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David MOUREY
Pontault-Combault (77340)
  Professeur de Sciences Economiques et Sociales

 
La démocratie exige le débat
 
L’objectif de ce blog est de tenter de valoriser le débat et la démocratie. Certes, l’objectif est ambitieux mais l’ampleur de l’enjeu ne doit pas nous conduire à la résignation. Nous devons nous en donner les moyens.
   
Voir l'article :   "De l’importance du débat dans une démocratie moderne"
   
« J’apprends beaucoup des gens avec qui je suis en désaccord,
j’apprends très peu des gens avec qui je suis d’emblée en accord.
C’est normal car être en désaccord implique de comprendre
la nature, la valeur, la profondeur de l’argument
qui est utilisé dans le débat. »
.
   CONFERENCE DE JEAN-PAUL FITOUSSI, Mercredi 20 avril 2005
.
Lundi 17 septembre 2007
par David MOUREY publié dans : TVA Sociale
 
Le rapport d’Eric BESSON sur la TVA sociale, secrétaire d’Etat chargé de la prospective et de l’évaluation des politiques publiques, vient d’être publié.
 
« TVA sociale », Septembre 2007, rapport d’Eric BESSON
 
« Ce travail a été coordonné par Olivier PASSET, Chef du Département des affaires économiques et financières au Centre d’analyse stratégique, avec l’appui de Louis-Paul PELÉ, chargé de mission au Conseil d’orientation pour l’emploi. Il a bénéficié des conseils de Gilbert CETTE, Michel DIDIER et Jean-Paul FITOUSSI, personnalités indépendantes qui expriment leur point de vue en annexe. »
 
Dans les auditions et entretiens, on peut trouver les noms suivants :
  
Patrick ARTUS, directeur des études économiques, Caisse des Dépôts et Consignations.
Jean-Michel CHARPIN, directeur général de l’INSEE.
Jean-Philippe COTIS, chef économiste, chef du département des Affaires économiques, OCDE.
Christian SAINT-ETIENNE, économiste, professeur à l’université de Tours
Xavier TIMBEAU, directeur du département « Analyse et Prévision », OFCE
 
Dans l’introduction on peut lire :
 
Mondialisation, Coût du travail et protection sociale
 
« C’est en effet un véritable défi qui est posé à la France : présenter un niveau de coût du travail compétitif par rapport à des salariés de productivité comparable et garantir un niveau élevé de protection sociale. Les comparaisons étrangères montrent que certains pays ont réussi à relever ce défi avec succès, à deux conditions : la mise en place d’un système de protection sociale adapté à la mondialisation, et une conscience collective de l’impact du coût du travail sur la compétitivité. »
 
« Ainsi, (…) notre protection sociale pèse trop lourdement sur les salaires, plus que chez la plupart de nos partenaires. Il serait pourtant légitime que ce qui relève de la solidarité nationale soit financé par des prélèvements fiscaux, qui pèsent moins sur l’activité, le pouvoir d’achat et sur l’emploi. » 
 
« Dans ce contexte, de nombreuses réflexions ont fait valoir l’intérêt de réduire la taxation du travail en substituant à tout ou partie des cotisations qui pèsent sur les salaires un autre type de prélèvement, assis sur des bases moins pénalisantes pour le travail (…). Une évolution vers la fiscalisation des régimes de prestations universelles (maladie et famille) est déjà à l’œuvre en France, depuis la création de la CSG ».
 
« La difficulté de la réforme tient également à l’absence d’un diagnostic partagé sur les solutions réellement envisageables. Dans ce domaine, la comparaison avec le Danemark est édifiante : nos interlocuteurs, qu’ils représentent l’administration, les salariés ou les employeurs ont fait preuve d’un niveau de consensus dont la France est encore très éloignée, sur le problème posé en termes de compétitivité comme sur le choix de la meilleure solution pour financer une protection sociale généreuse. »
 
« Face à cette complexité, (…) toute réforme favorable à la croissance, l’emploi et le pouvoir d’achat mérite d’être examinée. L’une des voies de réforme possible consiste à financer par la TVA une réduction des cotisations qui pèsent sur les salaires. »
 
Plusieurs constats selon Eric BESSON
 
« Premier constat : un tel transfert réduirait les coûts de production en France et augmenterait le prix des importations. Il apparaît donc favorable à la compétitivité de l’économie française. Par ailleurs, un tel transfert aurait un effet positif sur l’activité et la prise de risque des entrepreneurs, dans la mesure où les cotisations sont payées sur les salaires versés et augmentent le besoin de fonds propres, alors que la TVA est payée sur un chiffre d’affaires réalisé. Cet effet, souligné par les chefs d’entreprise, n’est pris en compte dans aucun des modèles macroéconomiques : il devrait donc s’ajouter aux effets indiqués ci-après.
 
Deuxième constat : une telle réforme créerait des emplois, et ce d’autant plus que les baisses de charges seraient ciblées sur les bas salaires. L’effet serait positif sur la compétitivité, mais d’autant plus fort que les baisses de charges seraient ciblées sur les emplois qualifiés. Dans la mesure où ces derniers seraient plus nombreux dans les secteurs les plus exportateurs, un choix est donc nécessaire entre l’ « effet emploi » et l’ « effet compétitivité ». Enfin, l’ampleur des effets de cette réforme dépend fortement de la vitesse à laquelle les entreprises choisiraient de répercuter les baisses de charges dans leurs prix, et donc de l’intensité de la concurrence sur les marchés des entreprises concernées.
 
Troisième constat : les prix des produits français devraient rester globalement stables si les entreprises ne « captaient » pas à leur profit les baisses de charges. Les prix des produits importés devraient augmenter, ce qui devrait conduire les consommateurs à substituer une consommation de produits français à une partie de leur consommation de produits importés. Le risque d’augmentation du prix des produits français pourrait être réduit par la mise en œuvre, conjointement aux baisses de charges, de mesures « anti-inflation » portant par exemple sur la distribution, ou sur la réglementation des secteurs les moins concurrentiels. L’exemple allemand montre également que, même en l’absence de ce type d’accompagnement, l’effet sur l’inflation peut être limité.
 
Quatrième constat : s’agissant d’une réforme sur un sujet aussi complexe, il est nécessaire de recourir à une méthode qui associe les partenaires sociaux à chaque étape du raisonnement. Il serait donc nécessaire de soumettre trois questions aux partenaires sociaux, mais également au débat public.
Premièrement, quelles dispositions pouvons-nous prendre pour réduire le poids de la taxation du travail ?
Deuxièmement, le financement de la protection sociale doit-il reposer autant sur les salaires, alors que nos partenaires européens et mondiaux font un choix différent et que nos salariés sont de plus en plus mis en concurrence ?
Troisièmement, dans quelle proportion faut-il mettre à contribution différents types d’impôts pour réaliser cet élargissement ? »
 
Le débat a été mal engagé, le problème mal posé.
 
« La bonne question est celle de notre capacité à maintenir un niveau élevé de protection sociale, dans une économie mondialisée où les travailleurs du monde entier sont en concurrence les uns avec les autres. Pour être à la hauteur d’un tel enjeu, (…) qu‘un grand débat soit engagé dès maintenant avec tous les partenaires sociaux, et je suggère que le Conseil Economique et Social soit sollicité afin de l’organiser. Le secrétariat d’Etat à la Prospective et à l’Evaluation des Politiques Publiques lui apportera tout l’appui nécessaire, avec le Centre d’Analyse Stratégique, et le Conseil d’Analyse Économique. »
 
La TVA Sociale : quels effets économiques d’après les modèles ?
 
Des effets très faibles sur l’emploi selon les simulations.
 
Les résultats des simulations macro-économiques
 
Tableau 19 : Impact d’une TVA sociale selon différentes simulations
Recalcul dans le cas d’une baisse uniforme de deux points des cotisations sociales
(environ 0,5 point de PIB, 1,5 point de TVA au taux normal)
 
 
Nombre d’emplois créés (pour 2 points de cotisations)
Observations
DGTPE
Entre 22 000
et 47 000 emplois
Le ciblage de la baisse des cotisations sociales sur les salariés peu qualifiés peut considérablement augmenter les effets de la mesure, jusqu’à 300 000 emplois
COE-Rexecode
 
Environ 130 000 avec ciblage sur les salariés peu qualifiés
OFCE
Environ 35 000 emplois
Une moindre répercussion de la baisse des cotisations sociales en baisse des prix hors taxes, qui accentuerait l’effet inflationniste, pourrait sensiblement réduire l’effet sur l’emploi.
NEMESIS
Environ 40 000 emplois
Ce résultat est obtenu sous l’hypothèse d’un report à 75 % des baisses de cotisations sociales dans les prix HT. Dans le cas d’un report à 100 %, l’effet serait plus que doublé. Si le report n’est que de 50 %, l’effet sur l’emploi est négatif.
 
A consulter :
 
« TVA sociale », E. Besson, Secrétariat d’état chargé de la Prospective  et de l’évaluation des politiques publiques, septembre, 157 p., (Annexes) 159 p.(2007).

P. Courtioux, EDHEC Business School, Nice, EDHEC Position Paper, juillet, 19 p., (2007).

A. Bernard,  Conseil général des Ponts et Chaussées, La Documentation française, Paris, 35 p., (2007).
 
 
 
 
 
 
La TVA sociale, un remède miracle ? par Henri Sterdyniak   le 15 mai 2007 le
 
Chat avec Xavier Timbeau : Faut-il craindre un retour de l'inflation ?
 "Avec la TVA sociale, il y a bien une perte de pouvoir d'achat"
 
Jean Pisani-Ferry : « TVA sociale : pas de miracle en vue », Challenges, le 5 avril 2007 : Les véritables enjeux de la TVA sociale
 
 
Michel Godet : «Il est essentiel de ne pas affecter le pouvoir d’achat des Français »,  Le Figaro », mardi 19 juin 2007
 
 
A partir des liens suivants, vous pourrez lire l’ensemble des contributions personnelles de certains membres du CAE
 
 
 
 
 
 
 
  
 
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Lundi 3 septembre 2007
par David MOUREY publié dans : TVA Sociale
 
Dans les quotidiens d’économie « Les Echos » et « La Tribune », de ce jour, lundi 3 septembre 2007, nous pouvons lire que François FILLON, Premier ministre, et Claude GUEANT, secrétaire général de l'Elysée, affirment que l’hypothèse de la TVA sociale n’est pas forcée d’aboutir. 
 
TVA sociale : une hypothèse parmi d’autres
 
« L'Elysée n'exclut aucune hypothèse sur la TVA sociale », Les Echos du 03/09/07
 
« Alors qu'Eric Besson doit rendre son rapport au Premier ministre cette semaine, Claude Guéant (…) a assuré hier que tout restait possible sur le sujet. (…) Ce document n'a pas vocation à prendre parti pour ou contre la TVA sociale. Il fait le tour des questions posées par un dispositif qui vise à modifier le mode de financement de la protection sociale, à partir des expériences allemande et danoise. Il sera complété par un autre rapport sur les modalités de mise en oeuvre de la TVA sociale rédigé, lui, par Bercy, sous l'autorité de Christine Lagarde, et remis également à Matignon dans les tout prochains jours. »
 
Selon le secrétaire général de l'Elysée, Claude Guéant, « le gouvernement travaille sur d’autres hypothèses, même si la TVA sociale reste « une tentation forte » pour alléger le coût du travail et résister aux importations. »
 
Dans La Tribune du 03/09/07 : « La TVA sociale n'est plus qu'une hypothèse de travail parmi d'autres. L'Élysée ne veut pas heurter les Français, plutôt hostiles à la TVA sociale. Le gouvernement travaillera "sur toutes les hypothèses", a indiqué hier Claude Guéant. (…) Le gouvernement va donc travailler à " toutes les hypothèses ", de façon à répondre à deux objectifs " fondamentaux " : mieux résister aux importations et alléger le coût du travail. Remis cette semaine, le rapport d'Éric Besson, secrétaire d'État en charge de la Prospective, doit apporter un nouvel éclairage sur la question. »
 
Dans « The Associated Press - Economie/Social », le 03/09/07 : «  La TVA sociale, on l'examine comme une possibilité d'améliorer la compétitivité de l'économie française et de créer des emplois. C'est une possibilité parmi d'autres, c'est une possibilité que nous n'utiliserons que si nous avons la démonstration qu'elle est réellement efficace » (…) « Le gouvernement regarde "de très près" les exemples de l'Allemagne et du Danemark, les deux pays européens ayant mis en oeuvre ce système. » Enfin, « Nous ne nous interdisons aucune réflexion. Pour nous il n'y a pas de tabou. Si la TVA sociale est une bonne solution pour relancer l'économie et donner aux entreprises françaises des armes pour embaucher, on l'utilisera. Si la TVA sociale se traduit par une augmentation des prix, et par une baisse du pouvoir d'achat des Français, on ne l'utilisera pas ».
 
Autrement dit, il n’y aura peut-être jamais de TVA sociale en France. Nos dirigeants attendent les conclusions du rapport d’Eric BESSON avant de se décider mais d’une part, il n’existerait aucune date précise pour la remise de ce rapport et d’autre part, face à la multitude des mises en garde des économistes notamment, le gouvernement a demandé à ce que soient examinées d’autres pistes.
 
Cette manifestation de pragmatisme est plutôt bon signe quand la tendance est à la diabolisation ou, au contraire, à l’embellissement. Le gouvernement parlait d'expérimentation, désormais il envisage d'autres hypothèses. Je trouve cela trés positif. En espérant que la mesure qui sera adoptée soit juste et efficace. Mais ceci est une autre histoire.
 
Le temps de l’écoute des économistes…
 
Cela me conduit à observer, non sans humour et étant donné les circonstances (mise en place de la commission ATTALI sur la croissance : ATTALI : La positive attitude en tant que facteur de croissance ) qu’il fut un temps, pas si lointain, ou l’avis des économistes était considéré positivement en matière d’analyse économique. Cela a-t-il changé, ou bien est-ce la visite chez un psy qui a conduit nos dirigeants à devenir plus patients ? Demandons donc à Jacques ATTALI….
 
… de nombreuses avis déjà présentés
 
Je tiens à rappeler qu’au cours du moi de juin, j’avais posté 4 billets sur cette question de la TVA sociale. En m’appuyant sur différentes publications et rapports, on pouvait conclure que les avis des économistes étaient assez mitigés quant aux effets de cette mesure sur l’emploi, la compétitivité et le pouvoir d’achat (en cas de hausse de l’inflation). Le respect du pluralisme devait permettre, de mon point de vue, de dresser un bilan assez complet des effets favorables et pervers de ce type de mesure.
 
In fine, la conclusion générale était que la TVA sociale ne méritait ni tous les " honneurs ", ni tous les "déshonneurs ". Ce que Jean PISANI-FERRY avait parfaitement exprimé dans un texte très court, mais très clair.
 
Les différents rapports et avis utilisés
 
Dans ces différents billets, j’ai présenté le rapport d’un groupe de travail sur la réforme du financement de la protection sociale, remis le 30 mai 2006 qui a été ensuite analysé par le Conseil d'orientation pour l'emploi (COE), le Conseil d'analyse économique (CAE), puis par le Centre d'analyse stratégique (CAS), chargé de faire la synthèse des deux précédents avis.
 
 
J’ai également présenté les avis de différents économistes auditionnés au Sénat dont le compte rendu est contenu dans le Rapport d'information de M. Jean ARTHUIS, « TVA sociale : comment redonner de la compétitivité à l'économie française ». Ici :
 
Dimanche 17 Juin 2007 : Débat sur la TVA sociale 1/3
Lundi 18 Juin 2007 : Débat sur la TVA sociale 2/3
Mardi 19 Juin 2007 : Débat sur la TVA sociale 3/3
 
Dans ce rapport, une réflexion est proposée sur la TVA sociale comme mode alternatif de financement de la sécurité sociale destiné à renforcer la compétitivité des entreprises françaises et l'emploi. Ce rapport intitulé « TVA sociale : comment redonner de la compétitivité à l'économie française » est un Compte rendu des travaux menés dans le cadre de deux tables rondes.
 
Une première table ronde a donné lieu à un débat sur a donné lieu à un débat sur « La TVA sociale comme alternative au mode de financement de la sécurité sociale ». Ce premier débat réunissait en tant qu'économistes, M. Jean-Paul Fitoussi, professeur des universités à l'Institut d'études politiques de Paris, président de l'Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE), M. Christian Saint-Etienne, professeur des universités, membre du conseil d'analyse économique et M. Pascal Salin, professeur d'économie à l'Université Paris-Dauphine, M. Julien Damon, chef du département « questions sociales » du Centre d'analyse stratégique (CAS) et quelques autres intervenants, des sénateurs notamment.
 
Une seconde table ronde centrait la réflexion sur « l’impact de la TVA sociale sur l’économie et l’emploi en France ». Ce second débat réunissait les économistes M. Henri Sterdyniak, économiste à l'Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE), M. Marc Touati, président de l'Association pour la connaissance et le dynamisme économiques (ACDE).
 
Enfin, j’avais utilisé les références suivantes :
 
La TVA sociale, un remède miracle ? par Henri Sterdyniak   le 15 mai 2007 le
 
Chat avec Xavier Timbeau : Faut-il craindre un retour de l'inflation ?
 "Avec la TVA sociale, il y a bien une perte de pouvoir d'achat"
 
Jean Pisani-Ferry : « TVA sociale : pas de miracle en vue », Challenges, le 5 avril 2007 : Les véritables enjeux de la TVA sociale
 
 
Michel Godet : «Il est essentiel de ne pas affecter le pouvoir d’achat des Français »,  Le Figaro », mardi 19 juin 2007
 
 
A partir des liens suivants, vous pourrez lire l’ensemble des contributions personnelles de certains membres du CAE
 
 
 
 
 
 
 
  
  
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Vendredi 29 juin 2007
par David MOUREY publié dans : TVA Sociale
Dans plusieurs billets, j’ai proposé de nombreuses réflexions d’économistes sur cette épineuse question de la TVA sociale. Avant de tenter d’en faire un premier bilan, il convient de garder présent à l’esprit ce que souhaitent nos dirigeants et pourquoi. Quels sont les avantages qu’ils attendent de l’introduction de cette « TVA sociale » et quels sont les effets pervers potentiels, à leurs yeux ?
 
La TVA sociale, le Président et le gouvernement
 
Récemment, le Premier Ministre François Fillon, a affirmé que « pour l'instant, le projet de TVA sociale est à l'étude » et qu’il convenait d’en discuter « avec les partenaires sociaux, sans tabou et sans précipitation inutile. »  
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Dès la remise des conclusions de l'étude sur la TVA sociale, menée par Eric Besson, qui lui sera remise en juillet par madame Christine Lagarde, la nouvelle ministre de l'économie, un grand débat sur la TVA sociale aura lieu devant les Français.
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Selon Eric Woerth, le ministre du budget et des comptes publics, une décision sur l’éventuelle instauration d’une TVA sociale serait prise fin juillet. Mais ce serait peut-être un peu tôt.
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Pour François Fillon, il convient de voir dans quelles conditions il reste possible de financer notre système de protection sociale sans faire porter le financement sur les seules cotisations sociales assises sur le travail qui restent « trop élevées » et provoquent des risques de élocalisation. Il affirme que « tout le monde reconnaît qu'on ne peut pas financer la protection sociale uniquement sur le travail. Plus on met des charges sur le travail, plus les emplois s'en vont ». Il convient donc de trouver de nouvelles assiettes de financement de la protection sociale, mais selon le premier ministre il n’existe qu’une seule nouvelle assiette,  « c'est la consommation, c'est la valeur ajoutée ».
 
Il a confirmé que si cette mesure était à l’origine d’une injuste réduction du pouvoir d’achat alors elle serait abandonnée.
 
Mercredi 20 juin à l'Elysée, devant les parlementaires de l’UMP, le Président de la République Nicolas Sarkozy a fixé les grands objectifs de son mandat. Il a, en particulier, explicité sa position concernant le débat sur la TVA sociale.
 
 
 
Selon le Président de la République, « si la TVA sociale contribue à freiner les délocalisations, si elle est bonne pour l'emploi, si elle est bonne pour la croissance, si elle ne pénalise pas le pouvoir d'achat, alors nous ferons la TVA sociale (...). S'abstenir sur la TVA sociale et regarder passer le train des délocalisations serait non seulement une faute économique, mais une faute morale et une faute politique »., «
 
A ce titre, selon, l’ancien Premier Ministre, Jean-Pierre Raffarin la TVA sociale aura un effet négatif sur le pouvoir d'achat. Il se demande comment on pourrait « avoir un pouvoir d'achat protégé avec une TVA qui augmenterait ?».
 
Le Président de la république a affirmé que la TVA sociale sera dans un premier temps expérimentée, sans dire dans quelles conditions, et il a précisé qu’en cas de succès observé, elle sera généralisée. Jean-Pierre Raffarin s’est prononcé sur certaines modalités possibles de l’expérimentation, souhaitée par le Président de la république et le premier ministre. L’expérimentation pourrait porter sur les importations de textile ou d'automobile. 
 
Une étude plus approfondie des modalités de mise en œuvre de la TVA sociale assortie d’une phase d’expérimentation, cela semble aller dans le sens souhaité par les économistes. Il suffit de relire le billet précédent « TVA sociale » et financement de la protection sociale ».
 
 
Une courte synthèse
 
Au départ, on attend de la TVA sociale qu’elle permette une réduction du coût du travail afin de financer, à partir d’une assiette plus large et supposée plus juste, une partie de la protection sociale. Cela se ferait en transférant une partie du financement de la protection sociale des entreprises vers les ménages, par le biais d’une baisse des cotisations sociales patronales compensée par une hausse simultanée de la taxe sur la valeur ajoutée (TVA).
 
Ce transfert de charges doit  permettre d'alléger le coût du travail en France et de taxer davantage les produits importés, notamment ceux en provenance des pays à bas coûts (à bas salaires). De cette manière, la TVA sociale doit contribuer à renchérir les produits importés de pays à faible coût de main-d'œuvre et, in fine, d’éviter des délocalisationsPour ses détracteurs, la TVA sociale risque surtout d’entraîner une hausse des prix, source d’inflation, qui pénalisera les consommateurs, en particulier les plus modestes.
 
Mais pour l’instant, rien n’est certain car les modalités précises de la mesure ne sont pas connues. Il est donc bien difficile de tirer des conclusions solides sur ces effets potentiels, positifs ou négatifs, pour les ménages, les entreprises, la compétitivité, les finances publiques, le financement de la protection sociale… Comment chiffrer précisément les effets divers de la TVA sociale sans avoir toutes les données nécessaires aux calculs ?
 
Tout au plus pouvons-nous tenter de synthétiser les effets estimés selon les différents scénarios et les divers impacts envisagés.
 
La TVA sociale est-elle une mesure susceptible de rééquilibrer le financement de notre système de protection sociale ?
 
Dans un premier temps, il faut définir le champ et l’ampleur de ce transfert de financement car il ne s’agit aucunement de transférer la totalité du financement de la protection sociale sur la TVA.
 
Plusieurs économistes insistent sur la nécessité de transférer une partie du financement des dépenses d'assurance maladie et familiale.
 
Christian Saint-Etienne propose de distinguer la protection sociale individuelle de la protection sociale collective (politique de la famille et de la santé). « La protection sociale individuelle dépend des revenus de l'individu. (…) Il est justifié que ce type de protection soit financé par des cotisations sociales sur les salaires, et tel est le cas depuis 1945. La protection sociale collective dépend de la citoyenneté. (…) Dans ce cas, il est inconcevable que ce type de prestation soit uniquement financé par des charges salariales. Il faut jouer sur les impôts que tous les résidents paient : la TVA. »
 
De même, selon Henri Sterdyniak « Il est anormal que la protection sociale pèse, en ce qui concerne la famille et la maladie, sur les revenus d'activité. » « . »
 
Le niveau initial élevé du taux de TVA en France laisse –t-il une marge de manoeuvre pour une hausse de celle-ci ?
 
Il est probable que la marge de variation de la TVA de reste faible en France, sauf à accepter une très forte hausse du taux de TVA. Pour Jean Pisani-Ferry, « Cela réduit les marges de hausse ».
 
Selon Michel Godet, « Il est possible d'instaurer la TVA sociale sans l'augmenter en commençant d'abord par réduire les gaspillages des dépenses publiques (…) inutiles ou mal employées (…). »  
 
Faut-il instaurer plusieurs taux de TVA ?
 
C’est ce propose Christian Saint-Etienne qui se décrit comme un minimaliste (TVA à 22 %) au sein des partisans de la TVA sociale, à distinguer des maximalistes, comme le sénateur Jean Arthuis, qui vont jusqu'à proposer une TVA à 28 %.
 
Christian Saint-Etienne propose trois taux de TVA: 8 %, 15 % et 22 % avec un « taux de 15 % pour les activités à forte intensité de main d'oeuvre et pour les activités essentiellement effectuées par les très petites PME, dont la tentation de fraude est très élevée.» Mais, dit-il, « compte tenu de la législation européenne, il est impossible d'avoir plus de trois taux de TVA ».
 
La TVA sociale est-elle une mesure susceptible d’améliorer la compétitivité et de relancer l’emploi en produisant un effet anti-délocalisation ?
 
Pour Henri Sterdyniak, « les délocalisations menacent l'industrie et donc l'ensemble de l'économie française. Il convient donc d'agir durablement, grâce à des mesures importantes. Pourtant, je pense que la TVA sociale est une erreur ».
 
Pour Jean-Paul Fitoussi la TVA sociale est en réalité un substitut à une politique de change et  « l'augmentation de la TVA équivaut à une dépréciation réelle de la monnaie (…) ce qui devrait permettre dans un premier temps d'améliorer la compétitivité. Simplement, il existe deux modalités de compétitivité : la compétitivité-prix, dans laquelle nous sommes aspirés en raison du système de concurrence fiscale mis en place dans la zone euro, et la compétitivité-productivité. Cette dernière passe par la réduction des coûts unitaires et par l'augmentation de la compétence et de la productivité du travail. »
 
Selon Xavier Timbeau, « la TVA sociale joue comme une dévaluation, elle accroît la compétitivité. Quand un pays la fait, il gagne en compétitivité, mais la contrepartie automatique, c'est que ses voisins perdent en compétitivité. C'est un jeu à somme nulle. Donc c'est tout le débat autour de la TVA sociale : doit-on la faire parce que les Allemands l'ont fait, pour regagner la compétitivité qu'ils ont gagnée sur nous ? Et les avantages de cette TVA sociale ne seront-ils pas perdus quand les Espagnols ou les Italiens feront pareil ? »
 
Pour Christian Saint-Etienne, « il est évident que cette baisse du coût du travail serait minime et incapable de modifier les différences de coûts entre la France et la Chine mais les entreprises chinoises paieraient l'augmentation de TVA, ce qui rendrait les importations plus coûteuses. Mais nous améliorerions ainsi la compétitivité du travail français par rapport à nos partenaires de la zone euro. La TVA sociale est une arme anti-délocalisation. »
 
Selon Marc Touati, «  Plus de la moitié des destructions d'emploi observées depuis quinze ans sont intervenues lors des cinq dernières années. En cinq ans, la désindustrialisation du pays s'est accélérée. Depuis 24 trimestres, l'industrie manufacturière n'a plus créé un seul emploi. Il existe donc un réel problème de compétitivité. Cependant, je demeure assez dubitatif vis-à-vis de la TVA sociale. Je pense ainsi qu'il est nécessaire d'aller beaucoup plus loin, en prenant en compte l'exemple allemand, lequel ne se fonde pas sur la TVA sociale ».
 
La TVA sociale va-t-elle se traduire par un transfert de main d’œuvre en faveur des secteurs de main d'oeuvre au détriment des secteurs capitalistiques ?
 
Pour Jean-Paul Fitoussi, « instituer un système de TVA sociale » revient à accepter « de modifier les prix relatifs dans notre économie, en faveur des industries dont la masse salariale est importante et en défaveur des industries pour