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David MOUREY
Pontault-Combault (77340)
  Professeur de Sciences Economiques et Sociales

 
La démocratie exige le débat
 
L’objectif de ce blog est de tenter de valoriser le débat et la démocratie. Certes, l’objectif est ambitieux mais l’ampleur de l’enjeu ne doit pas nous conduire à la résignation. Nous devons nous en donner les moyens.
   
Voir l'article :   "De l’importance du débat dans une démocratie moderne"
   
« J’apprends beaucoup des gens avec qui je suis en désaccord,
j’apprends très peu des gens avec qui je suis d’emblée en accord.
C’est normal car être en désaccord implique de comprendre
la nature, la valeur, la profondeur de l’argument
qui est utilisé dans le débat. »
.
   CONFERENCE DE JEAN-PAUL FITOUSSI, Mercredi 20 avril 2005
.
Samedi 29 mars 2008
par David Mourey publié dans : Finances publiques
.

A regarder et à écouter attentivement, le point de vue de l'excellent
Jean-Paul-Fitoussi,
 Président de l'OFCE sur la dette publique.

Jean-Paul Fitoussi est fidèle à sa ligne de pensée. Modération et sagesse. Il nous rappelle depuis des années, 10 à 20 ans, que c'est la démocratie (le politique) qui doit gouverner l'économie et non l'inverse.

C'est l'économie qui doit être au service de la démocratie et non l'inverse.

Il ne peut y avoir durablement de "bonne" économie (efficacité économique et justice sociale) sans vraie démocratie, celle qui prend ses responsabilités.

Bien entendu, cela ne suppose en rien de prôner l'endettement public  etc...

JP Fitoussi ne dit pas cela. Il ne faut pas laisser filer les déficits et la dette publique et sur ce point  Michel Pébereau a raison.

Pour autant, cela ne doit pas se faire contre les citoyens, contre la démocratie et donc contre l'économie réelle.

Bon messieurs, mettez-vous d'accord, SVP!

Lire les commentaires de l'intervention de Fitoussi, ici:

http://www.marianne2.fr/Jean-Paul-Fitoussi-mieux-vaut-endetter-l-Etat-que-les-Francais!_a85316.html?voir_commentaire=oui&PHPSESSID=4c77ccddc14b032ea495ce4a68b0c31a#comments

 


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Il est dommage que Michel Pébereau n'ait pas été là. J'ai assité une fois à un débat entre les deux économistes sur ce thème et de fut un très grand débat.

A écouter et à voir ici :

Jean-Paul Fitoussi : mieux vaut endetter l'Etat que les Français!

 A consulter :

Daniel COHEN : Dette publique, prélèvements obligatoires et croissance

LA DETTE PUBLIQUE ET LES GENERATIONS FUTURES

La dette publique en débat

Les candidats et la dette publique

Comment mesurer la dette publique ?

Dette publique, comportements de consommation et d'épargne

Dette publique, déficit budgétaire et politique budgétaire
.

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Mercredi 31 octobre 2007
par David MOUREY publié dans : Finances publiques
 
Pour une fois, nous allons jouer sur ce blog.  
Qui a dit et dans quel ouvrage ?
 
Relisant des passages des différents débats sur la dette publique, ses causes et ses conséquences, et en particulier celui que j’ai organisé à Pontault-Combault le 17 avril 2007, j’ai relu dans un ouvrage les passages suivants. Je demande à chaque lecteur de me dire qui est l’auteur des extraits proposé ci-dessous.  Attention les titres avant chaque paragraphe relèvent de mon propre choix.
 
La lecture de ces quelques lignes suscite la réflexion surtout quand on en réflexion l’auteur.
 
Croissance molle et dette publique
 
« Les États qui se préoccupent, dans les années soixante, de conjurer la hausse des dépenses de l'État providence, d'endiguer les déficits publics, s'inquiètent en réalité de leurs effets sur l'inflation, ou sur la balance des paiements, mais rarement du risque que la hausse de la dette publique fait peser sur leur propre solvabilité. La croissance économique semblait en effet garantir que jamais le problème de l'insolvabilité de l'État ne se poserait. A titre d'exemple, la dette publique anglaise représentait, en 1960, plus de 100 % du P.I.B. En 1980, elle était descendue à 40 %, sans que l'État n'ait jamais dégagé d'excédents, mais simplement en vertu du fait que le dénominateur a toujours crû plus vite que le numérateur. C'est bien sûr cette aisance budgétaire due à une croissance rapide et à des taux d'intérêts bas qui explique que l'État ait eu tant de mal à contenir la hausse des dépenses. Les années de croissance ralentie, qui sont le lot des pays industriels depuis 1975, ont annulé cette logique (la hausse des taux d'intérêts qui résulte tout à la fois de ce ralentissement de la croissance et d'une nouvelle politique monétaire sera examinée au chapitre 4). Les pays dont la dette publique excède aujourd'hui 100 % du P.I.B. s'inquiètent de ne pouvoir la contenir. » (…)
 
Croissance économique et Etat-providence
 
« On mesure tout à coup que c'est la croissance économique qui a permis l'État providence, et non pas l'État providence qui a permis la croissance. En période de forte croissance, les actions de l'État sont gagées par la (forte) richesse à venir et le libèrent ainsi du risque de voir une génération répudier les créances accumulées par celles qui la précèdent. En période de faible croissance, en revanche, les actions de l'État retrouvent un poids dont le keynésianisme croyait l'avoir affranchi : la hausse de la dette de l'État (relativement au P.I.B.) fait obstacle à la poursuite ininterrompue des déficits publics. » (…)
 
De la soutenabilité de la dette publique
Et
du poids de prélèvements obligatoires
 
« Ce poids nouveau de la contrainte budgétaire publique est la grande rupture des années quatre-vingt et quatre-vingt-dix. L'État providence ne peut plus résoudre aujourd'hui ses difficultés par une fuite en avant comparable à celle qu'il a connue dans les années soixante. Le niveau atteint par les prélèvements obligatoires l'interdit tout autant que le ralentissement de la croissance et la concurrence (nouvelle) des marchés i financiers. Le déficit public, arme suprême de la politique keynésienne pour combattre la récession, se retourne contre ses inspirateurs : en période de croissance ralentie, il est difficile d'échapper au poids de la dette publique. Privé d'une croissance forte, l'État peut certainement stimuler l'activité en prolongeant les déficits. La politique économique de Reagan montre qu'il est en effet possible de stimuler de cette façon l'activité économique. Mais les années Reagan ont ruiné les marges d'action de ses successeurs. Désormais, et pendant au moins une décennie (qui sera l'envers de la décennie flamboyante de Reagan), les Américains devront rembourser leurs dettes. Déjà, la charge des intérêts est devenue le poste le plus élevé de la dépense publique. En période de croissance ralentie, les déficits publics n'ont plus qu'un rôle transitoire à jouer. Ce qui ne veut pas dire que ce soit négligeable. Mais ils ont cessé d'être le recours contre le ralentissement durable de la croissance. »
 
«Crise du keynésianisme»
 
« C'est ce nouveau champ de contrainte, la redécouverte des contraintes budgétaires publiques qui pèsent sur les gouvernements, que j'appellerai la «crise du keynésianisme».
 
Pour la première fois depuis l'avènement de l'idée keynésienne, malgré la montée en puissance d'une fiscalité qui s'est émancipée des tranches étroites où elle était encore contenue au XIXe siècle, les gouvernements ont subi la contrainte de limiter leurs dépenses au rythme « lent » de la croissance économique. Ils doivent aujourd'hui arbitrer entre divers postes (santé ou éducation, armée ou retraites...), ou, à défaut, à l'image des États-Unis, ils peuvent arbitrer dans le temps en dépensant au cours d'une décennie et en remboursant au cours de la suivante. Ils sont en tout état de cause privés de cette fuite en avant qui leur permettrait de compter que la croissance ultérieure sera suffisamment forte pour rembourser leurs dettes.
 
La première question qui se pose à présent consiste donc à apprécier dans quelle mesure la croissance économique s'est durablement ralentie, ou si nous prenons pour durable une contrainte qui est prête à s'évanouir. Et quand bien même la croissance devrait être durablement ralentie, il faut aussi comprendre pourquoi une croissance plus lente crée un sentiment d'appauvrissement, et semble être la cause du chômage, en dépit du fait qu'elle enrichit chaque année, fût-ce de 1 ou 2 % seulement, nos économies.
 
La seconde question est d'ordre politique. Même si l'on admet que la croissance restera trop lente pour permettre à l'État de se dégager durablement de la contrainte budgétaire qui pèse aujourd'hui sur ses dépenses, est-ce à dire nécessairement que la perte de légitimité des actions publiques qui en est résultée dans les années quatre-vingt est, elle aussi, appelée à être durable ? La crise de la volonté politique est-elle inéluctablement prise dans les filets de la croissance ralentie, ou peut-on compter qu'un nouveau Keynes saura montrer la voie d'une nouvelle politique économique? »
 
A voir :
 
 
 
 
 
 
 
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Vendredi 5 octobre 2007
par David MOUREY publié dans : Finances publiques
  
Deux enquêtes sur le nombre de fonctionnaires viennent d’être publiées par l’hebdomadaire Challenges et le mensuel Alternatives économiques.
 
Le débat sur l’avenir de la fonction publique est relancé avec les projets du gouvernement de François FILLON.
 
Y a-t-il trop de fonctionnaires en France ?
Faut-il réduire le nombre de fonctionnaire ?
 
Tous les liens sont proposés ci-dessous.
 
Tableaux de l’INSEE
 
Emploi salarié et non salarié en France  au 31 décembre 2004
 
en milliers
 
2004
2005(1)
2006(1)
EMPLOI NON SALARIE TOTAL
2 180,0
2 206,2
2 227,0
EMPLOI SALARIE
TOTAL
22 531,7
22 683,3
22 945,2
EMPLOI TOTAL
24 711,7
24 889,6
25 172,1
Champ : France métropolitaine.
Emploi au 31 décembre de l’année n en données brutes.
(1) estimations provisoires pour 2005 et 2006.
 
 
Challenges, Hebdomadaire, n°94
du 4 au 10 Octobre 2007
 
 
Page 75 du magazine, Ivan Best dénombre, pour l’année 2007,
 
- 2 543 005 fonctionnaires d’Etat,
 
-         dont 1 209 828 dans l’éducation nationale.
-         Dont
o       227 50 administratifs,
o       Dont 60 635 aides éducateurs
o       et 982 678 enseignants, soit 81,2 % de l’ensemble.
 
Sources : Rapport annuel sur l’état de la fonction publique, Projet de la Finances 2008.
 
Fonctionnaires : supprimer 350 000 postes,
c'est possible
 

 
Dernier tabou, les effectifs
Magazine Challenges | 04.10.2007
Un monde rigide où le travail n'est pas récompensé. Où toute évolution relève du parcours du combattant. Voilà ce que décrivent les fonctionnaires sélectionnés par l'institut Ipsos et...
 
L'Etat entame sa cure plus doucement que prévu
Magazine Challenges | 04.10.2007
Ce devait être l'an I de la baisse drastique du nombre de fonctionnaires. Le candidat Nicolas Sarkozy l'avait promis : en 2008, seul un agent de l'Etat sur deux partant en retraite serait...
 
Au programme, la pression démographique
Magazine Challenges | 04.10.2007
Effectifs actuels : 1209828 Officiellement, l'Education nationale emploie 1209 828 per sonnes, dont 227150 administratifs, 60635 aides éducateurs et 982678 enseignants, soit 81,2% de l'ensemble...
 
Le mammouth grince à Grenoble
Magazine Challenges | 04.10.2007
Baignée d'un chaud soleil, la rentrée s'est déroulée sans réelle anicroche dans l'académie de Grenoble, la quatrième de France. La télé locale a bien diffusé les éternels reportages,...
 
Des économies au pas de charge
Magazine Challenges | 04.10.2007
Effectifs actuels 436 994 La professionnalisation décrétée par le président Jacques Chirac en 1996 a entraîné une baisse globale des effectifs militaires d'environ un quart. Mais les frais...
 
Des règles de bonne gestion encore inconnues
Magazine Challenges | 04.10.2007
Effectifs actuels : 170 977 Les ministères de Bercy comptent 170977 fonctionnaires. Les deux plus grosses administrations, sous la coupe du ministre du Budget, des Comptes publics et de la...
 
A l'abri du couperet, pas des déséquilibres
Magazine Challenges | 04.10.2007
Effectifs actuels : 72023 Répartis entre la justice judiciaire, l'administration pénitentiaire et la protection judiciaire de la jeunesse, les effectifs du ministère de la Justice rassemblent...
 
Le tribunal d'Angers est condamné à la pénurie perpétuelle
Magazine Challenges | 04.10.2007
Des pas, un léger bruit de clés. A chaque passage. Le couloir des juges d'instruction du tribunal de grande instance d'Angers n'a pourtant rien d'une prison. Aucun barreau n'est scellé aux...

 
Alternatives économiques,
Mensuel n°262 - Octobre 2007
 
Un tableau page 61 rappelle qu’il y a
en France en 2005, 24 870 000 emplois occupés
-         dont 18 005 000 dans le secteur privé (72,4 %)
-         dont 6 864 900 dans le secteur public (27,6 %)
-         dont 5 304 700 dans la fonction publique (21,3 %)
-         dont 2 543 000 dans la fonction publique d’Etat ( 10,2 %)
 
 
Trop de fonctionnaires ?
 
Nicolas Sarkozy en avait fait un de ses slogans de campagne: on ne remplacerait qu'un fonctionnaire sur deux partant à la retraite. Mais réformer l'Etat ne peut se résumer à cette approche quantitative qui ne pourra que dégrader la qualité des services rendus et développer les inégalités. Il faut plutôt partir des besoins et définir les meilleurs moyens de les satisfaire, quitte à assurer une plus grande mobilité des agents publics.
 
Trop de fonctionnaires ?
Nicolas Sarkozy en avait fait un de ses slogans de campagne: on ne remplacerait qu'un fonctionnaire sur deux partant à la retraite. Mais réformer l'Etat ne peut se résumer à cette approche quantitative qui ne pourra que dégrader la qualité des services rendus et développer les inégalités. Il faut plutôt partir des besoins et définir les meilleurs moyens de les satisfaire, quitte à assurer une plus grande mobilité des agents publics.
 
Ne remplacer qu'un départ de fonctionnaire à la retraite sur deux va contraindre à tailler dans des services publics indispensables. Est-ce bien raisonnable?  
 
Secteur non marchand = emploi public; secteur marchand = emploi privé. Les frontières sont beaucoup plus floues que cela.
 
La Suède est citée en exemple pour la réduction du nombre de ses fonctionnaires. Et pourtant, les salariés du public y restent plus nombreux qu'en France.
 
Alternatives Economiques, Mensuel n°261 (2007)
 
 
 Regards Croisés sur l'Economie

 Numéro 2

 Bientôt privés de services publics ?

 Septembre 2007

          Sommaire complet

 Partie 1 : Qu'est-ce qu'un service public ?

 Partie 2 : Services publics et marché : opposition ou complémentarité ?

 
 
A consulter :
 
 
Presse économique
 
CHALLENGES
 
ALTERNATIVES ECONOMIQUES
 
LA TRIBUNE
 
LES ECHOS
 
L’EXPANSION
 
CAPITAL
 
ET
 
INSEE Institut National de la Statistique et des Études Économiques
 
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Jeudi 4 octobre 2007
par David MOUREY publié dans : Finances publiques
 
Un grand débat d’économie sur les enjeux de la dette publique a réuni, mardi 17 avril 2007 à 20 heures dans la salle Jacques BREL à Pontault-Combault. trois intervenants de très haut niveau. En effet, Michel PEBEREAU, Président de BNP-Paribas et Président de la commission qui a rédigé le rapport « Rompre avec la facilité de la dette publique », Jean PISANI-FERRY Directeur de BRUEGEL - Brussels European and Global Economic Laboratory et Xavier TIMBEAU - Directeur du Département Analyse et Prévision de l’OFCE  sont venus débattre sur le sujet suivant : « LA DETTE PUBLIQUE ET LES GENERATIONS FUTURES » « LA DETTE PUBLIQUE ET LES GENERATIONS FUTURES »
 
 
 
De mon point de vue, un débat sur la dette publique est, au fond, un débat sur les positions respectives de l’Etat et du marché dans l’économie. Discuter de la dette publique, de ses causes et de ses conséquences, présentes et futures, doit nous conduire à réfléchir aux moyens de financer les dépenses publiques et les dépenses sociales à partir des impôts, des cotisations sociales et de l’emprunt public. Cette discussion nous amène également à envisager la question de l’investissement public en matière de recherche et développement, de progrès technologique... Ce débat nous conduit encore à considérer les modalités du financement des retraites, compte tenu du niveau d’endettement et du vieillissement de la population. Et tout cela, aussi bien au niveau de l’Etat central que des collectivités territoriales.
 
Le thème de la « dette publique » se trouve donc au cœur de nombreuses questions qui devaient être posées et discutées au cours de cette période propice aux débats démocratiques que fut la campagne des élections présidentielles.  
 
 
Rompre avec la facilité de la dette publique
 
 
Selon Michel Pébereau, « la situation des finances publiques de la France, après 25 ans de déficit budgétaire ininterrompu, est très préoccupante. Il faut rompre avec la facilité de la dette publique afin de mettre nos finances publiques au service de notre croissance économique et de notre cohésion sociale. Compte tenu des conséquences négatives de cette situation sur les générations présentes et futures, nous devons agir sous peine de voir la situation se dégrader encore davantage. » 
 
 
 
 
 
« Il n'y a aucune fatalité. Nous pouvons y remédier si nous prenons sans attendre les mesures nécessaires pour mettre fin à l'augmentation permanente de la dette. En l'espace de vingt-cinq ans, nous avons multiplié notre dette publique par cinq, et nous consacrons désormais aux intérêts de la dette l'intégralité du produit de l'impôt sur le revenu. Et à côté de cette dette figurent d'autres engagements dont il faut tenir compte, parmi lesquels celui qu'a l'Etat de payer les retraites de ses agents. Plus encore que le niveau, c'est la tendance qui est inquiétante. La France est le pays de l'Europe des Quinze dont le ratio d'endettement a le plus augmenté depuis dix ans. Nos administrations sont en déficit chaque année depuis vingt-cinq ans. Cette situation financière s'explique par le choix constant de la facilité. »
 
Premièrement, nous avons sans cesse reporté la modernisation de nos administrations. Les structures se sont multipliées et les instruments se sont empilés sans cohérence d'ensemble. Deuxièmement, la culture de la dépense s'est peu à peu substituée à la recherche d'une efficacité en profondeur de l'action publique. Chaque fois qu'un problème se pose, nous y répondons par une nouvelle dépense et souvent dans l'urgence. Les réponses de fond aux problèmes passent au second plan. Les préconisations de la commission ont pour objectif de répondre à ces deux problèmes. Leur grande force est d'avoir été le fruit d'une réflexion pluraliste. Nos propositions ne sont ni de gauche ni de droite. Elles sont dans l'intérêt de tous les Français. Elles permettront de renforcer notre capacité de croissance, d'assurer notre cohésion sociale et d'améliorer la qualité du service public. Notre rapport, adopté à l'unanimité des membres de la commission, cherche à dire la vérité sur les erreurs commises collectivement. Depuis vingt-cinq ans, nous avons sans cesse financé une partie de nos dépenses publiques par endettement. On ne peut plus continuer dans cette voie. Cela fragiliserait l'ensemble de notre économie et placerait nos régimes sociaux, auxquels nous sommes tous attachés, dans une situation très difficile. C'est pourquoi nous proposons que la remise en ordre de nos finances publiques soit désormais une priorité, et que notre pays atteigne cet objectif rapidement : dans cinq ans au maximum.
 
 
Dette publique, investissement public et dépenses de fonctionnement
 
 
Xavier Timbeau, sans nier le problème, montre qu’on ne peut mesurer rigoureusement la dette publique sans évaluer ses contreparties. Toute dette permet l’accumulation de capital, physique et humain, favorable à la croissance. La dette par habitant est un indicateur assez « pertinent » dans la mesure ou il est plus facile pour chacun de nous de percevoir l’ampleur de la dette publique sous cet angle (20 000 euros de dette par habitant environ), quand le montant global de cette dette oscille entre 1,2 et 2 milliards d’euros. Mais il remarque qu’on peut faire peur aux français en agitant de tels chiffres (ceux de la dette publique) dans les medias, mais il se demande pourquoi on ne présente pas en parallèle les chiffres concernant l’actif de l’Etat.
 
 
 
 
 
Pour Xavier Timbeau, il conviendrait de donner un grand frère à la dette publique par habitant car en comparaison de l’actif moyen par habitant (environ 200 000 euros), la dette publique par habitant est 10 fois plus faible. Autrement dit, si chaque nouveau né se trouve immédiatement endetté à hauteur de 20 000 euros, il se trouve simultanément « propriétaire » de 200 000 euros d’actif.
 
Enfin, selon Xavier Timbeau la France dispose d’un formidable capacité à emprunter à des taux d’intérêt très bas pour investir vers l’avenir, ce qui représente une opportunité, et il ajoute d’autre part, qu’une bonne moitié des dépenses de fonctionnement en direction des fonctionnaires de l’éducation nationale (versement des salaires aux fonctionnaires) pourrait être comptabilisée en investissement tant ce qui se passe à l’école relève de l’investissement collectif et de la préparation de l’avenir des générations présentes et futures.
 
 
Compter sur la bonne volonté des dirigeants ne suffit pas
 
 
Jean Pisani-Ferry, conscient de l’ampleur de la dette, insiste sur la nécessité d’inventer des mécanismes institutionnels (code de responsabilité budgétaire) permettant une meilleure gestion des finances publiques. On ne peut s’en remettre à la bonne volonté de nos dirigeants politiques.
 
 
 
 
« Le débat sur la dette publique est indispensable et le rapport de Michel Pébereau sur l'endettement public pose la question avec une précision clinique. Le rapport expose l'état alarmant de nos finances publiques. Il démontre que la progression continue de la dette des administrations est, à terme, insoutenable et explicite les efforts nécessaires pour en recouvrer la maîtrise. Il établit que l'addiction à l'endettement n'est pas due à la volonté de soutenir la conjoncture mais à l'habitude de tenir la taxation des générations futures pour une ressource additionnelle. Il détaille comment l'enchevêtrement des responsabilités territoriales nourrit la propension à la dépense. La pertinence de ces constats est irréfutable. »
 
« Ses recommandations restent cependant empreintes d'un étonnant classicisme. Le remède proposé — bannir, pendant cinq ans, hausse des dépenses et baisse des prélèvements — est certes d'une rigueur sans précédent mais la méthode laisse perplexe. Si l'observation de nos pratiques de gestion publique livre en effet une leçon, c'est que l'exhortation à la raison ne suffit pas. Les mauvaises habitudes ne se guérissent pas avec de bonnes résolutions. »
 
« Retrouver la maîtrise des finances publiques exige donc davantage qu'un effort prolongé. Il y faut des comptes, de nouveaux principes et des nouvelles institutions. »
 
« Les comptes et les indicateurs ne sont pas neutres, ils orientent l'action. En focalisant l'attention sur le déficit, on fait passer au second plan la dette, dont on facilite ainsi une dérive subreptice. En retenant une norme de dette brute, on incite les Etats à la réduire en vendant des actifs — ce sont les fameuses privatisations —, quitte à s'appauvrir. En ignorant les engagements implicites au titre des retraites, on n'incite pas à conduire les réformes, souvent coûteuses dans un premier temps, qui assureront leur financement. L'observation des évolutions européennes montre que ces effets sont avérés. »
 
 
 
 
 
 
 
« Il importe donc que les décisions se prennent sur la base d'une comptabilité étendue. Il est urgent de fixer des normes pour des comptes de patrimoine des administrations publiques incluant aussi bien de tels engagements qu'une mesure de l'actif net des administrations publiques. »
 
« Le Royaume-Uni s'est doté d'un "code de responsabilité budgétaire" qui fixe l'objectif d'une stabilité du ratio de dette sur l'ensemble du cycle économique, et exclut que le déficit finance autre chose que des investissements. Les Britanniques, qui ne sont pas partie prenante au pacte de stabilité, se sont ainsi donné un pacte national qui concilie discipline de moyen terme et gestion active de la conjoncture économique. Un tel cadre n'interdit pas des décisions discrétionnaires mais oblige à les justifier au regard des objectifs que la puissance publique s'est donnée. Il favorise doublement la croissance : parce qu'il évite une dérive des finances publiques et parce qu'il permet de soutenir la conjoncture en période basse. »
 
« En France, le ministère des finances choisit les prévisions économiques sur lesquelles le budget est établi, chiffre le coût des mesures nouvelles ou des baisses d'impôt et dresse les comptes. Ce cumul de fonctions place régulièrement le ministre en conflit d'intérêts avec lui-même. Ailleurs, il y a été mis fin : en Belgique, le ministre n'a pas le choix des prévisions économiques ; aux Etats-Unis, le Congrès a pris le leadership sur l'évaluation des recettes et des dépenses. Il faut avancer dans cette direction, d'une part, en retirant au ministre la responsabilité directe des prévisions, d'autre part, et surtout, en confiant à un organisme indépendant l'évaluation budgétaire ex ante, le suivi de la situation des finances publiques — y compris pour les engagements hors bilan — et l'évaluation ex post. Si la responsabilité des institutions politiques est et doit rester la décision, leur conserver celles de la prévision et de l'évaluation les soumet en permanence à des tentations inutiles. Instaurer une claire séparation entre ces fonctions contribuerait à rendre au ministre des finances français une crédibilité européenne largement entamée. Il y perdrait peut-être un peu de pouvoir, mais gagnerait, certainement, de l'autorité. »
 
 
A consulter :
 
Michel PEBEREAU
 
Président de BNP-Paribas
Président de la commission qui a rédigé le rapport
« Rompre avec la facilité de la dette publique »
 
C'est possible ! Voici comment...
de Michel Pébereau, Bernard Spitz, Collectif, janvier 2007
 
La France face à sa dette préface de Michel Pébereau,
De Thierry Breton (Postface) , novembre 2006
 
Rompre avec la facilité de la dette publique :
Pour des finances publiques au service de notre croissance économique et de notre cohésion sociale de Michel Pébereau, janvier 2006
  
Jean PISANI-FERRY
Directeur de BRUEGEL
(Brussels European and Global Economic Laboratory)
 
L’Europe déclassée ? , avec Olivier Blanchard et Charles Wyplosz, Flammarion 2005.
 
Politique économique, avec Agnès Bénassy-Quéré, Benoît Coeuré et Pierre Jacquet, De Boeck, 2004
 
An Agenda for a Growing Europe (Sapir report), with Philippe Aghion, Giuseppe Bertola, Martin Hellwig, Dariusz Rosati, André Sapir, José Viñals, Helen Wallace, Oxford University Press, 2004.
 
L’Europe de nos volontés, avec Pascal Lamy, Plon-Fondation Jean-Jaurès, 2002, English version The Europe We Want, Policy Network, Londres, 2002.
 
La bonne aventure : le plein emploi, le marché, La Découverte, 2001
(Prix du livre d’économie 2001).
 
 
Xavier TIMBEAU
Directeur au Département Analyse et Prévision de l’OFCE
 
 « L’état de l’économie française, analyse historique et prospective», avec Eric HEYER,
dans L'économie Française 2004-2005
« A la recherche du plein emploi », dans L'économie Française 2004-2005
« L’économie française depuis un demi-siècle», avec Eric HEYER, L'économie Française 2004-2005
 « La position de la France en Europe », avec Mathieu Plane in l’Economie française, 2002.
 
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