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David MOUREY
Pontault-Combault (77340)
  Professeur de Sciences Economiques et Sociales

 
La démocratie exige le débat
 
L’objectif de ce blog est de tenter de valoriser le débat et la démocratie. Certes, l’objectif est ambitieux mais l’ampleur de l’enjeu ne doit pas nous conduire à la résignation. Nous devons nous en donner les moyens.
   
Voir l'article :   "De l’importance du débat dans une démocratie moderne"
   
« J’apprends beaucoup des gens avec qui je suis en désaccord,
j’apprends très peu des gens avec qui je suis d’emblée en accord.
C’est normal car être en désaccord implique de comprendre
la nature, la valeur, la profondeur de l’argument
qui est utilisé dans le débat. »
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   CONFERENCE DE JEAN-PAUL FITOUSSI, Mercredi 20 avril 2005
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Samedi 22 mars 2008
par David MOUREY publié dans : Europe

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Dans un numéro récent, mars 2008, d'Insee Première intitulé « Francs ou euros » : Dans quelle monnaie comptons-nous ? », Maël Theulière, division Conditions de vie des ménages à l'Insee nous montre que si le franc à disparu des portes monnaie, il reste encore très présent dans les esprits.

Les mœurs ont la vie dure et la traduction des ordres de grandeurs du Franc en Euro est visiblement un processus long, lent, graduel...

Nul doute que les générations qui ont vécu, pensé et compté en Franc, ont davantage de difficulté a opéré le changement que les jeunes générations qui ont pratiquement commencé à vivre, à penser et à compter en Euro.

 

 « Nos concitoyens n'utilisent quasiment plus le franc pour parler de leurs dépenses quotidiennes. Mais ils s'y réfèrent encore pour les dépenses moins courantes, les achats importants ainsi que pour les ressources exceptionnelles.

Quatre ménages sur dix recourent parfois encore au franc pour mentionner des dépenses ou un salaire. Parler en francs est plus fréquent chez les personnes les plus âgées et les résidents des zones rurales.

À l'inverse, les habitants d'Île-de-France et surtout des départements d'outre-mer se sont plus facilement convertis à la monnaie européenne. Habiter à proximité d'un autre pays de la zone euro ou posséder un niveau de formation élevé facilite également l'intégration de l'euro.

L'estimation de la valeur d'un bien s'effectue encore souvent en francs. Pour beaucoup, les repères et les échelles de valeur demeurent en francs. »

 

C'est à partir de l'enquête Budget de famille en métropole menée en 2006  que l'Insee obtient ces résultats.

 L'enquête Budget de famille a été réalisée en 2006

« L'enquête Budget de famille a été réalisée en 2006 auprès de 10 240 ménages en métropole et 3 134 ménages dans les départements d'outre-mer. Effectuée tous les cinq ans environ (1979, 1984, 1989, 1995, 2001, 2006), elle vise à reconstituer toute la comptabilité des ménages : dépenses et ressources.

Pour chaque ménage enquêté, on collecte la nature des dépenses, leur montant et, le cas échéant, la quantité achetée ainsi que le lieu d'achat. Toutes les dépenses sont couvertes : logement, alimentation, habillement, santé, transports, loisirs...

Elles sont collectées sous deux formes :

- un carnet dans lequel le ménage doit noter toutes les dépenses qu'il effectue sur 15 jours. Elles correspondent aux dépenses courantes et quotidiennes du ménage.

- un questionnaire permet de retracer les dépenses exceptionnelles de l'année (voiture, travaux, meubles, voyages...) afin de compléter le carnet.

Les dépenses déclarées dans le questionnaire sont les seules pour lesquelles l'enquêté a le choix de répondre en francs ou en euros. De ce fait, ce sont uniquement les réponses au questionnaire qui ont été exploitées pour réaliser cette étude. Cela exclut notamment du champ d'analyse la plupart des dépenses alimentaires, en tabac, produits d'entretien, frais d'utilisation de véhicules, services et produits de soins personnels, presse et papeterie... »

A consulter ici :

Le résumé : http://www.insee.fr/fr/ffc/ficdoc_frame.asp?ref_id=ip1181&doc_id=2252

L'article : Ouvrir l'article (format HTML : 33 ko)

http://www.insee.fr/fr/ffc/ipweb/ip1181/ip1181.html

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Dimanche 16 mars 2008
par David Mourey publié dans : Europe

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 L’appréciation continue de l’euro, par rapport au dollar, depuis 2002 nous conduit à nous demander si ce processus va se poursuivre dans les années à venir. Pour répondre à cette interrogation, nous pouvons mettre en évidence et distinguer les causes conjoncturelles de cette appréciation et les causes structurelles. Cette distinction n’est pas anodine.
Si les facteurs de l’appréciation de l’euro par rapport au dollar relèvent de exclusivement de phénomènes conjoncturels, alors le processus de dépréciation bilatéral du dollar, et donc d’appréciation bilatérale de l’euro, devrait s’interrompre plus ou moins rapidement.
En revanche, si ce processus à des causes profondes, si des évolutions structurelles sont en jeu, alors, l’appréciation de l’euro devrait/pourrait se poursuivre aussi longtemps que les conditions structurelles qui en sont à l’origine, se maintiendront.
Pour Patrick ARTUS, « Il est à craindre, du point de vue de la zone euro, que la dépréciation du dollar par rapport à l’euro se poursuive, puisque à la fois les facteurs de court terme et les facteurs structurels vont dans ce sens. »
Les causes conjoncturelles de l’appréciation
du cours de l’euro en dollar
Tout d’abord, rappelons que l’euro s’est déprécié par rapport au dollar après la création de la monnaie unique, de 1999 à 2001. Cette jeune et donc nouvelle monnaie n’étant pas encore attrayante aux yeux des investisseurs, ceux-ci, par manque de confiance en raison de l’incertitude liée à cette nouvelle aventure, devaient détenir dans leur portefeuille moins d’euros qu’ils ne détenaient des monnaies devenus constitutives de l’euro. Le motif de diversification dans la détention de ces 11 monnaies ayant disparu, la quantité globale de détention a logiquement diminué.
Comme nous l’avons dit dans de précédents billets, depuis 2002, l’euro s’apprécie continûment vis-à-vis du dollar. Cela étant, en vertu des écarts de taux d’intérêt sur le dollar et sur l’euro, le niveau relativement élevé des taux d’intérêts sur le dollar en 2005 – 2006, on a observé une légère et transitoire appréciation du dollar par rapport à l’euro.
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D’un point de vue conjoncturel, pour les années passées récentes et pour les années 2008 et 2009, on peut attribuer cette évolution passée et donc éventuellement avenir au fait que :
-      la crise immobilière et la perte de croissance induite sont beaucoup plus violentes aux États-Unis que dans la zone euro.
« Le choc négatif sur la croissance, qui part de l’immobilier résidentiel, est nettement plus violent aux États-Unis que dans la zone euro. » On peut l’observer à travers l’évolution des permis de construire, de l’investissement logement, et des prix de l’immobilier. « La violence du recul de l’activité de construction et des prix de l’immobilier aux États-Unis vient (…) de l’énorme taille du stock accumulé de maisons invendues. De ce fait, la perte de croissance à attendre aux États-Unis en 2008 – 2009 est nettement plus importante que dans la zone euro par rapport à la croissance antérieure. »
-      En réponse à la force du ralentissement de la croissance, la réaction de la Réserve Fédérale est beaucoup plus forte que celle de la BCE.  
La réaction de la banque centrale américaine est puissamment contracyclique, anti cyclique. « Comme en 2001 – 2003, la réaction de la Réserve Fédérale est plus forte que celle de la BCE, ce qui est anticipé par les marchés, et vient fondamentalement d’une différence entre les objectifs des deux banques centrales ». 
La réserve fédérale essaie de réguler la croissance et l’emploi, alors que la BCE se préoccupe presque exclusivement de l’évolution de l’inflation en maintenant la croissance de la masse monétaire, de la liquidité, dans des limites jugées raisonnables et donc conformes à l’objectif, à la cible de taux d’inflation. Les écarts de niveau des taux d’intérêt aux Etats-Unis et dans la zone euro ne font que renforcer les positionnements en euro par rapport au dollar.
Mais les facteurs explicatifs les plus importants, au-delà des facteurs cycliques ou conjoncturels, de l’ampleur de l’appréciation du taux de change de l’euro en dollar, sont des facteurs structurels qui agissent à moyen-long terme.
Les causes structurelles de l’appréciation
du cours de l’euro en dollar
Les principaux facteurs structurels sont liés, d’une part au rôle des autres pays et de leur politique de change, en particulier celle de la Chine des autres économies émergentes, et d’autre part, à la situation d’excès d’offre ex ante pour le dollar et d’excès de demande ex ante pour l’euro.
Le rôle des politiques de change des émergents et
des pays exportateurs de matières premières.
Dans le cadre du « régime de change mondial » actuel, « les pays émergents et exportateurs de matières premières accumulent de très importantes réserves de change (il suffit d’observer la partie des réserves de change qui est investie en dollars), afin d’éviter une appréciation plus rapide de leurs monnaies vis-à-vis du dollar. Ce besoin d’accumulation des réserves vient, de l’importance du déficit extérieur des États-Unis lié à la faiblesse du taux d’épargne des ménages américains »
Mais, la Chine préfère désormais  une appréciation assez rapide du RMB par rapport au dollar (autour de 7 – 8 % par), ce qui conduit les autres émergents d’Asie à mener des politiques de change similaires.
Cette stratégie de change des économies émergentes devrait se poursuivre dans le futur pour de multiples raisons. Il convient en effet pour ces économies, en particulier pour la Chine, de limiter, de freiner, l’inflation dans une économie en surchauffe en raison de l’excès de demande par rapport aux capacités d’offre. Cela peut exercer une pression salutaire à long terme sur l’industrie pour qu’elle monte en gamme. Il s’agit alors d’améliorer la compétitivité hors prix des produits et de ne plus s’appuyer sur une compétitivité prix surestimée en vertu d’un RMB sous évalué. Cela peut également produire une amélioration des termes de l’échange et donc limiter l’’inflation importée. En améliorant le pouvoir d’achat du RMB en devises.
A partir du moment ou « le dollar peut se déprécier plus rapidement par rapport au RMB, qu’il est moins stabilisé qu’auparavant par les achats d’actifs en dollars par les pays d’Asie, il se déprécie aussi plus vite vis-à-vis de toutes les devises dont l’euro. » 
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Excès d’offre d’actifs, ex ante, pour le dollar
 
Le déficit extérieur des États-Unis est très important. Mais, « il se réduit peu, même dans les périodes de faible croissance, ce qui est dû à ce que, dans ces périodes, si le besoin de financement du secteur privé se réduit, le besoin de financement du secteur public s’accroît rapidement, ce qu’on a vu en 2002 – 2004, et sera le cas à nouveau en 2008 – 2009 ».
Or, depuis déjà plusieurs années, les flux de capitaux du secteur privé vers les États-Unis (investissements directs ou investissement de portefeuille, soit achats de titres par les investisseurs privés) ne suffisent plus à financer le déficit extérieur des États-Unis. Il en découle que « les achats de dollars par les banques centrales représentent une fraction substantielle du déficit commercial et donc, les investissements directs et les achats d’actions et d’obligations d’entreprises par les non-résidents sont loin de couvrir le déficit courant des États-Unis. »
Cette situation s’est aggravée ces derniers mois à partir de la crise qui s’est déclenchée aux Etats-Unis depuis l’été 2007. « Avec la crise financière, les non-résidents ont arrêté d’acheter des titres d’entreprise (actions, obligations, ABS qui sont inclus dans les obligations d’entreprises pour les statistiques de balance des paiements). Le déficit extérieur des États-Unis doit donc être financé par les banques centrales, ou par des flux des capitaux à court terme générés par la dépréciation du dollar. »
Puisqu’il y a désormais excès, ex ante, d’offre de dollars en raison de l’important ce du déficit extérieur des Etats-Unis (le besoin de financement externe de l’économie américaine entraine l’émission de titres d’emprunt), et de la faiblesse de la demande d’actifs en dollars par le secteur privé (pour prêter aux débiteurs américains), toute réduction des achats d’actifs en dollars par les banques centrales conduit, ipso facto, à une dépréciation importante du dollar.
Excès de demande d’actifs, ex ante, pour l’euro
« La situation de la zone euro est exactement l’opposée de celle qui vient d’être décrite pour les États-Unis. La zone euro a en moyenne un excédent extérieur et pourtant il y a une demande croissante de la part des non-résidents pour les actifs libellés en euros. » Autrement dit, la zone euro étant en excédent extérieur, elle est en capacité de financement vis-à-vis du reste du monde et on devrait logiquement observer un excédent d’offre d’actifs pour financer les économies en déficit et donc en situation de besoin de financement.
Or, on observe des achats importants d’obligations et d’actions en euros par les investisseurs non européens, dont une partie importante provient des achats d’obligations par les banques centrales étrangères se traduisant par la hausse des réserves de change investies en euros par ces banques centrales. Les banques centrales en détenant de plus en plus d’euros dans leurs réserves internationales de change confèrent à l’euro un rôle de monnaie de réserve international.
 Il y a donc un excès de demande, ex ante, pour les actifs libellés en euros, d’où la tendance à l’appréciation de l’euro. Quand la quantité demandée augmente plus vite que la quantité offerte, le cours monte en vertu de l’effet rareté.
D’où vient cette différence entre la situation du dollar excès d’offre ex ante et la situation de l’euro excès de demande ex ante ?
Il peut s’expliquer d’une part par l’écart de situation de balance commerciale entre les États-Unis et la zone euro, dû lui-même à l’écart entre les niveaux des taux d’épargne de la Nation et d’autre part à l’existence d’un cycle auto entretenu : « puisque le dollar s’affaiblit, les investisseurs essaient de trouver un actif pour diversifier leurs portefeuilles ; l’euro est le seul actif dont les marchés sont de taille suffisamment grande pour servir de substitut au dollar, et il y a donc transfert du dollar vers l’euro qui affaiblit encore le dollar ».
Enfin, la plus grande stabilité de la politique monétaire de la BCE, par rapport à celle de la Réserve Fédérale dont les taux d’intérêts sont plus volatils en raison de son caractère plus contra cyclique, et d’une certaine manière de la plus grande crédibilité de la BCE en ce qui concerne la lutte contre l’inflation du fait de son caractère peu contracyclique. On a, en quelque sorte, les vices de la vertu pour la FED et les vertus du vice pour la BCE. Si tant est que l’on considère que la vertu consiste à ne pas lutter exclusivement contre l’inflation.
Dans ces conditions monétaires internationales,
quels facteurs pourraient arrêter l’appréciation de l’euro vis-à-vis du dollar ?
Pour Patrick ARTUS, on peut évoquer deux scénarios : le premier implique une évolution économique favorable pour la zone euro et l’autre, au contraire, se traduit par une évolution économique défavorable pour la zone euro.
Une stabilisation ne devrait se produire si les émissions d’actifs en euros n’augmentent pas spontanément, que lorsque l’appréciation de l’euro vis-à-vis du dollar aura rendu les investissements en euros moins attrayants : dégradation du commerce extérieur, freinage de la croissance, baisse durable des taux d’intérêt dans la zone euro.
Dépréciation de l’euro et vertu économique en Euroland
Dans le cas du scénario de l’évolution favorable à la zone euro, la forte croissance de la zone euro en se traduisant par « la hausse des investissements dans la zone euro financés par des émissions de titres en euros : il y aurait alors passage à un déficit extérieur de la zone euro et hausse de l’offre de titres libellés en euros, ce qui permettrait de satisfaire la demande pour ces titres ». La stabilisation du taux de change de l’euro en dollar à un niveau plu bas serait le résultat d’une économie en croissance soutenue et durable, donc plus proche du plein emploi. Le déficit extérieur serait la conséquence d’une très forte croissance et non d’une dégradation de la compétitivité. La dépréciation de l’euro par rapport au dollar serait le résultat de la vertu économique.
Dépréciation de l’euro et vice économique en Euroland
Dans le cadre d’une évolution défavorable à la zone euro,  c’est la dégradation de la situation économique de la zone euro due à l’appréciation de l’euro qui, en se traduisant par un fort ralentissement de la croissance économique de la zone, en conséquence de la forte dégradation de la compétitivité, s’accompagnera malgré tout d’un creusement du déficit extérieur, qui serait à l’origine de la dépréciation de l’euro par rapport au dollar.  L’exigence économique de taux d’intérêt durablement plus bas sur l’euro, provoquerait simultanément une hausse de l’offre et une baisse de la demande d’euros. La dépréciation de l’euro par rapport au dollar serait cette fois le résultat du vice économique.
Source : Natixis, Patrick ARTUS, Flash N° 95 , 14 mars 2008 « Tout pousse à l’affaiblissement du dollar par rapport à l’euro »
 
A consulter :
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Samedi 8 mars 2008
par David Mourey publié dans : Europe
 
Euro fort, dollar faible, monnaie forte et monnaie faible sont des expressions qui appartiennent au langage politico médiatique courant. Ceci est d’autant plus vrai que l’euro vient de dépasser la barre des 1,53 dollar pour un euro.
 
Pourtant ces expressions qui semblent de bon sens, a priori, ont probablement un sens économique faible ou tout au moins fragile quand on tente d’en donner des explications strictement économiques.
 
Petite démonstration à partir d’extraits choisis d’un court chat accordé par Jean-Paul Fitoussi au quotidien Le Monde.
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Jean-Paul Fitoussi « La force de l'euro favorise-t-elle la puissance de l'Europe ? », Chat Le Monde/OFCE, Le 13 décembre 2006
 
 
De la notion de force de la monnaie
 
« Le problème est que fréquemment est utilisée, dans le vocabulaire politique et médiatique, la notion de force de la monnaie. Alors même que l'on constate qu'il n'existe aucune relation entre le niveau élevé du taux de change d'une monnaie et la puissance de son économie. Que fréquemment, des pays ou des épisodes historiques qui les ont caractérisés ont conduit à montrer exactement l'inverse. Les politiques consistant à apprécier la monnaie rendaient exsangues les économies, les affaiblissaient. »
 
Par exemple, entre 1990 et 2004, le taux de change de l’euro a évolué en sens inverse de la croissance économique de la zone.  Ainsi, l’euro s’apprécie de 1991 à 1996, en période de croissance molle, l’euro se déprécie jusqu’en 2000 quand la croissance accélère, et il s’apprécie à nouveau entre 2000 et 2004. Autrement dit, la demande externe est restreinte au moment où la demande interne est déjà faible et, inversement, la demande externe est renforcée lorsque la demande interne est forte.
 
L'euro fort n’est pas un concept économique
 
« Nous avons hérité de ce concept parce qu'il a désigné une politique, celle du franc fort. Lorsque les Américains disent qu'ils veulent que leur monnaie soit forte, ils le disent à la fois quand l'euro vaut 0,8 dollar, quand le dollar est fort, ou quand l'euro vaut 1,32 dollar. Ils tiennent toujours ce discours quel que soit le niveau du dollar. Aujourd'hui, le dollar est faible par rapport à l'euro, mais les Américains ne sont pas en train de gémir devant la faiblesse de leur monnaie. Au contraire, ils disent que leur monnaie est forte parce qu'ils savent très bien, comme tous les économistes, que le concept de faible ou fort appliqué à une monnaie est une figure rhétorique. »
 
Il semble que le concept de force d’une monnaie relève davantage de l’imaginaire, du symbole, collectif que des réalités économique sous jacentes, en tout cas en ce qui concerne l’euro.
 
De la relation entre force de la monnaie et force de l’économie
 
« Mais il n'existe pas de relation générale. Ce que l'on peut affirmer, c'est qu'en principe, ce qui génère l'augmentation du taux de change, la "force" d'une monnaie, c'est la bonne santé de l'économie. Et non l'inverse. C'est la raison pour laquelle quelle que soit l'économie, les taux de change ont tendance à se déprécier en période de récession et à s'apprécier en période de croissance. »
Dans la zone euro c’est visiblement l’inverse. Certes, la croissance économique se porte mieux depuis 2004, mais en aucune manière ce regain de croissance ne permet d’expliquer l’appréciation disproportionnée de l’euro.
 
Ne pas inverser la causalité
 
« Ce n'est pas l'euro fort qui pourrait faire l'Europe forte, mais le contraire. La force de l'Europe pourrait se transmettre à l'euro. C'est parce que l'euro est fort que les entreprises sont peu compétitives, et non pas l'inverse. Un euro fort signifie l'augmentation en devise étrangère des prix des biens et des marchandises produits en Europe. (…) Donc on voit bien que c'est la force de la monnaie qui rend l'économie moins compétitive. C'est pourquoi je disais qu'il fallait inverser la causalité. C'est lorsque les entreprises sont très compétitives que la monnaie peut s'apprécier. Non seulement l'appréciation de la monnaie n'est pas un moyen de rendre les entreprises plus compétitives, mais au contraire, de détruire leur compétitivité. »
 
Logiquement, lorsque les entreprises sont compétitives, la croissance et l’emploi progressent, la situation économique globale s’améliore, et cela doit contribuer à l’appréciation de la monnaie du fait de l’afflux de capitaux dans la zone sous la forme d’investissements productif et financiers.
 
Appréciation de l’euro, compétitivité et délocalisations
 
« Si aujourd'hui les Européens se plaignent d'un euro fort, c'est parce qu'ils constatent que le niveau élevé du taux de change de l'euro conduit à accélérer la désindustrialisation de l'Europe. Parce que certaines entreprises industrielles n'exportent plus, ou beaucoup moins, et donc finissent par décider de s'implanter, au moins partiellement, en zone dollar, de délocaliser une partie de leurs activités. Il ne s'agit pas de savoir si une monnaie est forte ou faible, la vraie question est de savoir si une économie est forte ou faible. Il est évident que si la gestion de la monnaie conduit l'ensemble des entreprises à délocaliser de plus en plus leurs activités, la force de la monnaie accélérera le déclin de l'économie. »
 
Si, clairement, on ne peut se satisfaire d’une monnaie dont le taux de change pèse sur les performances économiques de la zone, on peut se demander à quoi bon être fort, ou encore, peut-on réellement parler de force ?
 
De l’attractivité de la France malgré l’appréciation de l’Euro
 
« Si des capitaux étrangers viennent s'investir en France, c'est bien parce qu'ils y trouvent un avantage. Et que donc ils ne considèrent pas la France comme un pays peu compétitif, rigide, ayant une main-d'œuvre paresseuse et étouffé par les réglementations administratives. C'est donc bien une preuve de ce qu'il y a quelque chose, dans le discours sur les rigidités de l'économie française, qui ressort davantage de la rhétorique que de la réalité. La vraie question n'est pas celle de faire un concours de beauté entre pays européens pour attirer le maximum d'investissements étrangers, l'Europe n'est pas un continent peu développé, mais au contraire de prendre conscience de la puissance économique de l'Europe – c'est quand même le marché le plus riche du monde (450 millions d'habitants ayant un niveau de revenu élevé) –, et de faire redémarrer en Europe la demande interne, c'est-à-dire l'investissement et la consommation. »
 
La compétitivité ne s’obtient pas par la compétition entre membres de la même zone, entre membres d’une Union, pour gagner des parts de marché au détriment de ses partenaires, mais plutôt en faisant en sorte d’accroitre la taille du marché global, commun et unique, pour le bien de chacun et le bien de tous. Autrement dit, il faut substituer une logique de croissance à une logique de part de marché, ou encore, il convient de remplacer une stratégie, un jeu à somme nul – Win/Loose (ce que gagnent les uns, le sautes le perdent) – par un jeu à somme positive – Win/Win ou tout le monde est gagnant.
 
Des gains de productivité à la compétitivité
 
« Mais pour cela, il faut conduire une stratégie presque inverse àcelle qui est aujourd'hui conduite. A savoir une stratégie de productivité, d'augmentation des salaires. L'un étant le corollaire de l'autre. Si la productivité augmente, cela signifie que les travailleurs européens produisent davantage en une journée. Et il est donc normal que leur journée leur soit davantage payée. Alors qu'aujourd'hui on essaie de réduire les salaires pour gagner en compétitivité par rapport aux autres pays européens et, dit-on, par rapport au reste du monde, i.e. la stratégie exactement inverse. Si je dis "dit-on", "par rapport au reste du monde", c'est parce que l'argument est complètement fallacieux. Si je baisse les salaires de deux points en Europe pour gagner en compétitivité, mais que d'un autre côté l'euro s'apprécie de 50 %, cela signifie que d'une main j'ai étouffé la demande interne en Europe, donc le pouvoir d'achat des Européens, mais que de l'autre j'ai augmenté les salaires européens sur les marchés mondiaux. On voit donc bien qu'on est là aussi en pleine contradiction, en pleine rhétorique. »
 
On ne peut durablement gagner en productivité, et donc durablement gagner en compétitivité, en baissant le niveau des salaires. En effet, les salariés sont d’autant plus productifs qu’ils sont motivés par des salaires plus élevés. On sait aussi que la hausse de la production et de la croissance potentielle dépend des gains de productivité. Et ce sont bien ces gains de productivité qui en réduisant les couts unitaires de production permettent d’améliorer durablement la compétitivité hors prix et la compétitivité-prix d’une économie.
 
Des marges de manœuvres des pays de l'Union européenne
hors zone euro
 
« Les pays de l'Union européenne hors zone euro s'en sortent mieux parce qu'ils ont moins de contraintes et qu'ils ont une politique globale plus cohérente. Ils ont davantage de marges de manœuvre sur tous les instruments de la politique économique, sur la monnaie comme sur le budget. »
 
De l’absence de marges de manœuvre au sein de l’Euroland
 
« Maintenant, il faut bien comprendre que les difficultés dans lesquelles se trouve l'Europe aujourd'hui ne tiennent pas à l'euro en soi, mais à la forme de gouvernement que s'est donnée l'Europe. On a construit l'Europe pour en faire une économie puissante. Une économie puissante doit disposer d'instruments puissants de gestion. Les instruments puissants de gestion d'une grande économie sont : la politique monétaire, la politique budgétaire, la politique industrielle, la politique de change. Mais lorsque l'on observe les choses de près, on s'aperçoit que ces instruments ne peuvent être utilisés en Europe, parce qu'ils sont verrouillés. »
 
Du manque de politique économique dans l’Euroland
 
« L'instrument monétaire est verrouillé non pas par la BCE, mais par les traités européens, qui ne donnent à la BCE que la mission de stabilité des prix, que d'autre part, l'instrument budgétaire est verrouillé par le Pacte de stabilité, et qu'enfin, l'instrument de politique industrielle est empêché par la politique de la concurrence qui, en Europe, est fédérale. »
 
La quasi absence de levier macroéconomique pour les économies de la zone euro se traduit par l’obligation d’obtenir des résultats par le biais de politiques structurelles consistant à agir sur le niveau des prélèvements obligatoires, sur celui des dépenses publiques, sur le niveau de la dette publique, … Or, de nombreuses analyse récentes montrent que si des réformes structurelles sont indispensables, elle aboutissent d’autant plus efficacement dans une environnement macroéconomique porteur qui implique de ne pas demander que des sacrifices aux populations. Il semble qu’il y ait davantage complémentarité entre réformes structurelles et politiques macroéconomiques que substituabilité.
 
Une grande économie gérée comme une petite économie
 
« On a une grande économie, on a verrouillé les instruments de gestion d'une grande économie, que reste-t-il ? Eh bien, il ne reste que les instruments de gestion des petites économies. C'est-à-dire la compétitivité "prix". Et voilà pourquoi on se trouve dans la situation de croissance molle dont nous souffrons tous, et notamment le pouvoir d'achat des salaires souffre. On est donc en pleine contradiction entre les moyens et les fins. »
 
On ne peut pas réguler une grande économie peu ouverte, et qui dépend surtout de sa demande interne, comme une petite économie très ouverte, qui dépend bien plus de la demande externe.
 
De l’inadéquation des moyens aux fins
 
« La fin, c'est la grande économie puissante. Le moyen, c'est l'instrument de gestion de la petite économie ouverte. Alors de cette façon, on ne voit pas très loin. Exemple : les Européens, à grand renfort de déclarations, de rapports et de réunions, ont décidé à Lisbonne de devenir l'économie de la connaissance la plus compétitive du monde. Bravo ! C'est un bel objectif que celui de souhaiter être plus intelligent que les autres. Mais en même temps, on a ajouté subrepticement la condition qu'il ne devait en coûter pas un centime d'euro aux divers gouvernements européens. Voilà donc un grand objectif et un tout petit moyen. Qu'on ne s'étonne pas alors que les objectifs ambitieux qu'on se donne ne soient pas atteints. »
 
Le sentiment de déception lié à ce décalage entre finalités et moyens est potentiellement dangereux car il peut contribuer à alimenter des confusions et un sentiment anti européen. Qu’on pense au référendum du 29 mai 2005.
 
Finalement, Euroland n’est pas Disneyland …
 
« Il faudrait accepter l'Europe, ne pas avoir peur de notre propre puissance et avoir les moyens de la gérer, se donner les instruments pour gérer l'Europe. On voit bien où est le manque : il est du côté politique. Ces instruments ne peuvent exister vraiment que dans la mesure où il existe une autorité légitime qui puisse les utiliser. Cette autorité légitime ne peut être que politique, puisque c'est la démocratie qui donne la légitimité dans un système. »
 
Quand le manque de volonté politique pèse sur l’économie et, …, in fine, sur la construction politique de l’Union et dons sur sa pérennité.
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… ni même Démocratie-Land
 
« On n'a pas tiré les conséquences politiques de ce que l'Europe avait accompli dans le domaine économique, et que le problème (…)  vient de ce que le politique européen est très faible. (…) un phénomène structurel. Un politique qui ne peut décider qu'à l'unanimité est un politique faible. Or le Conseil européen ne peut décider qu'à l'unanimité sur les sujets importants. Autant dire que la décision politique européenne est paralysée. On voit concrètement que cela conduit à un politique faible. Et donc à une absence de poids politique de l'Europe sur la scène mondiale. Et comme il existe entre le politique et l'économique des relations dialectiques, la faiblesse du politique peut entraîner celle de l'économique.
 
Aujourd'hui, le problème européen est que la BCE est la seule banque centrale du monde à ne pas obéir à une procédure dite "de responsabilité" (accountability, en anglais), à savoir une procédure aux termes de laquelle une agence indépendante, banque centrale ou autorité de régulation, fasse rapport devant une assemblée politique qui a le pouvoir de modifier les statuts de l'agence, en l'occurrence de la banque centrale.
 
Lorsque le président de la FED va rendre des comptes au Congrès américain, il sait que celui-ci peut modifier ses statuts par une loi. Donc il a conscience qu'il doit internaliser dans sa politique les préoccupations des hommes politiques. C'est cet aspect qui manque en Europe, et c'est cet aspect qu'il convient de rétablir. Mais on voit bien la difficulté de le mettre en œuvre en Europe, car devant quelle assemblée politique la BCE pourrait-elle faire rapport ? Dans les autres pays, c'est devant les Parlements, mais en Europe ? Le Parlement européen n'est pas encore un parlement de pleine souveraineté.
 
On pourrait imaginer que ce soit le Conseil européen, mais celui-ci ne peut se décider qu'à l'unanimité, donc on voit bien qu'il y a un vrai problème, qui ne pourrait être résolu que s'il y avait un gouvernement européen. Je crois quand même qu'un gouvernement fédéral européen existera, même si c'est à long terme. On pourrait imaginer des pas en avant qui, même s'ils ne sont pas tout à fait satisfaisants, accroîtraient à la fois la responsabilité de la BCE, et donc sa légitimité. Même si le Parlement européen n'a pas tous les pouvoirs des parlements nationaux, il suffirait qu'à l'issue des auditions auxquelles procède le Parlement européen de la BCE, il puisse y avoir la potentialité d'une procédure de responsabilité. Je dis "potentialité", car jamais le Congrès américain n'a modifié les statuts de la FED. Mais s'il ne les a pas modifiés, c'est précisément parce que la FED, connaissant son pouvoir, a internalisé ses préoccupations. »
 
En résumé, le problème de l’Union européenne et celui de la Zone euro, est d’abord un problème d’ordre politique aux conséquences économiques lourdes, via notamment l’évolution du taux de change de l’euro qui fluctue au gré des politiques de changes concernant les autres monnaies.
 
Une Union d’économies, est d’abord une Union de Pays. Mais une Union de pays ne peut aboutir sans Union des Nations, et donc des populations. Or, peut-il y avoir Union des populations sans Institutions Démocratiques réellement Représentatives des intérêts du (des) peuple(s) ?
 
Si « La démocratie, c’est le gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple », alors le constat est sans ambigüité : nous n’avons ni l’un, ni l’autre.
 
A suivre, …
 
A consulter :
 
 
 
 
 
 
 
 
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Samedi 1 mars 2008
par David Mourey publié dans : Europe
 
 
 
Comme indiqué dans un précédent billet, les causes essentielles de la dépréciation rapide et récente du dollar par rapport à l'euro sont :
 
- la baisse anticipée et effective des taux d'intérêt de la Réserve Fédérale.
 
- les Etats-Unis perdent leur capacité, avec la crise financière, de financer leurs importations de biens (leur déficit commercial) par la vente d'actifs financiers complexes au Reste du Monde, et l'exploitation de leur avantage comparatif en matière de financement pour couvrir leur déficit extérieur devient plus difficile.
 
- l'euro est devenu une monnaie de réserve internationale, et il est donc deplus en plus demandé, alors qu'il n'y a pas d'offre supplémentaire d'euros puisque la zone euro n'a pas de déficit extérieur. Or, le pays qui émet une monnaie de réserve internationale doit avoir un déficit extérieur pour offrir des titres libellés dans sa monnaie, sinon celle-ci s'apprécie exagérément.
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La baisse anticipée et effective des taux d'intérêt de la FED
 
En ce qui concerne l’évolution des taux d'intérêt américains, étant donné que la banque centrale américaine, « la Réserve Fédérale, mène une politique davantage contracyclique que la BCE », les marchés financiers anticipent  à juste titre « une baisse des taux de la Réserve Fédérale plus forte que de ceux de la BCE, ce qui contribue, comme de 2002 à 2004, à l'affaiblissement du dollar. »
NATIXIS, Patrick ARTUS, RECHERCHE ECONOMIQUE, « Quelle est la parité spontanée d'équilibre entre le dollar et l'euro ? » 15 novembre 2007 -N° 434
 
La fin de la levée de capitaux par la vente d’ABS
 
Pour ce qui est de la perte de capacité de financement externe du déficit extérieur de leur économie, les Etats-Unis , jusqu'à la crise de l'été 2007, pouvaient importer massivement des biens produits dans le Reste du Monde, d'où leur déficit commercial.
« Les Etats-Unis vendaient en échange au Reste du Monde des produits financiers complexes (en particulier des ABS ou Asset-Backed Securities, dont la production était très importante et qui finançaient une partie importante de leur déficit courant.»
NATIXIS, Patrick ARTUS, RECHERCHE ECONOMIQUE, « Quelle est la parité spontanée d'équilibre entre le dollar et l'euro ? » 15 novembre 2007 -N° 434
 
Les ABS représentaient une fraction substantielle (un tiers) du total des obligations achetées aux Etats-Unis par les agents non résidents. Après la crise de l'été 2007, le dollar est plus difficile à stabiliser en raison de la quasi-disparition des ventes de ces produits financiers complexes par les Etats-Unis au Reste du Monde, lesquels représentaient plus des 2/3 des ventes d'obligations d'entreprises américaines aux agents non-résidents et couvraient donc une partie importante du déficit extérieur des Etats-Unis.
 
Mais, « la crise financière de 2007 a pratiquement fermé le marché primaire des ABS, la demande d'ABS ayant chuté, en raison de la prise de conscience par les investisseurs de l'illiquidité de ces produits », dont le contenu informationnel en termes de risques était fort opaque.
 
Dans ces conditions, l'avantage comparatif dont bénéficiait les Etats-Unis dans la construction d'actifs financiers complexes afin de financer une partie importante du déficit extérieur, a disparu. Or, même si les banques centrales des pays émergents et exportateurs de matières premières se sont partiellement substituées aux acheteurs d'ABS, comme en témoigne la croissance très rapide de leurs réserves de change, la disparition (partielle) du rôle des Etats-Unis comme vendeur d'actifs financiers complexes, en provocant une réduction importante de la demande d’actifs libellés en dollar, affaiblit durablement le celui-ci.
 
L’euro, une nouvelle monnaie de réserve internationale.
 
Le rôle international accru de l’euro est le troisième facteur d'appréciation de l'euro vis-à-vis du dollar. « Les non résidents sont acheteurs d'obligations et d'actions en euros, attirés par la "qualité de l'euro" et l'absence de déséquilibres économiques majeurs dans la zone euro. Ces entrées de capitaux dans la zone euro sont le fait aussi bien d'investisseurs privés que publics. » Ainsi,les banques centrales investissent plus du quart (25,6 %) de leurs réserves de change en euros en 2007 contre 18 % en 1999.
NATIXIS, Patrick ARTUS, RECHERCHE ECONOMIQUE, « Quelle est la parité spontanée d'équilibre entre le dollar et l'euro ? » 15 novembre 2007 -N° 434
 
Le rôle de l'euro comme monnaie de réserve internationale est croissant, comme le montre par exemple la hausse de la part de l'euro dans les réserves de change des banques centrales. Alors que la part de l’euro dans les réserves de change des banques centrales a augmenté de 7,5 points en 7 ans, celle du dollar a diminué de plus de 6 points.
 
Structure en devises des réserves de change des banques centrales
 
En %
US Dollars
Pounds sterling
Japanese Yen
Swiss Francs
Euros
Other currencies
1999 Q1 1999 Q2 1999 Q3 1999 Q4
71,1
72,0
70,7
71,0
2,7
2,8
2,8
2,9
6,0
5,6
6,2
6,4
0,3
0,2
0,2
0,2
18,1 
17,6
18,3 
17,9
1,7
1,7
1,7
1,6
2000 Q1 2000 Q2 2000 Q3 2000 Q4
71,4
72,0
72,3
71,1
2,9
2,8
2,7
2,8
6,3
6,0
6,4
6,1
0,3
0,2
0,2
0,3
17,5 
17,5 
17,0 
18,3
1,5
1,5
1,4
1,5
2001 Q1 2001 Q2 2001 Q3 2001 Q4
72,3
72,7
71,4
71,5