctrine. Votre expérience à l'étranger doit vois aider à vous extraire d'une visoin franco-française fermée sur
elle même...



olaf 29/10/2010 12:12



En période de croissance, effectivement, l'activité des uns entraine celle des autres et l'effet de l'appariement prend plus d'importance. Exemple actuel, où je vis :


http://www.lexpansion.com/economie/le-chomage-baisse-l-allemagne-s-inquiete_241639.html



David Mourey 31/10/2010 10:04



Oui, c'est peut-etre pour cela qu'il faudrait mieux agir sur les deux faces du processus de destruction créatrice afin de maintenir durablement un niveau de
croissance et de création d'emploi suffisants pour que le chomage reste bas et que ce  problème d'emplois jeunes/voeux ne se pose pas, sauf trés transitoirement. non ?



olaf 29/10/2010 06:46



On a parfois l'impression que l'économie est organisée en groupuscules où ce ne sont plus les raisonnements qui comptent mais l'appartenance à tel ou tel.


Le fait est que le discours dominant dans les médias est celui que vous adoptez, pas celui des liens ci dessus. Au moins d'en discuter, aurait été intéressant, mais non, c'est juste évacué par un
collage d'étiquette "Alter mondialiste".Comme à une époque on aurait dit "de gauche", voire "rouge".


Affligeant.


Variez aussi les plaisirs en citant d'autres sources et en contre argumentant sérieusement.



David Mourey 29/10/2010 10:09



Olaf, il faut essayer de rester calme. Je vous remercie de ces liens. Souvent j’y vais tout seul,
parfois, j’y vais car c’est signalé par quelqu’un. Il y a tant à lire.


Je suis désolé mais quand je lis les articles de JM Harribey et J. Gadrey qui ne cessent d’étiqueter
leurs collègues avec les termes , « libéral », « néolibéral », … , je un peu fatigué de ces caricatures permanentes et il est vrai qu’à la longue on peut tomber dans le même
piège.


Mais je tiens à vous faire remarquer ceci : j’ai déjà reçu à Pontault-Combault ou au Sénat des
hétérodoxes et cela ne pose aucun problème. Par exemple, André Orléan, Liem Hoang Ngoc, Danielle Mitterrrand (je sais ce n’est as une économiste), Guillaume Duval (trois fois),



Donc, voir ailleurs, ce n’est vraiment pas une pratique qui m’est étrangère.


Sur le fond, je n’ai jamais défendu l’idée qu’augmenter le taux d’emploi des seniors
allait crée des emplois pour les jeunes. C’est un autre aspect du débat.


J’ai juste rappelé que le travail ne se partage pas en m’appuyant sur les travaux de
Cahuc, … !


Autrement dit, l’emploi des jeunes n’augmente pas parce que celui des vieux va diminuer.
 


Le marché du travail ne fonctionne pas  de
cette manière. Les preuves empiriques abondent il me semble ;


Si, à la marge, à court terme, maintenir les vieux plus longtemps en emploi peut empêcher
des jeunes de trouver un emploi, c’est surtout lié au chômage.


 Effectivement, en situation de chômage
croissant et massif, ce type de mesure d’allongement de la durée du travail des vieux pourrait marginalement nuire à l’emploi de quelques jeunes.


Cela dit, les emplois ne sont pas substituables aussi simplement…


 


Par ailleurs on voit bien, et on sait bien, que derrière ce type d’arguments avancés par ces trois
personnes, il y a l’adhésion à la doctrine selon laquelle le développement durable passe par un autre modèle de croissance qui doit s’appuyer soit sur le partage du travail via la RTT, soit sur
la décroissance.


Ce qui est le plus gênant alors, ce n’est pas tellement que ceux-ci avancent ces idées en essayant
d’argumenter, c’est qu’ils dénigrent ceux qui défendent un point de vue différent selon lequel d’autres modèles de croissance sont possibles et qui montrent  que le travail ne se partage pas.


Je vais tenter de développer tout cela dans un billet ad hoc.



olaf 28/10/2010 20:32



Il y a aussi ça :


http://alternatives-economiques.fr/blogs/harribey/2010/10/18/l%E2%80%99emploi-les-jeunes-et-les-idees-vieillottes/


 



David Mourey 28/10/2010 21:28



Aprés Jean Gadrey, Jean-Marie Harribey. Je n'ai rien contre les alter mondialistes ou alter économistes, mais il faut varier les plaisirs ...Merci
néanmoins.



olaf 28/10/2010 19:17



A lire aussi, concernant la théorie des Nobels :


http://www.monde-diplomatique.fr/2010/11/LANG/19836



David Mourey 28/10/2010 21:27



Oui, mais la neutrailté du Monde Diplo me laisse perplexe ...



olaf 28/10/2010 17:58



Ce n'est pas mon affirmation, mais celle de Gadrey.



David Mourey 28/10/2010 21:26



OK, merci.



olaf 27/10/2010 16:39



La corrélation qui établit que l'accroissement du taux d'emploi des seniors accroit celui des jeunes est fallacieuse :


http://alternatives-economiques.fr/blogs/gadrey/2010/10/26/retarder-l%E2%80%99age-de-depart-a-la-retraite-c%E2%80%99est-bon-pour-l%E2%80%99emploi-des-jeunes/


 



David Mourey 28/10/2010 17:54



Je trouve votre affirmation discutable... Je vais néanmoins aller lire ce texte et j'interrrogerrai autour de moi pour voir ce qu'il en est des argument de
monsieur Gadrey.



Alan 24/10/2010 18:45



Les pays nordiques, bien plus avancés que nous dans la réforme de leurs systèmes de protection sociale et notamment dans la réforme de leur système de retraite, ont reporté l'age de la retaite il
y a maintenant un certain nombre d'années. Forts de cette antériorité et contre toutes attentes, ce report de l'age de la retraite a participé pour une part non négligeable à la croissance
économique de ces pays et donc à l'emploi ...des jeunes ! En effet, le fait de continuer à travailler plus longtemps leur a permis de disposer d'un revenu plus élevé et donc de consommer
davantage. Au delà de ce constat de bon sens économique, n'oublions pas une vérité certaine : celle de la démographie (qui reste une science exacte je vous le rappelle !). Une grande partie de la
population active va partir en retraite dans les années qui viennent, même avec un report de l'age de la retraite à 62 ans. Certaines études prévoient même qu'au delà de la résorption du chomâge,
il faudrait envisager de nouvelles vagues d'immigration. Cette vérité serait avérée pour l'ensemble des pays d'Europe occidentale ...expliquant peut être au passage la volonté qu'ont eu ces pays
d'intégrer au plus vite les pays de l'ancienne Europe de l'Est afin de pouvoir bénéficier de leurs réservoires de mains d'oeuvre.  Les jeunes n'ont donc pas à se préoccuper de cette réforme
des retraites, bien au contraire , car la solidarité intergénérationnelle qu'impose leur ainés "bien pensants" ne fera que ruiner leur avenir ! C'est pour cela qu'ils devraient manifester, mais
ça, leurs ainés ne leur ont pas souffler ...surprenant ?



A Lire

Banque de France La Crise de la Dette Souveraine Juin 2012 BIS BRI 82e Rapport annuel 2011 2012