Voilà de quoi faire rebondir les débats sur la mesure du chômage et plus précisément sur les conventions internationales qui permettent de mesurer le chômage dans chaque pays, puis de faire des comparaisons internationales. Je ne m’étendrais pas en commentaire aujourd’hui mais je crois que cette information vaut la peine d’être diffusée.
L’effet boomerang d’une étude du Mc KINSEY GLOBAL INSTITUTE sur le chômage en suède
Dans une note de juin, le Centre for Economic and Policy Research (CEPR) s’est essayé à appliquer au cas américain la méthode employée en 2006 par le Mc Kinsey Global Institute pour ré-estimer le taux de chômage en Suède.
Avec un résultat tout aussi spectaculaire : l’étude Mc Kinsey faisait tripler le taux suédois de 2004 (de 5,3 % à 15,7 %), sa transposition par le CEPR porte le taux « de facto» américain de 5,5 % à 15,2 %.
Cinq populations sont ajoutées aux chômeurs BIT : les personnes aux marges de l’activité (chômeurs découragés), sous-employées (à temps partiel contraint), valides mais exclues de l’activité (préretraite et incapacité), en emplois aidés, incarcérées.
Pour les deux premières, l’effet du redressement est moindre aux États-Unis : + 1,4 point de chômage, contre + 3,1 en Suède.
L’incidence des retraits d’activité est la même dans les deux pays. En revanche celle des emplois aidés et surtout de la population carcérale est deux fois plus forte aux États-unis (+ 4,9 points contre + 2,5 en Suède).
Bien que menée avec rigueur cette démarche soulève nombre d’objections techniques :
Quelle est la proportion « normale » de préretraités ou d’invalides ?
Quelle est la bonne période de référence pour observer la recherche d’emploi ?
Cette démarche soulève aussi nombre d’objections conceptuelles
Un travailleur pauvre bénéficiant d’un crédit d’impôt est-il chômeur à due proportion ?
Les prisonniers sont-ils des chômeurs ? …
Elle a cependant la vertu de montrer qu’au-delà d’une mesure universelle du chômage stricto sensu, une recension selon des critères homogènes des situations intermédiaires entre emploi, chômage et inactivité peut offrir une vision plus complète du fonctionnement du marché du travail.
Source de ce texte :
Centre d’analyse stratégique, Note de Veille n°63
La Note du Center for Economic and Policy Research (CEPR)