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David MOUREY
Pontault-Combault (77340)
  Professeur de Sciences Economiques et Sociales

 
La démocratie exige le débat
 
L’objectif de ce blog est de tenter de valoriser le débat et la démocratie. Certes, l’objectif est ambitieux mais l’ampleur de l’enjeu ne doit pas nous conduire à la résignation. Nous devons nous en donner les moyens.
   
Voir l'article :   "De l’importance du débat dans une démocratie moderne"
   
« J’apprends beaucoup des gens avec qui je suis en désaccord,
j’apprends très peu des gens avec qui je suis d’emblée en accord.
C’est normal car être en désaccord implique de comprendre
la nature, la valeur, la profondeur de l’argument
qui est utilisé dans le débat. »
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   CONFERENCE DE JEAN-PAUL FITOUSSI, Mercredi 20 avril 2005
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Dimanche 27 avril 2008
par David MOUREY publié dans : Crises Financières


La crise financière qui s'est propagée à l'ensemble des places financières du monde entier, à partir du choc initial de la crise du crédit subprime aux Etats-Unis, nous conduit à nous interroger et à rechercher de nombreuses et nouvelles explications qui n'ont probablement pas encore été proposées. Nous pouvons par exemple nous poser la question suivante : « Mieux comprendre la finance peut-il permettre d'éviter les crises financières ? »

Plus précisément, une meilleure compréhension des mécanismes financiers, par les agents économiques auteurs des multiples opérations financières réalisées quotidiennement, serait-elle favorable à une réduction des « chances » d'occurrence des crises financières ?

 

Une éducation financière précoce est-elle indispensable ?


A cette question, le président de la Réserve Fédérale, la banque centrale des Etas-Unis, apporte une réponse sans ambigüité : « la crise du subprime illustre l'importance d'une éducation financière précoce ». Pour Ben Bernanke, une meilleure connaissance du fonctionnement des mécanismes financiers serait propice à la prise de décisions plus équilibrées au regard du couple rendement/risque. « Les problèmes issus du marché des prêts hypothécaires à risque nous rappellent combien il est crucial que les individus acquièrent des connaissances financières à un jeune âge pour être mieux préparés à prendre des décisions et naviguer sur un marché financier de plus en plus complexe ».

Mais accéder à l'information n'est-il pas un préalable à son traitement ? Certes, sur des marchés financiers de plus en plus complexes, il convient de disposer d'un bagage de connaissances suffisant pour collecter et traiter l'information convenablement afin de prendre la « bonne décision ». Mais il convient préalablement de pouvoir disposer de celle-ci. Ensuite, seulement, on peut se poser la question de la capacité à traiter rationnellement cette information. Or, l'asymétrie en termes d'accès à l'information est une constante sur les marchés financiers. Tous les acteurs n'ont pas un égal accès à l'information disponible. L'asymétrie dans la capacité  de traitement de cette information sera cumulative à la première forme d'asymétrie. Ici, il convient de savoir avant de savoir faire.


De surcroit, ce qui peut être considéré comme un choix efficace pour les uns, ne le sera probablement pas pour d'autres. Rationalité individuelle et rationalité collective ne convergent pas automatiquement. Les acteurs agissent dans un système. D'une part, ils sont interdépendants des décisions prises par les autres acteurs mais d'autre part, ils dépendent des mouvements du système considéré dans sa globalité. Le jeu, sur les marchés financiers, ne peut être toujours et partout gagnant-gagnant, « Win-Win ». Il peut aussi être gagnant-perdant, « Win-loose ». Ce que gagnent les uns, les autres le perdent. Enfin il peut devenir, en situation de crise,  perdant-perdant, « Loose-loose ».

On peut encore ajouter que les comportements, les choix, les décisions, sur les marchés financiers, ne sont pas seulement dictés par la rationalité des agents en matière d'analyse de l'information disponible. Ils sont aussi guidés par les pulsions, les émotions, les « esprits animaux » -« animal spirits » selon John Maynard Keynes. Autrement dit, quand les vagues de pessimisme succèdent aux vagues d'optimisme, les comportements changent et parfois, ce qui devient rationnel, c'est de suivre le sens du mouvement collectif et peu importe le contenu effectif de l'information économique stricto sensu. Les comportements moutonniers, panurgiens, sont en certaines situations les plus rationnels.

 

L'individu et le système

Du niveau microéconomique au niveau macroéconomique

 

On le comprend, la compréhension des processus de décision et des mécanismes financiers est un problème hautement complexe à résoudre. Les décisions des acteurs, considérés isolément, s'inscrivent dans un cadre systémique qui rend le poids de la décision de chacun dans l'ensemble relativement faible. On en déduit que la somme des « meilleures compréhensions individuelles » et la somme des décisions individuelles induite ne garantit pas ipso facto  que la « décision collective » qui va en résulter sera globalement efficace. Il y a loin de la coupe aux lèvres. Les économistes savent depuis longtemps que le passage du niveau microéconomique au niveau macroéconomique ne se fait pas sans difficultés, voire sans heurts. C'est tout le débat, « bridge or no bridge » entre les niveaux microéconomiques et macroéconomiques.


Ils savent également que dans une économie de marché, et sur les marchés financiers notamment, la coordination des millions (milliards) de décisions individuelles exige pour être efficace un encadrement étroit par de nombreuses institutions. La main visible de l'Etat, et des institutions hors marché, doit venir accompagner la main invisible du marché pour que la somme des intérêts individuels puisse converger vers l'intérêt collectif.


On peut ajouter que l'incertitude inhérente à la finance, qui consiste à établir des ponts, à partir d'arbitrages, entre le présent et le futur, implique un pari sur l'avenir. En situation d'incertitude au sens de Frank Knight (connu pour la distinction entre risque et incertitude qu'il propose en 1921 dans « Risk, Uncertainty and Profit »), une part du « risque » n'est pas probabilisable, calculable. Selon Knight, le risque désigne une situation dans la quelle les états possibles de l'avenir sont connues et probabilisables, calculables. En revanche, l'incertitude désigne une situation où l'on ignore tout, on ne sait pas tout simplement. Donc on ne peut rien calculer. Knight distingue donc des situations risquées (où la distribution de probabilité des cas possibles n'est pas connue) des situations incertaines (où les cas possibles ne sont même pas connus). Une incertitude au sens de Knight désigne donc une situation dans laquelle, non seulement l'avenir n'est pas connu, mais il ne peut pas l'être.

L'incomplétude de l'information, c'est-à-dire le fait que l'information sur l'avenir est plus que fragile, ne fait que renforcer les nuances avancées précédemment. Dans ces conditions le niveau d'éducation financière voit ses effets limités.  Nous ne pouvons raisonnablement espérer de miracles quant aux incidences d'une meilleure éducation financière du public. Mais il y à faire, néanmoins !

Faut-il, donc, renoncer à une amélioration de l'éducation financière du public ? Probablement pas ! Il semble indispensable de combiner de manière harmonieuse la responsabilité individuelle à la responsabilité collective compte tenu des contraintes évoquées ci-dessus.


Ainsi, malgré les réserves, les nuances, apportées à la thèse
selon laquelle il suffirait d'améliorer la connaissance des individus en matière financière pour que les marchés financiers et l'économie se portent mieux, il convient absolument de favoriser le développement de la culture économique et financière du public. C'est pour cette raison, qu'il existe depuis quelques mois en France, un Institut pour l'éducation financière du public : IEFP, comme il existe déjà un Codice ou Conseil pour le développement de la culture économique, et que se met en place un Idies,  Institut pour l'information économique et sociale du public.


Pour prendre la mesure de l'importance du développement de la culture financière du public, nous partirons de l'exemple de la crise financière, et réelle, actuelle.

Sans prétendre à l'exhaustivité, nous tenterons de mettre en évidence certains mécanismes clés que chaque citoyen devrait nécessairement comprendre de la crise financière en cours pour que puisse être réduites, in fine, les chances d'émergence d'une nouvelle crise de ce type dans l'avenir.

 

Comprendre la crise financière présente

pour prévenir une éventuelle crise financière future

 

Cinq points seront successivement développés dans plusieurs billets à suivre:

 

1 - Comprendre le rôle du « crédit facile » dans le boom du prix des actifs.

2 - Comprendre les impacts de la titrisation : incertitude, liquidité des marchés et mécanismes de transmission.

3 - Comprendre les dangers de la « Finance de PONZI ».

4 - Comprendre que toute crise financière est une crise réelle.

5 - Comprendre la nécessité de combattre les maux présents sans créer les conditions de leur retour futur.

 

A consulter :

 

Microéconomie ou macroéconomie ?

 

« Croissance smithienne » et « Croissance schumpétérienne »

 

Rationalité et Altruisme

 .  

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Jeudi 10 avril 2008
par David Mourey publié dans : Crises Financières

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Mieux comprendre la finance peut-il permettre d'éviter les crises financières ?

Autrement dit, une meilleure compréhension des mécanismes financiers par les agents économiques serait-elle favorable à une réduction des chances d'apparition des crises financières ?

C'est en tout cas l'avis de Ben Bernanke, le président de la Réserve Fédérale, la banque centrale américaine, selon lequel, « la crise du subprime  montre l'importance de  l'éducation financière », « illustre l'importance d'une éducation financière précoce ».

Bernanke : la crise du "subprime" montre l'importance de l'éducation financière  


Une meilleure connaissance du fonctionnement des mécanismes financiers serait propice à la prise de décisions plus équilibrées au regard du couple rendement/risque.

Selon Ben Bernanke, « Les problèmes issus du marché des prêts hypothécaires à risque nous rappellent combien il est crucial que les individus acquièrent des connaissances financières à un jeune âge pour être mieux préparés à prendre des décisions et naviguer sur un marché financier de plus en plus complexe ».


Certes, sur des marchés financiers de plus en plus complexes, il convient de disposer d'un bagage suffisant pour traiter l'information convenablement afin de prendre la bonne décision.

Mais il convient préalablement d'accéder, de pouvoir disposer, de cette information.


Ensuite, on peut se poser la question de la capacité à traiter rationnellement cette information.

De surcroit, ce qui peut être considéré comme un choix efficace pour les uns, ne le sera probablement pas pour d'autres. Le jeu, sur les marchés financiers, ne peut être toujours et partout gagnant-gagnant, « Win-Win ». Il devient souvent gagnant-perdant, « Win-loose ». Ce que gagnent les uns, les autres le perdent. Il devient même, en situation de crise, "perdant-predant", "loose-loose".


Enfin, les comportements, les choix, les décisions, sur les marchés financiers, ne sont pas seulement dictés par la rationalité des agents en matière d'analyse de l'information disponible.


Ils sont aussi guidés par « esprits animaux » -« animals spirits » selon John Maynard Keynes. Autrement dit, quand les vagues de pessimisme succèdent aux vagues d'optimisme, les comportements changent et parfois, ce qui devient rationnel, c'est otu simplement de faire comme les autres et peu importe le contenu de l'information économique stricto sensu.


Enfin, en situation d'incertitude au sens de Frank Knight, une part du « risque » n'est pas probabilisable, calculable. Dans ces conditions le niveau d'éducation financière peut voir ses effets limités.

L'incomplétude de l'information, c'est-à-dire le fait que l'information sur l'avenir est plus que fragile, ne fait que renforcer les nuances avancées précédemment.


Faut-il, pour autant, renoncer à une amélioration de l'éducation financière du public ?

Probablement pas !

C'est pour cette raison, qu'il existe depuis quelques mois en France, un Institut pour l'éducation financière du public : IEFP.


Nous reviendrons sur ces questions de manière plus approfondie plus tard.

A suivre donc, ...


A consulter :

La Finance Pour Tous

La finance pour tous, édité par l'Institut pour l'Éducation Financière du Public a une vocation pédagogique et informative ...

La crise des "subprime"

Nous publions ici une série d'articles pour vous permettre de mieux comprendre la crise des « subprime ». Dans un premier ensemble, nous traitons l'origine de la crise, sa diffusion, les raisons de sa gravité et de son impact. Un second ensemble d'articles traite quant à lui des réponses que l'on cherche à y apporter.

Comment la crise a-t-elle commencé ?

Comment s'est-elle disséminée ?

Pourquoi cette crise se révèle-t-elle plus grave qu'on ne le pensait en général au départ ?

Perspectives de croissance. Quels sont les principaux arguments des pessimistes et des optimistes ?

Quelle politique monétaire ?

Quid de la politique budgétaire ?

Quels changements pour les banques ?

Les agences de notation

revue de presse

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Dimanche 23 mars 2008
par David Mourey publié dans : Crises Financières

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L'année 2007 fut marquée par la crise des crédits immobiliers américains dits crédits subprime. Cette crise financière au départ, crise du crédit, pose désormais un vrai problème à l'économie mondiale car le fonctionnement normal et stable d'une économie ayant besoin de moyens de financement pour fonctionner, dés l'instant ou les circuits financiers sont grippés, c'est in fine l'économie réelle, qui contaminée inexorablement par la maladie, doit se soigner. La déconnexion entre l'économie réelle et l'économie financière n'est qu'un jeu de l'esprit. Leur interdépendance est clairement visible lors de chaque épisode de crise dite financière. D'ailleurs, les crise financières questionnent et exigent des réponses parce que fort justement, les agents financiers ne sont pas les seuls à en subir les effets destructeurs.
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Les caractéristiques du marché de l'immobilier américain

Sur le marché de l'immobilier américain, le financement d'une opération immobilière, pour un ménage, se fait principalement à taux fixe (70% de l'encours). Cependant, on a assisté au développement accéléré  de produits hybrides de type « interest-only loan » et « 2/28, 3/27 » qui sont des formules de prêts à taux fixes pendant les deux ou trois premières années (à des taux très faibles) et qui sont ensuite « refixés » (reset) à des taux beaucoup plus élevés, ce qui crée inévitablement un choc de paiement pour les emprunteurs. Enfin, le marché immobilier américain « joue un rôle particulier dans le financement de l'économie en raison du Mortgage Equity Withdrawal (MEW) : les ménages peuvent refinancer leurs prêts très facilement lorsque les taux baissent (cash out) ; ils peuvent également s'endetter lorsque la valeur de leur maison augmente (Home Equity loans). » Nous allons revenir sur ce point essentiel ci-dessous en présentant les crédits subprime et les enchainements de causalité pervers qu'ils ont provoqué.
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Les origines de la crise du subprime

Les crédits subprime désignent des prêts octroyés à des emprunteurs de mauvaise qualité. Les prêts subprime ne représentent que 13% de l'encours total de prêts mais ils ont représenté plus de 20% des nouveaux prêts en 2005 et 2006. 

« La crise du subprime trouve son origine dans la combinaison de plusieurs facteurs :

(1) de nombreux prêts ont été octroyés à des ménages n'ayant pas les moyens d'accéder à la propriété (pratiques abusives de la part des banques) ;

(2) pour leur permettre d'accéder à la propriété, les banques (ou organismes prêteurs) ont proposé des prêts atypiques à taux variable, les fameux prêts 2/28 et 3/27. Ces prêts sont à des taux fixes préférentiels (teaser) les deux ou trois premières années puis le taux est refixé à l'issue de cette période (reset). Lors du reset, les ménages font face à un choc de paiement important; 

(3) la baisse des prix immobiliers implique l'impossibilité pour ces emprunteurs de refinancer ou prépayer leurs prêts, conduisant ainsi au défaut. En effet, la baisse des prix entraîne la diminution de l'equity (différence entre la valeur de la maison et celle du prêt) détenu par les ménages. Il y a une forte corrélation entre le taux de défaut et la variation des prix immobiliers. »

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- Sur le premier point, la responsabilité des banques, en tant que créancier, est clairement engagée.

- Le second point permet de mettre en évidence les dangers de prêts à taux variables au moment du reset, c'est-à-dire lorsque que le taux d'intérêt augmente fortement après une première période à bas taux. Le choc budgétaire occasionné sur les ménages par ces hausses excessives de taux se traduit par une augmentation disproportionnée des mensualités de remboursement auxquelles les ménages, peu solvables au départ, ne peuvent faire face durablement. L'effet domino est lancé.

- Enfin le troisième point ne fait que mettre en évidence le renforcement d'une spirale vers le bas. Comme les prix baissent, les ménages ne peuvent plus souscrire de bouveaux prêts assis sur des perspectives de hausse des prix des biens achetés pour garantir leur solvabilité. On prend bien conscience des dangers d'une solvabilité fondée sur les prix d'un actif donnant lieu à spéculation contrairement à la stabilité d'une solvabilité revenu. Logiquement, quand les prix des actifs immobiliers baissent, les taux de défaut augmentent puisque les capacités de remboursement diminuent dans le présent et sont appelées à baisser encore dans l'avenir. 


    Chute des prix immobiliers, prêts à taux variable
et taux de défaillance des prêts

On observe clairement la hausse spectaculaire des taux de défauts depuis de début de l'année 2006 aux Etats-Unis.

 

La «  très forte hausse des taux de défaillance des prêts « subprime » (30j, 60j et 90j), surtout pour les prêts à taux variable (qui atteint 20% en T4-07). Cette forte dégradation des taux de défaut a entraîné la faillite de certains organismes prêteurs et la chute des prix des produits titrisés adossés à ces crédits subprime ainsi qu'une réévaluation des primes de risque sur le crédit.

En supposant que les prêts en début de foreclosure atteignent 12% en 2008 en cumulé (un ordre de grandeur similaire à 2007) sur 1300Md$ d'encours et un taux de recovery de 50%, nous obtenons une perte nette d'environ 80Md$ en 2008, ce qui porterait la perte subprime à environ 160Md$ sur 2007-2008.

Attention cette estimation ne prend pas en compte les pertes liées à la hausse des défauts sur le Alt A et le prime, ni les dépréciations d'actifs dans les comptes des banques. »
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Source : Natixis, Patrick ARTUS, Global Immo n°1 mars 2008
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A consulter :

Estimation de l'encours de subprime

Etats Unis : quelle évolution des taux de défaut sur les crédits subprime ?

Etats-Unis : Fortes baisses des taux d'intérêt

Les dangers de la « Finance de PONZI »

Crise financière, crise du "subprime"

Croyances, Cycles économiques et Taches Solaires

Attention : une crise financière peut en cacher une autre

D'une bulle spéculative à la suivante

« Credit Crunch » aux Etats-Unis ?

Les errements de la confiance :la FED et la BCE dans la crise
Jean Paul Fitoussi
et Éloi Laurent

Jean Paul FITOUSSI La Crise Financière et ses conséquences

« La crise financière aura-t-elle des conséquences sur l'économie réelle ? »

Le Monde, Débat avec Jean Paul Fitoussi,  président de l'OFCE,  mardi 11 septembre 2007 à 15 h00.
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Samedi 22 mars 2008
par David Mourey publié dans : Crises Financières

Face à une conjoncture économique de plus en plus dégradée, la banque centrale américaine, la Fed ou Réserve Fédérale,  mène une  Politique Monétaire très expansionniste.  

Etats-Unis : Baisse de 75pb de l’objectif des Fed funds

Le 18 mars 2008, « Le Federal Open Market Committee (FOMC, comité de politique monétaire) de la Réserve Fédérale a décidé de baisser l’objectif des Fed funds de 75pb, à 2,25%. Le taux d’escompte – qui avait déjà été ajusté à la baisse de 25pb deux jours auparavant – a également été abaissé de 75pb, à 2,5%. »

Pourquoi une si forte  baisse des taux ?

« Le taux d’escompte – qui avait déjà été ajusté à la baisse de 25pb deux jours auparavant – a également été abaissé de 75pb, à 2,5%. Au final, l’écart entre l’objectif des Fed funds et le taux d’escompte a été ramené à 25pb cette semaine, contre 100pb avant le déclenchement de la crise financière, l’été dernier. Ce rétrécissement souligne que les tensions sur les marchés financiers sont probablement considérées par la Fed comme le risque majeur pour l’économie dans les circonstances actuelles. » 

Cette tendance récente à d’importantes baisses des taux d’intérêt,  peut être comparée à celles menées au début des années 2000 à la suite de la bulle technologique, même si les conditions d’occurrence de la crise ne sont pas tout à fait identiques. Il avait alors fallu faire face à des problèmes d’endettement, d’investissement des entreprises, alors qu’aujourd’hui, il convient de canaliser les effets de l’endettement et de l’investissement immobilier des ménages. La gestion des effets de la crise implique d’envisager une gamme différente de canaux de transmission des effets de la politique monétaire...

Les menaces sur la croissance économique et l’emploi se précisent

Le FOMC estime que « les principaux risques ont tous évolué défavorablement au cours des dernières semaines :

-      les tensions sur les marchés financiers se sont intensifiées,

-      le marché du travail s’est détérioré,

-      les données immobilières sont restées déprimées. » 

Cet épisode montre, une fois de plus, que la banque centrale américaine, prend explicitement en compte les conditions d’une croissance soutenue et durable, et non seulement la stabilité des prix.

Les risques inflationnistes ne sont pas sous estimés

Sur fond d’évolutions défavorables et d’incertitude, la menace inflationniste n’est pas oubliée. « Les évolutions sur le front de l’inflation n’ont pas été favorables récemment. Le communiqué du FOMC insiste d’ailleurs à la fois sur le caractère défavorable des évolutions récentes et la plus grande incertitude qui prévaut aujourd'hui. » 

« Les évolutions sur le front de l’inflation n’ont pas été favorables récemment, à l’exception des chiffres des prix à la consommation de février. En particulier, la combinaison de la forte dépréciation du dollar et de prix des matières premières très élevés paraît menaçante de ce point de vue. Dans un tel contexte, il n’est pas surprenant que les anticipations d’inflation  – que le FOMC indique surveiller de près – se soient légèrement détériorées. Le point mort d'inflation déduit des rendements des T-Notes indexés à dix ans est ainsi passé de 2,4% au début février à 2,7% dernièrement. »

L’objectif de stabilité de prix n’est donc pas omis par la Fed, mais il n’est pas exclusif de tout autre objectif. Il ne s’agit pas de maintenir la stabilité des prix, de contenir l’inflation, au prix d’une instabilité plus grande de la croissance économique et de l’emploi.

De la nécessité d’un arbitrage entre

soutien de la croissance et contrôle de la stabilité des prix

« Le paragraphe final du communiqué indique que les risques à la baisse sur la croissance demeurent, et que le Comité agira pour favoriser une croissance soutenable et la stabilité des prix. »

Par nature, un politique économique doit arbitrer entre objectifs. Si une règle de politique économique quelconque impose un seul objectif au détriment de tous les autres, s’il  n’y a plus de possibilités d’arbitrage, la politique économique devient illusoire. Ce n’est plus qu’une chimère.

Entre la règle et le choix, il faut choisir. Mais en démocratie, le gouvernement par la règle ne saurait s’imposer durablement au risque de mettre en péril le fondement même d’un gouvernement démocratique se traduisant ipso facto par des choix, des arbitrages pour les responsables de la politique monétaire et de la politique budgétaire. Observons de surcroit que le choix implique la responsabilité et la prisé de responsabilité par les autorités concernées. Celui qui fait des choix est responsable des conséquences de ceux-ci. L’autorité qui ne fait pas de choix devient irresponsable des effets de ceux-ci car elle peut renvoyer à la règle ceux qui critiquent ses « choix ».

A suivre …

Extrait du Communiqué du FOMC, 18 mars

« The Federal Open Market Committee decided today to lower its target for the federal funds rate 75 basis points to 2-1/4 percent. Recent information indicates that the outlook for economic activity has weakened further. Growth in consumer spending has slowed and labor markets have softened.  Financial markets remain under considerable stress, and the tightening of credit conditions and the deepening of the housing contraction are likely to weigh on economic growth over the next few quarters. Inflation has been elevated, and some indicators of inflation expectations have risen.  The Committee expects inflation to moderate in coming quarters, reflecting a projected leveling-out of energy and other commodity prices and an easing of pressures on resource utilization.  Still, uncertainty about the inflation outlook has increased.  It will be necessary to continue to monitor inflation developments carefully. Today’s policy action, combined with those taken earlier, including measures to foster market liquidity, should help to promote moderate growth over time and to mitigate the risks to economic activity.  However, downside risks to growth remain. The Committee will act in a timely manner as needed to promote sustainable economic growth and price stability.

Source : EcoFlash, BNP Paribas,  18 mars 2008.

A consulter :

D’une bulle spéculative à la suivante

« Credit Crunch » aux Etats-Unis ?

Subprime, petite foire aux questions

Pourquoi le subprime ne peut exister en France

Les errements de la confiance :la FED et la BCE dans la crise
Jean Paul Fitoussi et Éloi Laurent

 Jean Paul FITOUSSI La Crise Financière et ses conséquences

 « La crise financière aura-t-elle des conséquences sur l'économie réelle ? »

 Le Monde, Débat avec Jean Paul Fitoussi,  président de l'OFCE,  mardi 11 septembre 2007 à 15 h00.

 Attention : une crise financière peut en cacher une autre

 Les dangers de la « Finance de PONZI »

 Crise financière, crise du "subprime"

 De la crise financière,… à la crise réelle ?
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