David MOUREY Professeur d'Economie Auteurs de nombreux ouvrages d'économie chez De Boeck Fondateur des « Rencontres économiques » depuis 2005.« Rencontres économiques lycéennes » et « Rencontres économiques citoyennes »à Pontault-Combault depuis 2005 ! Fondateur des« Rencontres économiques » à Paris depuis 2008 !
Voici la réponse courte, je développerai les différents points progressivement, que j'ai apportée à un ensemble de question que me pose le sympathique bloggeur OZENFANT ici : Pas assez de régulations dans les jeux de la finance et dans la macro économie. Mais trop de régulations dans l'économie réelle... Mr David MOUREY ?
Ozenfant pose plusieurs questions très intéressantes. En tout cas, moi elles m'intéressent.
Je tiens d'abord à rappeler que de très nombreux économistes expliquent et écrivent depuis longtemps que l'économie de marché à besoin d'instances et de mécanismes de régulation au niveau macro et au niveau micro. Il suffit de lire les manuels universitaires et les nombreux rapports publiés par le CAE, l'OFCE, le CEPII, ... pour en être convaincu.
De plus, cela fait plusieurs décennies que ces mêmes économistes exhortent les politiques à prendre des décisions cruciales au niveau international pour mieux contrôler les flux internationaux de capitaux, la spéculation, ... , et leurs effets potentiellement destructeurs pour l'économie réelle.
S'il y a des fautifs, ce ne sont certainement pas les économistes, mais les dirigeants politiques trop souvent enfermés dans une doctrine, dans leur dogmatisme, et ce sont encore certains praticiens de l'économie qui font des paris insensés parce qu'ils savent bien qu'ils pourraient ne pas payer la facture de leurs erreurs en vertu du principe « too big to fail » et du principe de l'aléa moral. Intervention Publique et Crise Financière, c’est bon pour l’Aléa Moral
Ensuite, ce n'est pas la démocratie qui est remise en cause, mais l'économie de marché. Et on peut voir que les dirigeants des Etats, élus de la démocratie (je ne parle pas de la Chine), ayant des comptes à rendre au peuple, se bougent pour essayer de sauver l'économie de marché qui reste finalement, à notre connaissance, le pire des systèmes économique à l'exception de tous les autres. Winston CHURCHILL avait dit que « La démocratie est le pire des régimes à l’exception de tous les autres ».
C'est donc bien l'autorégulation par les principes du marché (main invisible et, loi de l'offre et de la demande) qui est remise en cause par cet interventionnisme répété.
Or, qui se trouve derrière les mécanismes du marché que je viens d'évoquer ?
Eh bien ce sont les acteurs de l'économie, ceux qui font et pratiquent concrètement l'économie.
Enfin, selon Albert EINSTEIN« La connaissance s'acquiert par l'expérience, tout le reste n'est que de l'information. »
Je suis désolé mais je ne suis pas de taille à débattre avec EINSTEIN. Je ne fais pas partie de ceux qui savent tout sur tout et que l'on aperçoit au loin sur quelques blogs, à l'horizon ... (lol) ...
Je peux juste dire que cet immense scientifique faisait références aux sciences expérimentales comme la physique. Malheureusement dans les sciences économiques et autres sciences sociales, l'expérience (notamment en laboratoire) est bien difficile, voire impossible.
De surcroit, ces disciplines doivent se nourrir de l'information puisque la plupart des décisions prises par les agents économiques se prennent sur la base d'une information imparfaite et dont les modes de traitement sont également imparfaits.
En économie, la connaissance s'acquiert par des modes de traitement de l'information adaptés aux différentes situations étudiées. Pour rester simple, comprendre les comportements des agents au niveau microéconomique et comprendre les évolutions des variables macroéconomiques exige de faire des hypothèses sur la nature de l'information dont disposent les agents économiques, sur leur capacité à traiter celle-ci de manière efficiente afin d'en déduire différents scenarii macroéconomiques entre les figures du possible et celles de l'utopique.
Cela étant, l'expérience du passé sert aussi en économie, dans la mesure ou on peut tirer des enseignements de nos erreurs passées pour ne pas les renouveler, ni dans le présent, ni dans le futur.
Mais comme tu le sais bien, « nous ne commettrons pas les mêmes erreurs mais nous en ferons d'autres ».
Par exemple, le cumul des réponses à la crise financière et réelle présente est là pour témoigner que des leçons ont été tirées de la très mauvaise gestion de la crise des années 30. On peut le voir à travers les actions suivantes : politiques monétaires expansionnistes en baissant les taux d'intérêt, injections massives et coordonnées de liquidités, interventions des Etats pour rétablir la confiance en garantissant les dépôts bancaires, Sommets des plus grandes puissances occidentales et émergentes, ..., et refus du repli protectionnistes en réponse aux défaillance en matière de régulation de la mondialisation/globalisation. Les années 30 ont montré que le repli protectionniste est bien la pire des solutions à une crise d'ampleur mondiale ...
Cette réponse rapide à un ensemble d'interrogations mérite des développements ultérieurs afin d'être plus précis.
A suivre donc, ...
A consulter :
Aprés la Crise Financière : Comment sortir d'une récession ?
Les temps de la politique économiques
Intervention Publique et Crise Financière, c'est bon pour l'Aléa Moral
Sauvetage du système financier : A quel prix pour le contribuable ?
Crise financière : "Accusés, levez-vous !"
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Crise financière et Injection de liquidités
Les dangers de la « Finance de PONZI »
Crise financière, Points de vue d'Agnès Bénassy-Quéré Directrice-CEPII
Crise Financière : Points de vue de Jean-Paul FITOUSSI
Crise Financière : Une Action coordonnée de Six Banques Centrales
Panique Bancaire et Financière mondiale
Crise financière : quelle réponse européenne ?
D'une bulle spéculative à la suivante
Le Bilan des banques avant et après le Plan de sauvetage du Trésor US
De la crise financière, ... à la crise réelle ?
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Mieux comprendre la finance pour éviter les crises financières
Mieux comprendre la finance pour éviter les crises financières (2)