Overblog Tous les blogs Top blogs Économie, Finance & Droit Tous les blogs Économie, Finance & Droit
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

David MOUREY Professeur d'Economie Auteurs de nombreux ouvrages d'économie chez De Boeck Fondateur des « Rencontres économiques » depuis 2005.« Rencontres économiques lycéennes » et « Rencontres économiques citoyennes »à Pontault-Combault depuis 2005 ! Fondateur des« Rencontres économiques » à Paris depuis 2008 !

Publicité

Résilience asymétrique dans la Zone Euro face à la crise économique

.

« L'Allemagne va-t-elle résister mieux que la France, l'Espagne ou l'Italie à la crise économique ? ». C'est la question que se pose Patrick Artus dans un Flash récent du  03 septembre 2008 - Flash N° 361

 

Les commentateurs ont tendance à affirmer que  l'Allemagne va moins souffrir que la France, l'Espagne ou l'Italie de la crise économique. Si cela est vrai à court terme, cette capacité de résilience à la crise économique de l'économie allemande ne sera probablement pas durable.

 

Allemagne : une capacité de résilience plus forte

Les forces de l'économie Allemande

 

Pourquoi l'Allemagne a une capacité de résilience plus forte que les trois autres grandes économies de la Zone Euro que sont la France, l'Espagne ou l'Italie ?
.

D'abord, l'économie allemande n'a pas été « dopée », depuis 10 ans, par les plus values dans l'immobilier et les crédits aux ménages. En l'absence d'effets positifs antérieurs sur ces marchés, il ne peut y avoir de retournement aux effets inverses.

De plus, la spécialisation de son industrie dans le haut de gamme, en vertu d'un effort d'innovation plus grand et de l'outsourcing (externalisation) vers les économies émergentes des parties les moins sophistiquées des chaines de production,  lui permet de mieux résister à l'appréciation de l'euro et au niveau toujours élevé de ses coûts de production.

Ensuite, la part de marché de l'Allemagne dans les exportations vers les pays émergents et les pays exportateurs de pétrole est plus  importante. Cela  permet à l'Allemagne de profiter davantage de la croissance rapide de ces pays et donc de leurs importations croissantes.

En outre,  le rééquilibrage de ses finances publiques en 2007 (par la hausse de la TVA), lui donne aujourd'hui davantage de marges de manœuvre budgétaires que la France et l'Italie.

Enfin, la bonne santé financière (forte profitabilité : taux de profit et taux d'autofinancement) des entreprises allemandes peut les protéger des effets de la crise.              

 

Les faiblesse potentielles de l'économie Allemande

 

Pourtant, insiste Patrick Artus, il convient de ne pas être trop optimiste pour l'Allemagne. Cela pourrait être durablement néfaste comme tout excès.

Autrement dit, il faut avoir le pessimisme de la raison et l'optimisme de la pensée, de la volonté.

En effet, les dernières évolutions cycliques mettent en évidence un affaiblissement clair de l'industrie allemande.
.

En fait, l'environnement conjoncturel est défavorable en raison du retournement sur le marché de l'immobilier et sur le marché du crédit aux ménages.

De surcroit,  sa stratégie d'outsourcing (externalisation) vers les émergents se traduisait par un surcroit d'importations en provenance de ces pays. Cette stratégie consistait aussi à développer  les exportations  vers les autres pays européens et vers les Etats-Unis, qui désormais  sont en croissance faible, pour compenser  l'ampleur du supplément d'importations depuis les pays émergents lié à l'outsourcing initial.

Ce mécanisme pourrait jouer un rôle significatif dans l'affaiblissement de l'industrie allemande. Car l'Allemagne ne peut plus compenser l'outsourcing vers les émergents par davantage d'exportations vers les Etats-Unis et la Zone Euro.

A terme, l'appréciation de l'euro peut finir par éroder ses parts de marché. Le niveau élevé des gammes et de la qualité des produits peut certes compenser transitoirement les impacts de l'appréciation de l'euro.  Mais, ce processus, s'il persiste, peur jouer un rôle actif dans l'affaiblissement de l'industrie allemande avec une sensibilité accrue des exportations au taux de change de l'euro.

De même,  la hausse soutenue et durable des prix des matières premières va finir par pénaliser les économies dont le poids de l'industrie est élevé. Ce qui peut provoquer des nouvelles délocalisations industrielles vers les grandes économies émergentes

 

A consulter :

 

Croissance économique durablement molle pour la France ???

 

Bilan économique de la France : Patrick ARTUS et Jean Paul FITOUSSI

 

Tendance à l'appréciation de l'euro

 

Les temps de la politique économiques

 

D'une bulle spéculative à la suivante

 

Attention : une crise financière peut en cacher une autre

 

Et si l'appréciation de l'euro se poursuivait ?

 

L'euro fort et l'hétérogénéité de la zone euro

 

Appréciation de l'euro et « force » d'une monnaie

 

Appréciation de l'euro et dépréciation du dollar

 

Euro Fort : Monnaie forte et/ou Economie forte ?

 

L'euro : une monnaie de réserve internationale qui s'apprécie

l'Insee.
.

Publicité
Retour à l'accueil
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article